Dans un communiqué commun, les principaux instituts économiques allemands révisent nettement à la baisse leurs prévisions de croissance à 0,6% en 2026 et 0,9% en 2027. Le rebond tant attendu s'éloigne pour
Berlin.La guerre au Moyen-Orient risque d'être un coup de massue pour l'Allemagne. Après six années d'une douloureuse stagnation,
Berlin espérait un rebond de sa croissance économique en 2026. Le choc énergétique causé par le conflit menace de ruiner ces espoirs. Les principaux instituts économiques du pays viennent de raboter de moitié leurs prévisions de croissance pour cette année et d'un tiers pour 2027, ce mercredi 1er avril."Le choc des prix de l'énergie dans le sillage de la guerre en
Iran frappe durement la reprise", déclare
Timo Wollmershäuser, de l'institut munichois ifo, dans ce communiqué.Selon ces cinq instituts, le Produit Intérieur Brut (PIB) allemand va croître de 0,6% en 2026 et de 0,9% en 2027. À l'automne, ils anticipaient plutôt une croissance d'1,3% et d'1,4% pour ces deux années. Les prévisions avaient déjà été revues à la baisse en début d'année. Le gouvernement de
Friedrich Merz tablait sur un taux de 1%.
Berlin dépend du "bazooka budgétaire"Le choc actuel, entraîné par la fermeture du détroit d'Ormuz et les attaques visant des infrastructures énergétiques clés dans la région, est responsable pour moitié de la baisse de la croissance en Allemagne, selon le rapport. Dans le même temps, les instituts constatent une "dynamique industrielle plus faible" dans la première économie européenne, la création de valeur dans l'industrie, les exportations de marchandises et les investissements des entreprises étant "nettement plus bas" qu'anticipé à l'automne.
Amandine Gérard : "Entre le choc des prix de l’énergie et les élections régionales, le redressement de l’Allemagne est en question"9:44Le moteur historique du pays traverse une crise grave et profonde. Les plans sociaux et les destructions d'emplois dans ce secteur (250.000 depuis 2019) se sont multipliés ces derniers mois. Le modèle industriel allemand a été largement fragilisé par la hausse des prix de l’énergie, accentuée par le conflit au Moyen-Orient, et par la concurrence des industriels chinois, plus compétitifs pour des produits de qualité égale voire supérieure."La politique budgétaire expansionniste soutient la demande intérieure et empêche un recul plus marqué", ajoute toutefois
Timo Wollmershäuser, de l'institut munichois ifo.Pour essayer de sortir de l'ornière, le gouvernement de
Friedrich Merz a en effet fini par assouplir le sacro-saint frein à la dette pour essayer de relancer l'économie via une hausse massive des dépenses militaires et des investissements dans les infrastructures. Les instituts économiques s'attendent à des effets positifs plus importants qu'attendu, mais surtout en 2027.La Banque de
France plus optimisteDe son côté, la
France apparaît aujourd’hui moins exposée que l’Allemagne au choc énergétique, ce qui explique une révision de croissance plus modérée malgré un contexte dégradé. L'Hexagone devrait éviter la récession, même si la croissance sera moindre qu'espéré. Dans le scénario central de la Banque de
France, qui suppose une résolution rapide des perturbations dans le détroit d'Ormuz, elle progresserait encore autour de 0,9% en 2026 (contre 1% anticipé en décembre), notamment grâce à un bon départ en début d'année.Cela ne signifie pas pour autant que l’économie française est épargnée. La production manufacturière française est ainsi repartie à la baisse en mars sous l'effet de la guerre au Moyen-Orient, qui a entraîné une intensification des pressions sur les prix et sur les chaînes d'approvisionnement. La hausse des prix du pétrole et du gaz pèse aussi sur l’inflation (jusqu’à 2,5% voire 3,3% dans les scénarios défavorables) et freine la consommation ainsi que l’investissement. Le pouvoir d’achat, notamment, pourrait stagner, ce qui limite la dynamique de croissance.Dans des hypothèses plus défavorables, si les perturbations des flux d'hydrocarbures sont durables, la croissance serait plus nettement affectée. Dans le plus mauvais scenario de la Banque de
France, elle tomberait à 0,3% cette année.Guerre au Moyen-Orient: le Royaume-Uni convie "35 nations" à une réunion sur la sécurisation du détroit d'OrmuzDIRECT. Guerre au Moyen-Orient: l'ONU dénonce le durcissement de la répression d'État dans la régionL’IA est un "changement révolutionnaire pour l’armée": quel est son rôle et comment le Pentagone l’utilise-t-il dans la planification de ses opérations en
Iran?