Le 3 avril 2026 à 13h34 Le 19 mars, les Iraniens avaient pour la première fois réussi à toucher un
F-35, qui était parvenu, selon les États-Unis, à atterrir en urgence sur une base américaine au Moyen-Orient. Passer la publicité Passer la publicité Les Iraniens peuvent-ils ajouter un second chasseur furtif
F-35 à leur tableau de chasse ? Ce vendredi, l’agence de presse iranienne Fars, dépendant du corps des gardiens de la Révolution, a annoncé que l’armée idéologique du régime était parvenue à abattre un deuxième appareil de ce type alors que l’avion survolait le centre de l’
Iran. Il serait «complètement détruit» et se serait «écrasé», précise le message publié sur Telegram. De son côté, l’agence de presse iranienne Mehr, citée par
Reuters, a indiqué qu’il était peu probable que le pilote ait pu s’éjecter en raison de la « violente explosion » provoquée par l’accident. Preuve à l’appui, selon les médias iraniens, une série d’images montrant les débris de ce qui est présenté comme l’épave de l’appareil américain. Sauf que ces petits bouts de métal ressemblent davantage à ceux d’un avion de chasse
F-15, qui figure également à l’inventaire de l’US Air Force. Cet avion de chasse est d’une génération antérieure au
F-35. «Les débris retrouvés sont concordants avec un appareil de ce type, tandis que le paysage ne colle pas avec l’hypothèse d’un "recyclage" d’images de débris des F-15E abattus par erreur au Koweït il y a quelques semaines», analyse ainsi sur X le chercheur associé de la Fondation pour la recherche stratégique, Étienne Marcuz. Passer la publicité À quelle altitude évoluait le chasseur ? «De par sa structure, il ressemble certainement à un
F-15, et d’après les marquages de la bande décorative sur la queue, il appartient à la 48e escadre de chasse, basée à la RAF Lakenheath au Royaume-Uni», a précisé à
CNN Peter Layton, chercheur au Griffith Asia Institute. À ce stade, donc, rien n’indique la perte d’un
F-35, mais plutôt celle d’un
F-15. «Si l’événement se confirme, il sera intéressant d’en connaître les circonstances», pointe Étienne Marcuz qui précise qu’il reste à déterminer si l’avion a été abattu ou a souffert d’un problème mécanique. «S’il a été abattu, l’appareil effectuait-il une passe de bombardement à basse altitude, comme on l’a trop vu ces derniers temps ? Ou évoluait-il à haute altitude ?», ajoute-t-il, avant de conclure : «Cette dernière hypothèse serait la plus inquiétante, puisque les bombardiers stratégiques B-52H viennent de recevoir l’autorisation par l’US CENTCOM d’effectuer des missions de bombardement en survolant le territoire iranien». En creux, se pose la question du contrôle du ciel iranien par les États-Unis, que Donald Trump décrit comme total : l’est-il, ou se limite-t-il à la haute altitude ? Les Iraniens disposent-ils encore de moyens anti-aériens, notamment des MANPADS, ces missiles tirés à l’épaule, capables d’opérer à basse altitude ? Un précédent La confusion est d’autant plus grande que, préalablement, ce jeudi, les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir abattu un autre « avion de chasse ennemi de pointe » - sans préciser s’il s’agissait d’un
F-35 - cette fois au-dessus du détroit d’Ormuz, entre les îles de Qashm et de Hengam. Aucune image n’a été publiée par les médias iraniens à l’appui de cette théorie. Dans un message de «vérification des faits» publié dans la foulée sur X après cette revendication, le CENTCOM américain (le centre de commandement responsable des opérations militaires au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Asie du Sud) a affirmé que «tous les avions de chasse américains étaient comptabilisés» et que «le corps des gardiens de la Révolution avait formulé la même fausse allégation au moins six fois». En revanche, concernant la perte possible d’un
F-15, le CENTOM n’a pas réagi à cette heure. Le 19 mars dernier, les Iraniens sont pour le coup parvenus à toucher un chasseur furtif
F-35 qui menait une opération de combat au-dessus de l’
Iran. Une vidéo montre bien l’appareil visé par un missile antiaérien. Si Téhéran affirme avoir abattu l’avion, les États-Unis reconnaissent qu’il a subi des dommages et que le pilote a été blessé, mais contestent sa destruction. Le
F-35 aurait dû effectuer un atterrissage d’urgence sur une base américaine au Moyen-Orient. Il s’agit du premier tir réussi contre cet avion de cinquième génération mis en service en 2015 dans l’armée de l’air américaine. Trois chasseurs F-15E Strike Eagle américains ont par ailleurs été abattus dès le 2 mars dernier, mais il s’agissait d’un «tir ami» occasionné par la défense aérienne koweïtienne, ont reconnu Washington et ses alliés. La semaine dernière, les Iraniens sont parvenus à détruire un rare et précieux avion de détection et de commandement AWACS E-3 Sentry lors d’une attaque de drone sur la base aérienne de Prince Sultan en Arabie saoudite. Guerre au Moyen-Orient : l’
Iran annonce avoir abattu un deuxième chasseur américain
F-35, mais les débris correspondent davantage à ceux d’un
F-15 S'ABONNER «Un mode d’action habituel de la République islamique» : à la faveur de la guerre, l’
Iran intensifie l’enrôlement d’enfants-soldats DÉCRYPTAGE - Les autorités iraniennes ont annoncé le lancement d’un plan officiel visant à recruter des enfants de «douze ans et plus» pour rejoindre les rangs des combattants volontaires. Un phénomène loin d’être nouveau en République islamique. À Séoul, Emmanuel Macron réplique vertement à Donald Trump REPORTAGE - Le président français a entamé jeudi sa visite en Corée du Sud, en quête de nouveaux points d’appui en Asie du Nord-Est Guerre au Moyen-Orient : quels pays restreignent l’accès de leur espace aérien aux avions militaires américains ? INFOGRAPHIE - Comme Paris, d’autres pays européens et membres de l’Otan refusent le survol de leur territoire par des avions engagés dans la guerre en
Iran. Des décisions qui suscitent l’ire de Donald Trump. Au Japon, Emmanuel Macron plaide pour une « coalition des indépendants » face à l’Amérique et la Chine DÉCRYPTAGE - Le président français cherche des points d’appui stratégiques à Tokyo et à Séoul, deux alliés des États-Unis également bousculés par Washington sous le regard de Pékin. Emmanuel Macron dans le collimateur de Donald Trump et de Benyamin Netanyahou ANALYSE - Accusée d’entraver l’offensive en
Iran en fermant ses bases aux bombardiers américains, la France est montrée du doigt par les États-Unis et Israël. Et avec elle l’Otan, que Donald Trump menace de quitter. Froissé par l’attitude des alliés en
Iran, Donald Trump menace de sortir de l’Otan DÉCRYPTAGE - La guerre au Moyen-Orient sert au président américain à justifier ses anciens griefs contre l’Alliance, ouvrant une nouvelle grave crise dans les relations transatlantiques. Interdictions de survol militaire : les Européens assument leur désaccord transatlantique DECRYPTAGE - En désaccord avec l’opération américaine et israélienne contre l’
Iran, plusieurs pays européens ont refusé à l’armée de l’air américaine d’utiliser certaines bases en Europe. Arié Bensemhoun : «L’Europe peut et doit agir dans la crise du détroit d’Ormuz» FIGAROVOX/TRIBUNE - La fermeture du détroit d’Ormuz, qui frappe de plein fouet la compétitivité des pays membres de l’UE, est une occasion inespérée pour que notre continent retrouve sa place sur l’échiquier du monde, à condition qu’il fasse preuve de volonté politique, estime le directeur général d’Elnet France. Guerre en
Iran : Trump dit que la guerre sera finie d’ici «deux ou trois semaines», Ormuz n’est plus son problème Le président américain doit s’adresser à la nation en fin de journée. Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou est en revanche resté sur une ligne dure: «La campagne n’est pas terminée (...) nous allons continuer d’écraser le régime terroriste». Guerre au Moyen-Orient : de l’Allemagne à l’Espagne, où l’inflation a-t-elle le plus accéléré en Europe ? INFOGRAPHIE - Si la hausse des prix reste contenue en France, elle accélère nettement chez certains de nos voisins européens.