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TUE · 2026-04-07 · 15:40 GMTBRIEF NSR-2026-0407-56711
News/Médicaments introuvables, prix explosifs: en Iran, la guerre…
NSR-2026-0407-56711News Report·FR·Public Health

Médicaments introuvables, prix explosifs: en Iran, la guerre achève un système de santé déjà à genoux

En Iran, la guerre exacerbe une pénurie de médicaments qui affecte la population depuis plus d'une décennie. La dévaluation de la monnaie iranienne entraîne une flambée des prix des médicaments et une pénurie de certains traitements essentiels, comme l'insuline et les médicaments antirejet pour les patients transplantés.

Sara SaidiRFIFiled 2026-04-07 · 15:40 GMTLean · CenterRead · 6 min
Médicaments introuvables, prix explosifs: en Iran, la guerre achève un système de santé déjà à genoux
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En Iran, la guerre exacerbe une pénurie de médicaments qui affecte la population depuis plus d'une décennie. La dévaluation de la monnaie iranienne entraîne une flambée des prix des médicaments et une pénurie de certains traitements essentiels, comme l'insuline et les médicaments antirejet pour les patients transplantés. Des professionnels de la santé, comme le docteur Farhad Heshmati, tirent la sonnette d'alarme, signalant des pénuries croissantes et des risques graves pour les patients. Malgré les affirmations des autorités iraniennes concernant des réserves stratégiques suffisantes, les témoignages sur le terrain et les listes de pénuries du Croissant-Rouge iranien contredisent ces déclarations. La situation met en péril la santé des Iraniens, déjà fragilisée par la crise économique et l'inflation.

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The war against Iran is worsening the shortage of medicines.

factualArticle
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The situation is getting worse every day.

quoteDr. Farhad Heshmati
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The price of a medicine that cost 5 million rials has increased to 25 million rials.

quoteIranian internet user
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Strategic reserves of medicines are in good condition.

quoteMohammad Reza Aref, first vice-president of Iran
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There is no problem in ensuring services in pharmacies across the country.

quoteMehdi Pirsalehi, director of the National Agency for Health Security of Medicines
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Full report

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La guerre contre la République islamique d’Iran aggrave la pénurie de médicaments dont souffre déjà la population depuis plus d'une décennie. Le prix des médicaments subit une nouvelle hausse, entraînant des risques pour les malades qui n’'arrivent plus à obtenir leur traitement. Publié le : 07/04/2026 - 17:40Modifié le : 07/04/2026 - 17:40 7 min Temps de lecture Dans un hôpital pour enfants à Téhéran, le 28 mars 2026. via REUTERS - Majid Asgaripour En pleine guerre, et alors que la population souffre depuis déjà plus d'une décennie de la crise économique et de l'inflation, la dévaluation continue de la monnaie iranienne provoque une nouvelle hausse des prix des médicaments ainsi qu'une pénurie de certains d'entre eux. « Le gouvernement n'assume aucune de ses responsabilités vis-à-vis du peuple », s'indigne un internaute iranien. « Le prix d'un médicament qui coûtait 5 millions de rials [3,5 euros, NDLR] est passé à 25 millions de rials [18 euros, NDLR] », précise-t-il en parlant de l'insuline. « Les premières alertes que j'ai reçues sont des appels de malades ayant subi une greffe rénale ou pulmonaire et qui n'avaient plus de médicaments pour empêcher le rejet de leur greffe. Pour un malade, cela signifie une mort progressive », alerte également le docteur Farhad Heshmati, président de l'Association pour la coopération médico-scientifique franco-iranienne. Une collecte de dons pour apporter une aide médicale à l'Iran Les autorités, elles, tentent de garder la face. « Les réserves stratégiques de médicaments sont en bon état », a ainsi déclaré Mohammad Reza Aref, premier vice-président iranien. « Il n'y a aucun problème pour assurer les services dans les pharmacies à travers le pays ni pour la production des usines pharmaceutiques et de matériel médical », a confirmé pour sa part Mehdi Pirsalehi, le directeur de l'Agence nationale de sécurité sanitaire des médicaments. Ce n'est pas ce que constate le docteur Farhad Heshmati, en contact avec des médecins, les présidents d'universités chargés des hôpitaux en Iran et le Croissant-Rouge iranien. « Le bilan s'aggrave de jour en jour », affirme-t-il. « Je dispose de cinq listes envoyées par le Croissant-Rouge iranien, le bureau du médicament du ministère de la Santé – qui est l'équivalent de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé en France – et par le biais du président d'une université médicale à Téhéran. Deux listes concernent les dispositifs médicaux manquants, une autre fait état des consommables (seringues, kits…) qui font défaut et deux autres énumèrent les médicaments nécessaires. Ces listes sont très longues », explique le médecin hématologue, aujourd'hui à la retraite. Il y a environ une semaine, son association a lancé une campagne de collecte de dons permettant d'apporter une aide médicale à l'Iran : « On a récolté pour le moment environ 7 000 euros. C'est extrêmement peu pour l'achat de médicaments. Au vu des besoins, il faut que les laboratoires et les humanitaires aident. Et selon la réglementation en vigueur, ceux-ci doivent d'abord être autorisés par la cellule de crise du Quai d'Orsay », explique-t-il. Fahrad Heshmati assure que le comité d'organisation de l'aide est composé d'une trentaine de médecins français en contact avec les urgentistes iraniens : « Personne ne peut envoyer de médicaments de façon clandestine en Iran. Il faut l'autorisation des autorités, l'acheminement doit être assuré par la route et la distribution à Téhéran sera faite sous surveillance des gens de confiance que nous connaissons », affirme-t-il. En attendant, selon Human Rights Activists (HRA) et le média iranien Shargh, faute de traitement et en raison de la hausse des prix, « l'accès aux soins pour les patients atteints de cancer est de plus en plus difficile ». L'ONG pointe également la possible aggravation de l'état des personnes anxieuses ou souffrant de maladies cardiaques en raison de la guerre. Destruction des capacités de fabrication locale Par ailleurs, depuis le début de la guerre, les attaques israélo-américaines ont visé plusieurs infrastructures iraniennes. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) signale ainsi plus de 20 attaques contre des établissements de santé iraniens depuis début mars. Selon le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, ces attaques ont entraîné « au moins neuf décès, dont celui d'un agent de santé spécialisé dans les maladies infectieuses et d'un membre du Croissant-Rouge iranien ». Le 31 mars au matin, la société Tofigh Darou Engineering Research, spécialisée notamment dans la fabrication de médicaments pour les patients atteints de cancer, a été ciblée par des drones israéliens. Le 3 avril, l'institut Pasteur a également été endommagé par une attaque. La destruction de ce centre de recherche et de vaccination, fondé en 1920, a laissé un goût amer à certains Iraniens. « Il y a 25 ans, j'ai pris les gouttes et le vaccin contre la polio dans cet institut. Aujourd'hui, en voyant son état, je n'arrive pas à arrêter de pleurer », affirme ainsi une Iranienne sur les réseaux sociaux. Hadi Ahmadi, porte-parole de l'association iranienne des pharmaciens, rappelle que ces attaques sont contraires au droit international. « Cibler les complexes pharmaceutiques et les hôpitaux montre que l'ennemi ne se contente pas de viser les complexes militaires et s'attaque également aux zones civiles et résidentielles, ce qui constitue une violation des droits humains », affirme-t-il. Or, l'armée israélienne soutient que la société pharmaceutique Tofigh Darou participait au programme nucléaire à des fins militaires en fournissant au régime des substances chimiques comme le fentanyl, analgésique puissant pouvant être utilisé pour le développement d'armes chimiques. De même, selon une étude du think tank britannique RUSI (Royal United Services Institute), depuis le début des années 1990, la République islamique aurait « déplacé ses recherches sur les armes biologiques des sites militaires dédiés vers des institutions civiles comme les instituts Razi et Pasteur ». Dans un article publié le 18 mars, le média iranien Etemad Online affirmait qu'environ huit usines pharmaceutiques ont été partiellement ou totalement endommagées […]. L'hôpital psychiatrique Delaram Sina et l'hôpital Gandhi à Téhéran ainsi qu'un entrepôt de médicaments et de lait en poudre à Hamedan ont également été touchés. « La guerre détruit la capacité de fabrication locale et de transport et augmente les besoins de la population », regrette le docteur Fahrad Heshmati. De fait, alors que le dernier décompte de l'ONG Human Rights Activists (HRA) fait état d'au moins 1 400 victimes civiles dont 214 enfants, le Croissant-Rouge iranien affirmait, le 1er avril, que les frappes aériennes ont endommagé près de 91 500 unités résidentielles en province et plus de 44 300 unités commerciales et résidentielles à Téhéran, ainsi que 316 pharmacies, services des urgences, centres de soins et plus de 700 écoles. « On peut aisément imaginer combien de personnes sont blessées et ont besoin de soins d'urgence », affirme le docteur Fahrad Heshmati. Vali, infirmier à Téhéran, continue de travailler tous les jours. Il affirme par message à RFI que de nombreux médecins ont quitté Téhéran : « Depuis le début de la guerre, la plupart des hôpitaux ont continué à fonctionner avec un personnel réduit. Norouz [Nouvel An iranien, NDLR] et la guerre ont coïncidé et ont laissé la ville déserte. C'est assez calme dans les hôpitaux et on ne traite que les urgences […]. Celles et ceux qui sont blessés par l'onde de choc des attaques sont soignés en ambulatoire », explique-t-il. Mais pour les Iraniens, encore une fois, le régime et les assurances sont responsables de la situation. « En pleine guerre, les assurances refusent de rembourser certains médicaments spéciaux comme l'insuline », s'indignait ainsi un Iranien début avril. « Mes deux tantes sont retraitées, elles doivent d'abord verser l'argent de leur traitement puis, dans leur état et sous chimiothérapie, elles doivent courir après l'assurance pour récupérer plus tard une partie de l'argent versé », écrit un autre internaute en colère. 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