Un aviateur américain est toujours recherché en
Iran, après le crash de son chasseur
F-15 abattu par l'armée iranienne. Si les membres d'équipage reçoivent des formations pour survivre en terrain ennemi, une telle opération requiert une vigilance de tous les instants. Un aviateur de l'armée de l'air américaine pilote un chasseur-bombardier F-15E, pendant une mission d'entraînement au-dessus de la Caroline du Nord (Etats-Unis), le 17 décembre 2010. (STOCKTREK IMAGES / StockTrek Images via AFP) Une nouvelle course contre la montre pour Washington et
Téhéran. Alors que les bombardements font toujours rage au Moyen-Orient, les Etats-Unis et l'
Iran sont à la recherche d'un des deux membres d'équipage du chasseur-bombardier américain F-15E qui a été abattu par l'armée iranienne vendredi 3 avril. "Si vous capturez le ou les pilotes ennemis vivants et les remettez à la police et aux forces armées, vous recevrez une généreuse récompense", a déclaré une journaliste d'un média d'Etat iranien. S'il venait à être capturé, le membre d'équipage américain pourrait être utilisé comme monnaie d'échange, ou pire. Mais les soldats de l'armée de l'air américaine sont justement entraînés à survivre en territoire hostile. En quoi consiste cette formation ?La survie en territoire ennemi est "un aspect essentiel de l'entraînement des aviateurs", note le colonel à la retraite
Cedric Leighton, analyste militaire, auprès de la chaîne américaine
CNN. Cette préparation porte un nom : SERE – pour "Survival, Escape, Resistance and Evasion" ("Survie, évasion, résistance et exfiltration"). "L'objectif pour le pilote et l'officier chargé des systèmes d'armes est de trouver un moyen de fuir et d'éviter d'être capturés", ajoute l'ancien officier.D'abord, le pilote doit vérifier qu'il n'a pas été blessé par le tir, le siège éjectable ou lors de l'atterrissage. "Imaginez : vous venez d'atterrir sur le sol après avoir sauté en parachute, et vous vous dites: 'Mon Dieu, j'étais dans un chasseur il y a deux minutes, je volais à 800 km/h, et un missile vient d'exploser littéralement à 5 mètres de ma tête'", raconte à l'AFP
Houston Cantwell, général de brigade à la retraite qui a été entraîné pour se préparer à cette situation avant des missions de combat au-dessus de l'Irak et de l'Afghanistan. Lors de l'éjection, le pilote subit "une accélération pouvant atteindre 50 G", note auprès du Point Xavier Tytelman, ancien aviateur de la Marine nationale qui a aussi bénéficié d'entraînements et qui précise que le parachute ne permet pas au pilote de choisir sa direction."Il y a de nombreux récits de survivants du Vietnam qui ont eu de graves blessures, des fractures ouvertes, rien que du fait de l'éjection."
Houston Cantwell, général de brigade américain à la retraiteà l'AFPSi la personne est "en capacité de bouger", il faut alors qu'elle comprenne où elle se trouve, explique
Houston Cantwell, désormais expert au centre de réflexion Mitchell Institute for Aerospace Studies. Se repérer lors de la descente en parachute est très utile, souligne ce pilote à la retraite, par exemple pour éviter de se diriger vers une base militaire ennemie une fois arrivé au sol. A partir de là, "ce que vous cherchez à faire, c'est d'éviter d'être capturé par l'ennemi, le plus longtemps possible", et donc de vous cacher, jusqu'à un potentiel sauvetage.Un aviateur qui s'est éjecté possède uniquement "de l'eau, du matériel de survie, du matériel de communication, une radio" pour lui permettre d'être retrouvé, ainsi qu'une arme à feu, énumère
Houston Cantwell. L'eau, en particulier, est essentielle : "Vous pouvez survivre sans nourriture pendant un moment, mais vous avez besoin d'eau tous les jours." Pour être récupéré par ses alliés, il faut trouver un lieu accessible, comme un toit en ville ou une clairière en forêt. Mais pour éviter d'être repéré par des adversaires, l'ancien pilote rappelle une consigne : "Si je bouge, je vais essayer de le faire de nuit."
Houston Cantwell assure que lors d'opérations militaires comme celle menée en
Iran, chaque branche de l'armée américaine maintient en alerte des troupes spécialisées pour venir exfiltrer des pilotes en territoire ennemi. En tant que pilote, cela "vous donne une immense tranquillité d'esprit, parce que vous savez qu'ils feront tout ce qu'ils peuvent pour venir vous récupérer", note l'ancien colonel.Le pilote américain Scott O'Grady a vécu cette situation en 1995. Quand son F-16 est alors abattu par les Serbes de Bosnie, l'Américain éjecté par parachute parvient à se cacher dans une zone de broussailles. Une éponge l'aide à récupérer de l'humidité pour boire ; il se nourrit d'herbe et de fourmis. Après six jours d'isolement, guidé par le signal de sa radio, un commando héliporté d'une quarantaine de marines débarque, protégé des Serbes par un brouillard matinal. Sauvé, Scott O'Grady est salué en héros quelques jours plus tard à la Maison Blanche."J'ai mis mon visage dans la boue et j'ai mis des feuilles d'arbres sur mes oreilles, priant pour qu'ils ne me retrouvent pas."Scott O'Grady, ancien pilote de chasse américaincité par l'AFPSon histoire a inspiré le film Behind Enemy Lines (En territoire ennemi), sorti en salle en France en janvier 2002. Mais même avec tout l'entraînement du monde, il est difficile de tenir longtemps seul en terrain hostile avec si peu d'équipement. "La plupart des membres d'équipage ne sont entraînés à survivre que pour quelques jours", note
Cedric Leighton pour
CNN. Auprès du média britannique The Independent, Donald Trump a refusé de dire ce qu'il se passerait si l'aviateur recherché était blessé : "Je ne peux pas m'exprimer à ce sujet, car nous espérons que cela n'arrivera pas." Il se “douche“ en public pour dénoncer la crise de l'eau à Mayotte Le Vieux Quaremont, point central du Tour des Flandres Mission Artemis II : premières images de la Terre depuis le vaisseau Fraude à l'assurance : des alpinistes piégés par leurs guides au Népal Les Bleus ont fait un cadeau pendant leur tournée aux États-Unis Des députés interpellent la France sur son abstention lors d'un vote sur l'esclavage Garde à vue de Rima Hassan : une procédure "parfaitement illégale", selon son avocat David Cozette "C'était un burn-out. J'étais au bout de moi-même !" On te répond : quel lien entre la guerre et le prix de l’essence ? Louis Bielle-Biarrey, joyau du XV de France et du Tournoi Concerts de Céline Dion : attention aux arnaques en ligne Tiger Woods passe un appel au président avant son arrestation Risque d'effondrement : des immeubles évacués à Honfleur Pourquoi le diesel va continuer à coûter (très) cher en France Champions Cup : quelles chances pour les clubs de rugby français ? Apologie du terrorisme : l'eurodéputée Rima Hassan en garde à vue Collèges et lycées : pourquoi un classement ne suffit pas Autoroutes : bientôt un remboursement des péages ? Crise du pétrole : un surplus de recette pour l'État Rima Hassan placée en garde à vue pour apologie du terrorisme On a visité une salle adaptée au public autiste lors d'un match au Stade de France