Pierre Moscovici, ancien président de la
Cour des comptes et actuel membre de la
Cour des comptes européenne, était l'invité de "Tout est politique", diffusé sur
Franceinfo, mercredi 1er avril. Dans la nuit du 1er au 2 avril, le président américain
Donald Trump va tenir une allocution solennelle pour la première fois depuis le début de la guerre en
Iran. L'hypothèse d'une annonce de la fin de la guerre est espérée par certains. Pour évoquer, entre autres, cette thématique,
Pierre Moscovici, ancien président de la
Cour des comptes, ancien ministre de l'Économie et actuel membre de la
Cour des comptes européenne, était l'invité de "Tout est politique", diffusé sur
Franceinfo, mercredi 1er avril. Il a répondu aux questions de
Sonia Chironi et
Nathalie Saint-Cricq. Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Sonia Chironi :
Donald Trump va tenir cette nuit à trois heures du matin, heure française, une allocution solennelle pour la première fois depuis le début de la guerre en
Iran. Il pourrait annoncer la fin de la guerre. Est-ce que c'est souhaitable, selon vous ?
Pierre Moscovici : Franchement, avec
Donald Trump, les choses sont totalement imprévisibles. Il peut annoncer ceci, il peut annoncer cela, il peut annoncer une chose, il peut annoncer son contraire. Un jour, il veut libérer le détroit d'Ormuz, un autre jour, il veut le laisser à l'
Iran. Attendons ce qu'il va dire. Mais ce qui est clair, c'est que s'il s'exprime maintenant, c'est que nous sommes dans une forme d'impasse. Avoir pensé qu'on pouvait abattre un régime comme le régime iranien uniquement par des frappes aériennes ou en décapitant telle ou telle personnalité, être confronté au risque d'une intervention terrestre, je ne dis pas que c'est naïf, mais c'est extrêmement risqué. Et le résultat ce sont plutôt des risques majeurs pour l'économie mondiale. Ils sont déjà en train de se réaliser indépendamment de la sécurité.
Nathalie Saint-Cricq : Indépendamment de l'économie mondiale, quand on voit la qualité des informations et des renseignements qu'avaient à la fois les services israéliens et les services américains, et quand on nous a évoqué l'argument du massacre de la population, est-ce que ça ne se tentait pas ?Vous savez, la guerre, c'est un art assez compliqué quand même. Ce n'est pas que ça ne se tentait pas. Je ne suis pas en train de dire que le régime iranien est un régime sympathique. Avoir tué 33 000 personnes alors qu'elles manifestaient pour la liberté, pour la démocratie, c'est une horreur. Le danger nucléaire de l'
Iran, encore qu'on ne sait pas s'il était immédiat, mais il faut le juguler et ça, on le sait depuis des décennies.Le résultat, c'est que cette guerre n'est pas une guerre gagnable tout de suite. S'il annonce la fin cette nuit, comme certains le disent, c'est que par définition on n'a pas pu arrêter. Et enfin, il y avait la question quand même des buts politiques. Ce que vous dites serait plus recevable si le but avait été de rétablir la démocratie en
Iran. Et je n'ai pas l'impression que c'était le cas ni pour
Israël, ni pour les États-Unis.
Sonia Chironi : Mais quand il dit,
Donald Trump, "nous partirons bientôt et si la France ou un autre pays veut avoir son pétrole et son gaz, ils iront tout droit dans le détroit d'Ormuz, ils se débrouilleront tout seuls". Quelles conséquences ça peut avoir pour nous, Français, Européens, si
Donald Trump annonce cette nuit, de manière unilatérale, qu'il met un terme à cette guerre et qu'on se débrouille avec Ormuz ?Il faudrait aussi qu'il annonce qu'il laisse le détroit d'Ormuz aux Iraniens. Ce n'est pas la France qui va aller le reprendre. On ne va pas, nous, se livrer à la guerre après que celle-ci, n'a pas atteint ses buts, s'il y en avait. On ne les connaît toujours pas aujourd'hui. Ce qu'il faut constater, c'est bien, encore une fois, le choc économique que ça représente. Le détroit d'Orrmuz, c'est 20 à 25% du passage de ressources en termes d'hydrocarbures dans le monde. Et le résultat, on le voit, c'est un pétrole qui augmente. Et on est confronté au fond maintenant à trois scénarios. Il y a un scénario où le pétrole descend vite, entre 60 et 90 dollars, un autre où il reste haut, entre 110 et 130, et un autre où il explose, entre 130 et 160. Alors c'est peut-être celui-là qu'on va éviter, parce que justement, il faut que cette guerre cesse. Avec un pétrole à 100 dollars le baril, qu'est-ce que ça nous donne ? Ça nous donne probablement 0,5 point de croissance en moins dans l'Union européenne, ce qui est quand même très sérieux. Ça donne 0,2 point de moins de pouvoir d'achat, ce qui est conséquent. Et ça veut dire aussi des finances publiques qui sont dans un très grand dommage.Aujourd'hui, le prix du baril a baissé, visiblement les marchés semblent rassurés par l'annonce possible de
Donald Trump cette nuit.On a l'impression que
Donald Trump est une sorte de trader qui joue avec les marchés jour après jour. Je pense qu'on ne peut pas sous-estimer le choc, ne serait-ce que parce que justement les missiles iraniens ont endommagé un certain nombre d'équipements dans les pays du Golfe, producteurs de pétrole, et qu'il va falloir les réparer. Forcément, pendant un moment, la production sera moindre. Et qui dit production moindre, dit tout de même une hausse du prix du baril tendanciel. Je ne peux pas conclure sur ce que
Donald Trump va dire cette nuit. Il est très imprévisible. Je ne peux pas non plus conclure exactement sur les scénarios économiques, mais disons que les conséquences de cette guerre ne sont pas mineures et qu'elle n'a pas atteint ses buts. Incendie spectaculaire : le casino d'Evian ravagé par les flammes Quel rôle joue aujourd'hui l'armée régulière libanaise ? Près de 1200 stations à sec : pas de carburant pour Pâques ? Peine de mort en
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