NEWSAR
Multi-perspective news intelligence
SRCFrance Info
LANGFR
LEANCenter
WORDS1 881
ENT8
THU · 2026-04-09 · 04:07 GMTBRIEF NSR-2026-0409-59689
News/Périscolaire à Paris : "La sécurité de n/"En ôtant la vie à ses filles, il a aussi tué leur mère" : l…
NSR-2026-0409-59689News Report·FR·Human Interest

"En ôtant la vie à ses filles, il a aussi tué leur mère" : les violences vicariantes, quand les femmes sont frappées "par procuration" via le meurtre de leur enfant

Un homme, Youness E., est jugé à Créteil pour le meurtre de ses trois filles à Alfortville en novembre 2023. Il a avoué avoir tué ses filles de 11, 10 et 4 ans après les avoir emmenées au McDonald's, expliquant avoir agi parce que sa femme l'avait "poussé à bout".

Juliette CampionFrance InfoFiled 2026-04-09 · 04:07 GMTLean · CenterRead · 8 min
"En ôtant la vie à ses filles, il a aussi tué leur mère" : les violences vicariantes, quand les femmes sont frappées "par procuration" via le meurtre de leur enfant
France InfoFIG 01
Reading time
8min
Word count
1 881words
Sources cited
3cited
Entities identified
8entities
Quality score
100%
§ 01

Briefing Summary

AI-generated
NEWSAR · AI

Un homme, Youness E., est jugé à Créteil pour le meurtre de ses trois filles à Alfortville en novembre 2023. Il a avoué avoir tué ses filles de 11, 10 et 4 ans après les avoir emmenées au McDonald's, expliquant avoir agi parce que sa femme l'avait "poussé à bout". L'accusation met en avant le concept de "violences vicariantes", où la violence est exercée sur une personne (ici, les enfants) pour atteindre et faire souffrir une autre (la mère). L'ex-épouse de l'accusé avait annoncé avoir rencontré un autre homme peu avant les faits. Le procès, qui a débuté le 8 avril, se déroule devant la cour d'assises du Val-de-Marne et l'accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Confidence 0.90Sources 3Claims 5Entities 8
§ 02

Article analysis

Model · rule-based
Framing
Human Interest
Legal & Judicial
Tone
Mixed Tone
AI-assessed
CalmNeutralAlarmist
Factuality
0.70 / 1.00
Factual
LowHigh
Sources cited
3
Well sourced
FewMany
§ 03

Key claims

5 extracted
01

Youness E.'s trial began on April 8 and lasts until April 10 in the Val-de-Marne.

factualnull
Confidence
1.00
02

The term 'violences vicariantes' refers to aggression against a woman through a third party, usually a child, to cause her suffering.

quoteAPOLLONIA HILVERDA / FRANCEINFO
Confidence
1.00
03

Youness E. confessed to killing his three daughters in Alfortville on November 26, 2023.

factualnull
Confidence
1.00
04

Youness E. told police his wife had 'pushed him to the edge'.

factualnull
Confidence
0.90
05

By killing his daughters, he wanted to reach his wife.

quotePatricia Cohn, avocate de Samira O.
Confidence
0.80
§ 04

Full report

8 min read · 1 881 words
Le terme de "violences vicariantes" désigne une forme particulière d'agression exercée contre une femme, par un partenaire ou un ex-partenaire, à travers un tiers, généralement l'enfant du couple ou de la femme, avec pour objectif de de la faire souffrir. (APOLLONIA HILVERDA / FRANCEINFO) Un père est jugé jusqu'à vendredi pour le meurtre de ses trois filles, à Alfortville, en 2023. L'homme a reconnu les faits, tout en affirmant que son épouse l'avait "poussé à bout". "Un exemple paroxystique de violences vicariantes", selon l'avocate Isabelle Steyer. "J'ai commis l'irréparable, je viens de tuer mes trois enfants." Il est 14h10, le 26 novembre 2023, lorsque Youness E. se présente au commissariat de Dieppe (Seine-Maritime) et confesse l'assassinat de ses trois filles, à 200 kilomètres de là, dans son appartement d'Alfortville (Val-de-Marne). Les policiers se rendent immédiatement sur place et découvrent l'horreur : les corps de trois fillettes, âgées de 11, 10 et 4 ans. La veille, Youness E., en instance de divorce, les a emmenées au McDonald's. Son épouse avait donné son accord pour qu'il passe du temps avec elles ce week-end-là. En rentrant, il a versé des somnifères dans leurs boissons, puis a étouffé la plus jeune avec un coussin et tué les aînées de plusieurs coups de couteau dans la cage thoracique.Aux policiers, il précise que sa femme l'a "poussé à bout". L'homme confiera par la suite à l'expert psychiatre avoir "la haine" contre elle. Notamment parce que Samira O., son ex-épouse, lui avait annoncé avoir rencontré un autre homme, quelques jours avant les faits. Le procès de Youness E., pour lequel aucune abolition ou altération du discernement n'a été retenue, s'est ouvert mercredi 8 avril, jusqu'à vendredi 10 avril, devant la cour d'assises du Val-de-Marne, à Créteil. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité."En tuant ses filles, il a voulu atteindre son épouse", dénonce auprès de franceinfo Patricia Cohn, avocate de Samira O., décrivant "une femme détruite de l'intérieur". Pour sa consœur Isabelle Steyer, qui représente l'association La Voix de l'enfant, constituée partie civile au procès, l'accusé, aujourd'hui âgé de 43 ans, "a entraîné son épouse dans une culpabilité mortifère, puisqu'on peut imaginer qu'elle se dira à tout jamais : 'Je n'ai pas réussi à protéger mes enfants.'" "En ôtant la vie à ses filles, il a aussi tué leur mère", dénonce la pénaliste, qui voit dans ce triple infanticide "un exemple paroxystique de violences vicariantes".Ce terme, peu connu du grand public, désigne une forme particulière d'agression exercée contre une femme, par un partenaire ou un ex-partenaire, à travers un tiers, généralement l'enfant du couple ou de la femme, avec pour objectif de la faire souffrir, selon la définition établie par la psychologue argentine Sonia Vaccaro, à l'origine de l'expression.Il n'existe toutefois pas de décompte précis des infanticides commis dans un tel contexte en France. Les derniers chiffres du ministère de l'Intérieur, publiés en octobre 2025, font état de sept enfants tués en 2024 dans le cadre de violences au sein du couple. Mais aucune précision n'est apportée sur le contexte de ces décès.Le rapport A vif, remis en novembre dernier au garde des Sceaux, qui liste des mesures pour changer le traitement judiciaire des violences exercées au sein de la famille, cite des chiffres d'une tout autre ampleur, issus d'une enquête de Mediapart. Le média en ligne a relevé 46 cas de morts violentes d'enfants survenues en 2024 dans un cadre familial. "A de rares exceptions, l'auteur est le père ou le beau-père, qui tue l'enfant en raison d'une séparation conjugale non acceptée", relève le rapport, co-écrit par deux magistrats. Ces statistiques très disparates ont fait dire à la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) dans son avis de décembre 2023 que "les données relatives aux morts d'enfants sont largement méconnues et insuffisantes".Dans les cas de violences dites vicariantes, l'enfant est utilisé comme "une arme pour punir l'autre parent", pointe Hauteclair Dessertine, secrétaire adjointe de l'Union nationale des familles de féminicides (UNFF), interrogée par franceinfo. Elle parle, pour les infanticides, soit les cas les plus extrêmes, d'un "féminicide par procuration" avec "une forme de mise à mort psychologique" de la mère, soulignant "l'intention avérée" du conjoint ou ex-conjoint violent de lui nuire.Ces meurtres d'enfants s'inscrivent dans un "continuum" de maltraitances dans le cadre de violences conjugales déjà existantes, observe Pierre-Guillaume Prigent, docteur en sociologie et auteur d'une thèse sur "les stratégies des pères violents en contexte de séparation parentale". Avant d'assassiner ses trois filles, Youness E. a ainsi tyrannisé son épouse des années durant, écopant d'une condamnation à dix-huit mois d'emprisonnement, dont un an avec sursis, en 2021. Il avait notamment reconnu avoir utilisé une batte de baseball pour la frapper. Le couple avait fini par se séparer définitivement mais Youness E. n'acceptait pas la situation, allant jusqu'à passer plusieurs jours dans le jardin de sa femme, la suppliant pour qu'elle le reprenne. Il la suivait même discrètement en voiture lorsqu'elle se rendait à l'école de leurs enfants, pour la confronter une fois les petites filles déposées.Une situation qui relève typiquement du contrôle coercitif, une forme insidieuse de violence au sein du couple qui passe par la surveillance, l'intimidation ou encore l'isolement de la victime. Pour Andreea Gruev-Vintila, maîtresse de conférences en psychologie sociale à l'université Paris-Nanterre, et autrice du livre Le contrôle coercitif : au cœur de la violence conjugale. Des avancées scientifiques aux avancées juridiques, le fait d'utiliser les enfants du couple pour garder l'emprise sur la mère s'inscrit complètement dans ce type de schéma. "Avoir des enfants avec une femme ouvre un boulevard pour le père violent qui peut utiliser l'autorité parentale conjointe pour continuer à contrôler et punir la mère longuement après la séparation", constate-t-elle.Ces violences morales se déploient dans le quotidien du couple, et ce parfois bien avant la séparation. Le père va par exemple "dévaluer les capacités parentales de leurs compagnes devant leurs enfants", décrit Pierre-Guillaume Prigent, ce qui a pour effet "de créer un doute chez les enfants quant à la capacité de leur mère à être une bonne mère". Mais aussi "profondément blesser celle qui est visée". L'objectif étant de "l'isoler au maximum de ses enfants".Après la séparation, le conjoint violent "va tenter de continuer à maintenir son emprise sur la victime coûte que coûte et, là encore, les enfants sont très souvent utilisés", poursuit le sociologue. Il va par exemple prétexter vouloir parler de l'avenir de l'enfant avec leur mère "et profiter de cet échange pour l'insulter, la dénigrer". Hauteclair Dessertine cite l'exemple d'un père qui avait exigé de la mère qu'elle "mette un traceur sur son téléphone pour savoir où était leur fils", sous prétexte de l'autorité parentale conjointe.Dans ses travaux sur la violence coercitive post-rupture, la chercheuse britannique Emma Katz décrit l'oscillation comportementale de ces pères ou beaux-pères contrôlants coercitifs. Tout en continuant à être violents et dénigrants vis-à-vis de leur ex-conjointe, ils deviennent omniprésents auprès des professionnels qui côtoient leurs enfants, que ce soit à l'école ou chez le médecin, mais aussi avec les autres parents d'élèves. Ils se montrent très aimables et soudainement soucieux du bien-être de leur progéniture. Le but étant pour eux "d'obtenir l'obéissance de la mère et d'organiser leur impunité, en apparaissant comme quelqu'un d'irréprochable", décrypte Andreea Gruev-Vintila.Le partage de l'autorité parentale après une séparation apparaît donc comme un terrain privilégié pour les violences vicariantes après la séparation. C'est pourquoi de nombreuses associations féministes appellent à retirer l'autorité parentale au conjoint violent, ce qui est fait de manière plus systématique depuis la loi du 18 mars 2024, qui prévoit le retrait de ce droit au parent condamné pour un crime ou un délit commis sur l'autre parent ou sur son enfant.L'avocate Florence Rouas salue cette avancée législative et constate de réels progrès sur la réactivité de la justice en cas de violences constatées sur la mère ou sur l'enfant, avec "la délivrance beaucoup plus rapide d'ordonnances de protection" par le juge. Mais dans le cadre de ses recherches, le sociologue Pierre-Guillaume Prigent a constaté que ce type de mesures valait surtout dans les cas où des marques de violences étaient clairement établies. "Pour les femmes qui n'ont pas de traces ou qui sont victimes de violences psychologiques, la question de retirer l'autorité parentale au père ne se pose même pas", regrette-t-il.Dans leur rapport A vif, Gwenola Joly-Coz, première présidente de la Cour d'appel de Papeete et Eric Corbaux, procureur général de la cour d'appel de Bordeaux, appellent à avoir moins de scrupules sur le retrait de l'autorité au père violent. "Droits de visite et d'hébergement, garde alternée, autorité parentale conjointe multiplient les contacts, parfois artificiels, sans créer de lien authentique entre le père violent et l'enfant", écrivent-ils, relevant que "le 'passage de bras' n'est pas un moment pour retrouver l'enfant mais une occasion de revoir l'ex-conjointe, d'avoir des informations sur sa vie et souvent de se montrer à nouveau violent".De manière générale, Hauteclair Dessertine estime que la justice française accuse un lourd retard en matière de violences vicariantes, regrettant que les magistrats ne soient pas "davantage formés". "La justice travaille encore trop en silo, pénal et civil ne communiquent pas assez", regrette celle qui a elle-même fui les coups de son ex-conjoint, même si elle salue l'adoption l'année dernière en première lecture à l'Assemblée nationale d'une proposition de loi visant à pénaliser le contrôle coercitif.La marge de progression reste "immense" et la cofondatrice de l'Union nationale des familles de féminicides appelle à s'inspirer de l'Espagne, qui fonctionne avec "des pôles dédiés aux violences faites aux femmes, dotés d'une vision globale de la situation". Le 30 septembre dernier, le gouvernement espagnol a franchi un nouveau pas, en approuvant un avant-projet de loi contre les violences vicariantes. Si le Parlement adopte la réforme, ces violences "par procuration" seront inscrites dans le Code pénal en tant que délit à part entière, avec une circonstance aggravante de genre et impliqueraient, en principe, une peine de six mois à trois ans de prison. Ces enfants incarnent Simba et Nala dans la comédie musicale du "Roi Lion" Échec des négociations : nouvelles menaces sur le détroit d'Ormuz Fatigue, ravito, pancartes... On a assisté au Marathon de Paris 2026 Combien de temps faut-il rester sur les toilettes ? Guerre au Moyen-Orient : échec des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis Concerts de Céline Dion : pourquoi ces tarifs exorbitants ? Guerre au Moyen-Orient : échec des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis Guerre au Moyen-Orient : l'impact sur le tourisme au Vietnam Prudence, les chenilles processionnaires sont de retour ! UBB-Toulouse, les impressionnants chiffres d'un choc de titans en quarts de Champions Cup Pourquoi Tadej Pogacar peut remporter Paris-Roubaix Zaho : "Enfant, je ne voulais pas devenir une adulte aigrie" Grêle à Marrakech : la ville rouge recouverte de blanc Etats-Unis-Iran : bras de fer dans le détroit d'Ormuz "Rends-toi" : le beau-frère de Xavier Dupont de Ligonnès sort du silence,15 ans après le drame Fabriquer du hasard, une quête depuis 12 000 ans ! Mission Artemis II : retour sur Terre réussi pour les 4 astronautes Le plan d'électrification de la France proposé par le gouvernement Nike reconnaît un défaut sur ses maillots de la Coupe du monde 2026 Secte démantelée : le gourou agissait depuis 30 ans Les secrets de la garde-robe de la Reine Elizabeth II Pétroliers : faut-il davantage taxer leurs profits ?
§ 05

Entities

8 identified
§ 06

Keywords & salience

8 terms
violences vicariantes
1.00
meurtre des enfants
0.80
violence conjugale
0.70
souffrance psychologique
0.60
infanticide
0.60
réclusion criminelle à perpétuité
0.50
procès
0.50
culpabilité
0.40
§ 07

Topic connections

Interactive graph
Network visualization showing 3 related topics
View Full Graph
Person Organization Location Event|Click node to navigate|Edge numbers = shared articles