Les pertes de matériel militaire contribuent à gonfler la facture pour Washington. Cela ne semble pas dissuader
Donald Trump, qui compte demander au Congrès de valider une augmentation du budget de défense des États-Unis de 40% en 2027.Le coût de la guerre menée contre l'
Iran continue à gonfler pour les États-Unis. Il est désormais évalué entre 22,3 et 31 milliards de dollars (19,3 milliards d'euros et 26,8 milliards d'euros), selon l'estimation fournie au Financial Times par
Elaine McCusker, ancienne responsable du budget du Pentagone devenue chercheuse à l'American Enterprise Institute (AEI). Cela représente plus d'un demi-milliard de dollars chaque jour. Après les six premiers jours de combat, le Pentagone rapportait déjà un coût de 11,3 milliards de dollars.Dans le détail, les pertes de matériel au combat représentent environ 10% du coût total (entre 2,1 et 3,6 milliards de dollars) pris en compte par
Elaine McCusker. L'armée américaine a encore subi d'importants pertes matérielles ce week-end, au cours d'une opération menée sur le territoire iranien et destinée à secourir un aviateur éjecté, selon Washington.Dans les semaines précédentes, d'autres aéronefs ont été perdus, dont un très stratégique
Boeing E-3 "Awacs", spécialisé dans les missions de détection et de commandement, dont le prix est d'environ 700 millions de dollars l'unité. Dans son estimation la plus élevée,
Elaine McCusker intègre les frais de réparation du porte-avions
USS Gerald R. Ford, qui a subi un incendie en mer, et le remise en état d'un très onéreux système d'alerte antimissile endommagé sur une base au
Qatar.Les AWACS de l'Otan arriveront en fin de vie à l'horizon 2035. © OTANInquiétudes quant aux stocksL'armée américaine a une utilisation très intensive des missiles, contribuant à accroître les coûts et les dégâts. Fin mars, l'armée américaine avait tiré plus de 850 missiles
Tomahawk, à 3,6 millions de dollars l'unité, selon le CSIS (Center for Strategic and International Studies), un centre de recherche américain. C'est plus que lors de n'importe quelle intervention militaire récente. À titre de comparaison, 802
Tomahawk avaient été tirés lors de l'invasion de l'Irak en 2003. Cette guerre et l'occupation qui a suivi ont toutefois coûté plus de 3.000 milliards de dollars aux États-Unis, selon les travaux de chercheurs de l'université de Harvard.Au-delà du coût, certains responsables craignent surtout les réserves d'armes fondent comme neige au soleil."Bien que les munitions soient suffisantes pour mener cette guerre, les dépenses importantes en
Tomahawk et autres missiles dans le cadre de l'opération Epic Fury engendrent des risques pour les États-Unis sur d'autres théâtres d'opérations, notamment dans le Pacifique Ouest", note le CSIS.Le centre de recherche rapporte que les stocks de
Tomahawk sont estimés à moins de 3.000 unités et que la Marine américaine ne devrait en recevoir que 110 en 2026. Son fabricant, l'entreprise RTX, a toutefois signé plusieurs accords-cadres avec le Pentagone pour augmenter significativement sa production et être capable d'en produire 1.000 par an.Trump va demander un budget colossal pour 2027Logiquement, l'addition sera bientôt présentée aux contribuables américains, dont une nette majorité s'oppose à cette guerre (60% la désapprouvent selon un sondage Reuters/Ipsos). La Maison Blanche a dévoilé son projet de budget pour 2027, réclamant au Congrès une augmentation de 42% en un an des dépenses de défense déjà colossales. Le projet, annoncé à quelques mois des élections législatives de mi-mandat, verrait les dépenses militaires américaines s'envoler à 1.500 milliards de dollars l'an prochain, selon les documents publiés par l'exécutif. La Maison Blanche a indiqué que cela s'inscrivait "dans le programme de 'paix par la force' du président Trump".Il s'agirait d'un record dans l'histoire récente de la première puissance mondiale, si le Parlement, pour l'instant contrôlé de justesse par le parti du président républicain, valide la proposition en l'état. L'augmentation serait précisément de 445 milliards de dollars par rapport au budget de défense fixé pour 2026. Pour le financer, une compression de 10% est prévue dans les dépenses fédérales non-militaires. Des coupes drastiques seraient notamment appliquées dans certaines dépenses sociales, éducatives ou liées à la santé. La principale agence de recherche médicale publique verrait par exemple son budget baisser de 5 milliards de dollars.Le monde qui bouge - L'Interview : Les Iraniens pris en étau - 07/047:13Le chef de l'ONU est "très préoccupé" par les derniers propos de
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