La justice administrative, saisie en urgence, a autorisé ce vendredi la tenue d'un congrès musulman près de
Paris, estimant que les troubles invoqués par les autorités pour l'interdire n'étaient « pas établis ». Hier, la préfecture de police de
Paris avait interdit par arrêté la Rencontre annuelle des musulmans de
France (RAMF), qui se tient en principe chaque année depuis quarante ans avec une interruption depuis 2019. Une interdiction motivée par le risque terroriste. Publié le : 03/04/2026 - 10:57Modifié le : 03/04/2026 - 13:32 3 min Temps de lecture Archive de mars 2018: la 35e Rencontre annuelle des musulmans de
France, au
Bourget. REUTERS/Gonzalo Fuentes Le juge des référés a estimé que « les troubles à l'ordre public invoqués » par le préfet de police pour interdire le Rassemblement annuel des musulmans de
France, prévu de vendredi à lundi au parc des expositions du
Bourget (
Seine-Saint-Denis), « n'étaient pas établis par les éléments versés au dossier », selon le communiqué du
Paris" class="entity-link entity-organization" data-entity-id="92641" data-entity-type="organization">tribunal administratif de
Paris.Dans son arrêté d'interdiction, suspendu par la justice, le préfet de police pointait que cet événement « intervient dans un contexte international et national particulièrement tendu » et qu'il est « exposé à un important risque terroriste à l'égard de la communauté musulmane ». Il avait estimé que l'attentat déjoué contre la
Bank of America à
Paris le week-end dernier « souligne l'acuité de la menace endogène susceptible de se matérialiser » en
France.Le préfet avait également pointé la « polarisation » des débats lors des élections municipales. « compte tenu de la qualité des organisateurs (Musulmans de
France, ex-UOIF, NDLR) et de certains conférenciers, il existe un risque que des groupuscules d'
ultra-droite se mobilisent en vue de perturber le déroulement de cet événement, d'autant qu'il ne s'est pas tenu depuis 2019 », pouvait-on également lire dans l'arrêté d'interdiction.Le
Paris" class="entity-link entity-organization" data-entity-id="92641" data-entity-type="organization">tribunal administratif de
Paris estime toutefois que les éléments présentés par le préfet n'étayaient pas un éventuel risque « de contre-rassemblements, ni que le rassemblement organisé serait spécifiquement ciblé par des organisations appartenant à la mouvance
ultra-droite ».Le juge relève aussi l'absence d'incidents démontrés lors de précédentes éditions, « qui s'étaient également tenues au parc des expositions du
Bourget dans des contextes tendus notamment après les
Paris-en-2015" class="entity-link entity-event" data-entity-id="92642" data-entity-type="event">attentats de
Paris en 2015 ». « Il a par ailleurs considéré qu'il n'était pas suffisamment établi que le contexte politique et social prévalant en région parisienne pendant la durée du rassemblement nécessiterait une mobilisation exceptionnelle de moyens de police », selon le communiqué du tribunal.La Rencontre des musulmans de
France est un salon rassemblant pendant quatre jours conférences, expositions et stands commerciaux destinés à la communauté musulmane. Organisée par l'association Musulmans de
France (MF), fédération d'associations musulmanes ayant succédé en 2017 à l'Union des organisations islamiques de
France (UOIF), elle est présentée par ses promoteurs comme le plus grand rassemblement de musulmans d'Europe.Par ailleurs, un nouveau projet de loi sur le « séparatisme » et l' « entrisme islamiste », porté par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, doit être présenté au Conseil des ministres fin avril, a indiqué le ministère jeudi à l'AFP confirmant une information du quotidien Le Parisien. L'idée serait de compléter la loi de 2021 avec de nouvelles dispositions, comme la possibilité de dissoudre des structures, de geler des avoirs administratifs ou encore, de prendre des mesures d'interdiction de certaines publications, dès lors qu'elles appellent à la haine ou à la discrimination.