Dans une salle de classe maternelle, à
Toulouse (
Haute-Garonne), le 1er septembre 2025. (ADRIEN NOWAK / AFP) Le ministre de l'
Education nationale a nommé
Cristelle Gillard déléguée à la protection des enfants à l'école, y compris sur le temps périscolaire. Un nouveau poste accueilli tièdement par les collectifs et associations de parents, qui attendent des mesures plus fortes. Une défenseure des droits pour répondre à la crise du périscolaire. Le ministre de l'
Education nationale,
Edouard Geffray, a nommé
Cristelle Gillard en tant que déléguée à la protection des enfants à l'école, selon un communiqué publié mercredi 1er avril. Son rôle ? Intervenir "en recours", sur le temps scolaire mais aussi celui de la cantine et de la garderie, lorsque des familles ou des personnels de l'école estiment "qu'un signalement de violence ou de maltraitance n'a pas été pris en charge de manière satisfaisante par les autorités locales compétentes".Alors que les révélations de violences physiques et d'agressions sexuelles se multiplient ces dernières semaines, dans le périscolaire parisien comme ailleurs, le ministre
Edouard Geffray a assumé sur
RTL vouloir reprendre la main. "Le niveau de contrôle a été manifestement insuffisant pour certains animateurs", a-t-il reconnu, annonçant également la mise en place d'une "liste noire" pour que les agents du périscolaire aux comportements inacceptables – mais n'ayant pas eu de sanction pénale – ne puissent plus retravailler au sein de l'
Education nationale.Aujourd'hui, les contrôles sont surtout effectués par les communes, tout comme le recrutement et la gestion des animateurs. Le département peut également intervenir en cas d'"information préoccupante", tout comme la justice si un signalement est adressé au procureur de la République. L'Etat, lui, fixe certaines règles générales, comme le taux d'encadrement minimum.
Elisabeth Guthmann, cofondatrice du collectif
SOS Périscolaire, demande depuis des années une réflexion "nationale" sur le temps périscolaire, principalement sur le sujet de la prévention et des contrôles. Cette lanceuse d'alerte déplore l'existence d'interférences dans des villages "où tout le monde se connaît". Et explique que, de manière générale, par manque de moyens ou de volonté politique de certains maires, la protection des enfants reste inégalement assurée. Un constat appuyé par
Barka, membre du collectif #MeTooEcole."Un enfant à
Paris, à
Roubaix ou en zone rurale doit bénéficier des mêmes garanties de sécurité, des mêmes protocoles, des mêmes contrôles. L'égalité de protection ne peut pas être laissée à la discrétion des collectivités locales."
Barka, membre du collectif #MeTooEcoleà franceinfo"Aujourd'hui, la sécurité d'un enfant dépend encore trop souvent de la commune où il vit. Ce n'est pas acceptable", ajoute
Barka. Selon elle, #MeTooEcole ne défend pas un "modèle de gestion en particulier", mais "un cadre national contraignant pour la protection des enfants".La nomination de
Cristelle Gillard est "un signal positif", souligne
Barka."Mais soyons lucides : nous n'avons pas besoin d'un dispositif de plus, nous avons besoin d'une politique nationale de protection de l'enfance, portée au plus haut niveau, avec un protocole commun appliqué partout."
Barka, membre du collectif #MeTooEcoleà franceinfoCamille, également membre de #MeTooEcole, redoute de son côté un énième "effet d'annonce". "Arrêtons de diluer les responsabilités avec des postes qui n'ont ni corps, ni constance", martèle cette mère de famille, qui demande avant tout "des moyens".Pour
Elisabeth Guthmann, la présence d'un "garde-fou" national au sein du ministère de l'Education reste "une belle avancée" face à des violences et maltraitances "systémiques". "On jugera sur pièce, mais on ne va pas fermer la porte à cette initiative", réagit Grégoire Ensel, président de la FCPE. Le responsable de la fédération de parents d'élèves se dit favorable à ce que l'Etat s'implique davantage sur le périscolaire, mais il ne souhaite pas pour autant voir les collectivités être dépossédées de leur compétence. "On reste attachés au fait que la gestion reste locale, car c'est quand même la réponse la plus adaptée aux besoins des enfants."Certains parents réclament également une nouvelle loi sur le périscolaire. C'est le cas de Maude*, qui a porté plainte pour viol et agression sexuelle sur sa fille contre deux animateurs après les révélations de "Cash Investigation" fin janvier sur l'école Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement de
Paris. Elle fait partie des 242 parents qui ont récemment adressé un courrier à Emmanuel Macron, l'exhortant notamment à engager "une réforme" sur le périscolaire. Le poste de défenseure des droits de l'enfant au sein de l'
Education nationale ? "Du pipeau, du droit mou", juge Maude."Le seul moyen de prévenir les actes ou de condamner les auteurs de violences, c'est de mettre des caméras dans les lieux qui accueillent des mineurs. Et cela doit passer par une loi nationale."Maude*, mère d'une ancienne élève à l'école Saint-Dominique à
Parisà franceinfoFin février, une proposition de loi contre les violences en milieu scolaire, née du scandale Notre-Dame de Bétharram et portée par Paul Vannier (LFI) et Violette Spillebout (Renaissance), a été rejetée par la conférence des présidents de l'Assemblée nationale. Le texte n'a donc pas été inscrit à l'ordre du jour, regrette amèrement Grégoire Ensel."Il faut cesser les guéguerres politiques sur un sujet aussi grave. Il est urgent de remettre ce projet de loi à l'agenda parlementaire."Grégoire Ensel, président de la FCPEà franceinfoSelon ce représentant des parents d'élèves, la problématique du périscolaire aurait pu y être débattue et travaillée via des amendements.Mercredi, au palais du Luxembourg, la sénatrice Agnès Evren (LR) a par ailleurs interpellé le gouvernement sur la possibilité pour l'Etat de se porter partie civile dans les affaires d'agressions sexuelles sur mineurs durant le périscolaire. Elle a particulièrement dénoncé "l'omerta" parisienne, selon des propos rapportés par Public Sénat. "J'ai demandé qu'on expertise la question de la partie civile pour pouvoir venir en appui. Ça suppose d'être soi-même victime. Et donc, on n'est pas sûr actuellement qu'on puisse nous-mêmes, en tant qu'Etat, se porter partie civile lorsque des enfants sont victimes dans le périscolaire", a répondu
Edouard Geffray. Il a par ailleurs assuré que près de deux millions de contrôles d'honorabilité étaient effectués chaque année sous le contrôle de Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative.Au Sénat, le ministre de l'
Education nationale a aussi plaidé pour cesser l'hypocrisie entre le temps périscolaire – qui dépend des collectivités, donc – et le temps scolaire – une compétence nationale – dénonçant un jeu du "chat perché". "Un problème s'est produit à 12h01 ? 'Ah c'est le périscolaire'. Il s'est passé à 11h59 ? 'Non c'est le scolaire'", a illustré
Edouard Geffray, suggérant que ces situations étaient récurrentes. A ce sujet, Maude souhaiterait par exemple voir émerger dans les écoles un "conseil" rassemblant enseignants, animateurs et familles.Au-delà des crimes commis sur des mineurs, le périscolaire pâtit d'un manque d'"ambition" de la part de l'Etat, regrette la FCPE. "Ils ont été conçus pour être des temps d'éducation, que l'on a petit à petit vidés de leur substance", souligne Grégoire Ensel, rappelant que les animateurs sont peu formés et mal payés. C'est aussi le point de vue de Julien Fonte, cosecrétaire général de la FSU-territoriale, syndicat qui représente notamment les animateurs."On paye une vision politique selon laquelle les enfants, il faut avant tout s'en occuper pour que les parents aillent bosser."Julien Fonte, cosecrétaire général de FSU-territorialeà franceinfoSelon lui, l'Etat doit mieux "reconnaître la professionnalité de l'animation", rehausser les taux d'encadrement et réfléchir à une "continuité éducative". En 2021, un rapport publié par l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (IGESR) relevait que le "pilotage multiple" entre périscolaire et scolaire nuisait "à la définition et la mise en œuvre de stratégies communes organisées autour des besoins éducatifs de l'enfant". Pourquoi le diesel va continuer à coûter (très) cher en France Champions Cup : quelles chances pour les clubs de rugby français ? Apologie du terrorisme : l'eurodéputée Rima Hassan en garde à vue Collèges et lycées : pourquoi un classement ne suffit pas Autoroutes : bientôt un remboursement des péages ? Crise du pétrole : un surplus de recette pour l'État Rima Hassan placée en garde à vue pour apologie du terrorisme On a visité une salle adaptée au public autiste lors d'un match au Stade de France Qui est Balendra Shah, ce rappeur devenu Premier ministre du Népal ? "C'est beaucoup plus long, plus dur", Guirec Soudée, le skipper qui a battu le record du monde à l'envers Plus d'une centaine d'élèves internes évacués après un incendie à Lyon Vacances : l’essence chère pousse les Français à partir moins loin Couple de retraités tué dans son pavillon : leur petite-fille en garde à vue Le coup de pression de ce maire RN sur des lycéens Journaliste enlevée en Irak : qui sont les ravisseurs ? Molly, une chienne disparue depuis 7 jours, secourue en Nouvelle-Zélande Présidentielle 2027 : "Les Français ne sont pas bêtes, ils regardent un projet", lance Yaël Braun-Pivet Donald Trump se moque du couple Macron lors d'un déjeuner privé Artémis II : l'effervescence des passionnés réunis à Cap Canaveral Meurtres au Portugal : le scénario du drame se précise Donald Trump sur l'Iran : "Nous allons les ramener à l'âge de pierre" Pourquoi la France a-t-elle rapatrié 129 tonnes d'or des États-Unis ?