Après dix ans à la tête de l'industriel,
Henri Poupart-Lafarge laisse à son successeur un groupe devenu le numéro deux mondial du ferroviaire, doté d'un carnet de commandes plein pour dix ans.Ce mercredi 1er avril, une page s'est tournée chez
Alstom.
Martin Sion a pris ses fonction de nouveau Directeur général du groupe français. Il succède à
Henri Poupart-Lafarge qui, après dix années à la tête de l’entreprise, a choisi de ne pas solliciter un nouveau mandat."Nous nous réjouissons de l’entrée en fonctions de
Martin Sion en tant que Directeur Général. Il bénéficie d’une vaste expérience industrielle, acquise notamment à la tête d’
ArianeGroup. Nous sommes convaincus qu’il renforcera encore les capacités d’exécution d’
Alstom et accompagnera le Groupe dans la réalisation de ses ambitions. Je tiens également à remercier
Henri Poupart-Lafarge pour sa vision de long terme et pour avoir fait d’
Alstom le leader qu’il est aujourd’hui", commente
Philippe Petitcolin, Président du Conseil d’administration."Je suis très honoré de rejoindre
Alstom et impatient de travailler aux côtés de ses équipes talentueuses pour accélérer la décarbonation des transports et développer des solutions de mobilité innovantes à l’échelle mondiale. Je remercie Henri pour son leadership et pour les bases solides qu’il a posées, notamment en constituant une équipe de direction performante qui permettra à
Alstom de poursuivre sa trajectoire de succès", commente
Martin Sion.Réussites et défisAprès dix ans à la tête de l'industriel (et un quart de siècle au sein du groupe),
Henri Poupart-Lafarge laisse à son successeur un groupe devenu le numéro deux mondial du ferroviaire, doté d'un carnet de commandes plein pour dix ans. Sous sa direction, le chiffre d’affaires d’
Alstom est passé d’environ 6 milliards d’euros à 18,5 milliards d’euros, "avec l’une des rentabilités les plus élevées du secteur", souligne le groupe.En dix ans environ, ce qui restait d'
Alstom en
France, une toute petite division ferroviaire, est devenu un leader mondial avec 35% de part de marché derrière le géant chinois
CRRC et au coude-à-coude avec l'allemand
Siemens, enchaînant les contrats à 10 chiffres dans les métros, les trams, les trains régionaux mais surtout les trains à grande vitesse. Il en fabrique un sur cinq dans le monde et les vend en
Europe, aux Etats-Unis, en Afrique...C'est le résultat d'une stratégie audacieuse voire au départ suicidaire quand en 2021, en plein Covid,
Henri Poupart-Lafarge annonce qu'
Alstom va racheter le canadien Bombardier. Après une digestion très difficile, le groupe déroule sa stratégie à travers deux axes forts: la production locale grâce à une présence internationale pour être au plus près du client ce qui le différencie de ses concurrents avec 250 sites dans 63 pays, et l'accent sur les services digitaux, la signalisation et la maintenance."Nous sommes aujourd'hui un groupe très solide et résilient, très fort sur l’ensemble des marchés", résumait pour BFM Business
Henri Poupart-Lafarge. Pour autant, les défis sont encore nombreux notamment dans l'exécution des contrats, le groupe a du mal à délivrer, accumule les retards et les pénalités auprès de grands clients comme la SNCF avec le TGV M (deux ans de retard).
Alstom assume mais évoque une évolution de la demande et des volumes sans précédent.Le groupe a annoncé il y a un an un investissement de 150 millions d'euros afin de faire passer d'une à trois ses lignes de production du train à grande vitesse. La montée en puissance des capacités de production et la réduction des délais de livraison de trains neufs seront donc certainement le premier défi à relever pour
Martin Sion. Tant pour convaincre les clients que les marchés.