Publié le 03 avril 2026INFOGRAPHIE - Les deux armées consomment massivement leurs stocks de munitions de haute technologie. Après un mois de conflit, certains seraient déjà presque épuisés. Un problème qui concerne également la France, en première ligne aux Émirats arabes unis. // Rendu des enfants dans le fournisseur de contexteNous sommes sur le destroyer USS Spruance, en mer d’Arabie, le 3 mars dernier.L’armée américaine envoie plusieurs missiles Tomahawk en direction de l’
Iran.Selon le Washington Post, qui cite des sources internes au ministère de la Guerre, 850 de ces projectiles ont déjà été tirés depuis le début du conflit.C’est plus que lors des deux premières guerres du Golfe : l’US Army en avait ainsi tiré 288 pour libérer le Koweït en 1991 et 803 lors de l’invasion de l’Irak en 2003. Cela représente plus de la moitié des lanceurs disponibles dans la région mais surtout la modique somme de trois milliards de dollars – 3,6 millions par tir.Si le stock des Tomahawk était compris entre 3000 et 3200 avant le 28 février, cette consommation massive épuise les stocks de munitions, américaines et israéliennes, de haute technologie, et engendre des risques pour Washington sur d’autres théâtres d'opérations. Le Pentagone ne recevra en effet que 190 missiles de ce type en 2026. Bien trop peu pour reconstituer rapidement son arsenal.Le problème se pose sur quantité d’autres armes, à l’instar des intercepteurs. Selon le
Payne Institute for Public Policy, qui a observé les seize premiers jours du conflit, Tsahal a lancé 122 de ses 150 missiles Arrow 2 ou 3, utilisés contre les projectiles balistiques iraniens, soit 81,3% de ses réserves. Le Wall Street Journal évoquait déjà ce samedi une limitation de leur utilisation par l’État hébreu.En à peine plus de deux semaines, l’armée israélienne a aussi consommé 22 missiles intercepteurs THAAD (Terminal High Altitude Area Defense), 45,8% du stock. Et 135 des 250 projectiles du système de défense «Fronde de David» (54%), moins onéreux.La question est similaire pour les pays du Golfe. Hors Arabie saoudite, qui dispose d’un stock plus important, les autres monarchies (Qatar, Émirats arabes unis, Koweït ou Bahreïn) ont utilisé 1285 missiles intercepteurs Patriot (PAC3) en seize jours alors qu'elles n'en disposent que de 4000. À ce rythme-là, les stocks seront épuisés à la fin du mois d'avril.Si elle n’est pas partie prenante au conflit, la France participe à la défense d’Abou Dhabi, avec qui elle a un accord de défense. Ainsi, les Rafale de la base aérienne Al-Dhafra (ci-dessous) ont tiré 87 missiles MICA sur les seize premiers jours de conflit pour abattre principalement des drones Shahed-136 iraniens. Avec un stock de 320, la question de l'approvisionnement s'est rapidement posée.Celle du coût également. Ces projectiles valent entre 700.000 et 800.000 euros face à de petits appareils de la République islamique dont la production nécessite moins de 50.000 dollars. Le premier ministre Sébastien Lecornu a déjà annoncé mercredi 25 mars de nouvelles commandes de munitions, dans le cadre de l'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM).Parcourez les derniers sujets Fig DataAu cœur de la machine de guerre russe : l’usine secrète des drones qui frappent l'UkraineIran : comprendre les manifestations contre le régime grâce aux cartesPourquoi Donald Trump veut-il s’emparer du Groenland ? La réponse grâce aux cartesGuerre en Ukraine : quelle est la situation sur le front après quatre ans de combats ?«Pour rien au monde je n’y retournerai» : Grenoble, Clermont-Ferrand, Villeurbanne... Ces villes où l’insécurité a le plus progressé depuis 2020«Ils sont installés chez moi» : comment les Russes confisquent en masse des logements en UkraineMilton, Hélène, Katrina... Comment les ouragans sont devenus ces monstres dévastateurs ?Dans les secrets des vitraux de Notre-DameFig Data : donner à voir et à comprendre