Éclairage
Donald Trump a annoncé ce dimanche 5 avril au matin, que le militaire, dont l'avion avait été abattu en
Iran, avait été secouru lors d'une opération d'envergure, mais que celui-ci était « gravement blessé ». Téhéran affirme, de son côté, avoir abattu plusieurs appareils lors de ce sauvetage. RFI fait le point sur ce que l'on sait. Publié le : 05/04/2026 - 14:25Modifié le : 05/04/2026 - 14:36 4 min Temps de lecture Après s'être éjecté du F-15E Strike Eagle (photo d'illustration), le militaire «s'est caché dans une crevasse montagneuse», dévoile le «
New York Times». via REUTERS -
US Air Force « NOUS L'AVONS ! » C'est au milieu de la nuit américaine que a diffusé la nouvelle, dans un long message sur son réseau social. « Au cours des dernières heures, l'armée américaine a mené à bien l'une des opérations de recherche et de sauvetage les plus audacieuses de l'histoire des États-Unis, pour venir en aide à l'un de nos incroyables officiers d'équipage, qui se trouve également être un colonel très respecté, et dont je suis ravi de vous annoncer qu'il est désormais SAIN ET SAUF ! », a écrit le président américain
Truth Social. L'homme est « gravement blessé », a cependant admis plus tard
Donald Trump. Pour afficher ce contenu X (Twitter), il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité. Derrière les lignes ennemies, armé d'un simple pistolet L'opération de sauvetage s'est déroulée dans la province du
Kohgiluyeh-et-Boyer-Ahmad, dans le sud-ouest du pays. L'avion, un chasseur-bombardier F-15E, avait été abattu dans cette région, et ses deux occupants s'étaient éjectés en vol. Si le pilote a été rapidement secouru, l'officier des systèmes d'armes restait introuvable. Après s'être éjecté du F-15E, le militaire « s'est caché dans une crevasse montagneuse », armé d'un simple pistolet, dévoile le
New York Times. Sa localisation exacte est restée longtemps inconnue des Américains, comme des Iraniens : Téhéran avait promis une récompense pour sa capture. Au cours de son périple pour échapper, notamment, aux
Gardiens de la Révolution qui le traquaient, l'officier a dû « escalader une crête à plus de 2 100 mètres d'altitude », poursuit le quotidien américain. Une localisation compliquée La localisation de l'aviateur n'était pas aisée. Celui-ci a pris contact avec sa hiérarchie dès vendredi, assurent des sources à la chaîne
CNN. Mais il aurait été blessé lors de l'éjection. De plus, sa balise, destinée à guider les forces américaines vers sa position, pouvait tout autant le trahir. Il lui était donc difficile de la laisser constamment activée. « Même dans une zone montagneuse comme celle-là, il ne faut surtout pas bouger et il faut communiquer le moins possible, explique Jean-Marc Tanguy, journaliste à Air et Cosmos, au micro de Marine de La Moissonnière de RFI. Chaque pilote des forces armées occidentales a un kit de survie sur lui. Il y a évidemment de l'eau, des petites rations réchauffables facilement et des [aliments] énergisants qui vous permettent de tenir plusieurs jours. » L'opération de secours, elle, aurait débuté par un grand brouillard informationnel. Une source au sein de l'administration américaine affirme au
New York Times que la CIA a d'abord lancé une campagne de désinformation pour tromper les forces iraniennes et les convaincre que « l'aviateur avait déjà été secouru et quittait le pays par convoi terrestre ». L'agence de renseignements a finalement pu localiser ce dernier, et a transmis l'information au Pentagone. Un sauvetage réussi, mais à quel prix ? Le sauvetage en lui-même a, selon les dires de
Donald Trump, mobilisé des dizaines d'avions, équipés des « armes les plus meurtrières ». Des hélicoptères ont complété le dispositif. Au total, plusieurs centaines de soldats ont été mobilisés dans l'opération, selon les médias américains. « Pour récupérer un pilote au sol, il faut non seulement voler à son altitude, mais aussi se poser, en territoire ennemi, alors qu'il n'y a pas d'autres forces américaines [en soutien] au sol. C'est une situation extrêmement dangereuse », confirme à RFI le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission française auprès de l'ONU. Des bombardements ont eu lieu pour « sécuriser » le lieu d'extraction, et repousser des convois militaires iraniens qui convergeaient vers l'aviateur. C'est finalement des commandos de l'unité SEAL Team 6 de la Marine américaine qui ont permis l'exfiltration du militaire. Mais tout ne se serait pas « déroulé selon les plans ». Selon le
New York Times et CBS, deux des avions engagés dans l'opération sont restés bloqués sur une base isolée en . Les forces américaines les ont remplacés par trois autres appareils et ont détruit ceux restés au sol pour qu'ils ne tombent pas entre les mains du régime. L'armée iranienne a précisé, de son côté, que les États-Unis avaient utilisé un aéroport abandonné près d'Ispahan, dans le sud du pays. Mais celle-ci affirme aussi que « deux avions de transport militaire C-130 et deux hélicoptères Black Hawk américains ont été détruits » pendant l'opération. Des photos de débris ont été partagées par les
Gardiens de la Révolution et le président du Parlement iranien - photos dont nous ne sommes pas en mesure, pour le moment, de certifier qu'elles correspondent aux déclarations iraniennes. Pour afficher ce contenu X (Twitter), il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité. À l'heure d'écrire ces lignes, Washington n'avait toujours pas réagi aux affirmations de Téhéran. Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail