Reportage Au
Rwanda, ce 7 avril marque le début des 32e commémorations du génocide contre les
Tutsis. Chaque année, pendant 100 jours, le pays rend hommage aux plus de 800 000 personnes tuées au cours du génocide perpétré en 1994. Depuis 2023, à travers le projet
Art for Memories, des artistes redonnent vie à de vieilles photos de victimes à travers des dessins. Alors que de nombreuses familles n’ont aucune ou très peu de photos de leurs proches disparus, l’initiative a pour objectif, par le dessin, de leur rendre hommage. Publié le : 07/04/2026 - 10:59Modifié le : 07/04/2026 - 10:59 2 min Temps de lecture L'artiste
King Ngabo a créé en 2023 le projet
Art for Memories, destiné à rendre hommage en dessins à des victimes du génocide perpétré contre les
Tutsis en 1994. © Lucie Mouillaud/RFI Dans son salon, à côté d’un dessin de sa fille,
Angélique Uwera a encadré le portrait de son père, tiré d’une photo de groupe prise avec des collègues. « C’est le visage de mon père. Je ne l’ai pas connu, il est mort quand j’avais trois ans. Je voulais honorer sa mémoire, avoir l’impression qu’il est avec nous », explique-t-elle.À chaque commémoration, Angélique place des fleurs à côté du portrait : un dessin, souvenir inaltérable de la mémoire de son père, tué pendant le génocide au
Rwanda de 1994. « Je peux lui parler quand je suis triste, quand je suis heureuse, quand j’ai accompli quelque chose. Ce dessin m’a touchée au cœur », souligne-t-elle.L’artiste fondateur du projet
Art for Memories,
King Ngabo, a dédié un coin du musée Ingabo aux dessins des disparus. « On reçoit beaucoup de photos différentes. On nous dit, "c’était mon enfant", "c’était mon grand frère", "c’est la seule photo que l'on a"... Et on nous demande de la préserver, de lui redonner vie », glisse-t-il.Aujourd’hui, le projet a évolué à travers des dessins graphiques, des vidéos témoignages et une application. « Ce dessin a sa propre histoire, cette personne a sa propre histoire. C’est ce qu’on veut montrer et exposer au public : ces histoires d’une manière ou d’une autre », conclut
King Ngabo.Un hommage aux victimes porté de jeunes artistes nés après le génocide.
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Tutsis au
Rwanda: «La jeunesse a besoin d'apprendre, de comprendre et aussi d’avoir des outils pédagogiques» Trente-deux ans après le génocide perpétré contre les
Tutsis, la mémoire reste l’un des enjeux principaux portés par l’association des survivants
Ibuka. Un enjeu de taille alors que la majorité de la population rwandaise est née après le génocide. Philibert Gakwenzire, président d’
Ibuka, souligne : « La jeunesse a besoin d'apprendre, de comprendre et aussi d’avoir des outils pédagogiques pour mener cette réflexion. C'est toujours important – et il le sera toujours – de garder en mémoire le génocide commis contre les
Tutsis, parce que, même si c’est 32 ans après, ce qui s'est passé là, c'est toujours présent. » Il poursuit : « Donc, c'est un passé qui nous hante chaque fois. Et à cause de l'horreur que les
Tutsis, que le
Rwanda et que l'humanité ont vécu, à chaque fois, nous disons que nous devons apprendre de notre passé. C'est une façon de nous rappeler, c'est une façon de transmettre, mais c'est aussi une façon de prendre des engagements pour que le "plus jamais ça" soit une réalité. »