L'armée israélienne a continué de frapper mercredi dans le sud du Liban malgré l'accord de cessez-le-feu. La communauté internationale réclame que le pays soit inclus dans cette trêve. Une explosion sur un immeuble dans la région d'Abbasiyeh, à la périphérie de Tyr, dans le sud du Liban, le 8 avril 2026. (KAWNAT HAJU / AFP) L'accord de cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'
Iran s'applique officiellement depuis le mercredi 8 avril. Les Etats-Unis ont annoncé interrompre leurs attaques sur l'
Iran durant deux semaines, et Téhéran doit en retour rouvrir temporairement le détroit d'Ormuz. Du côté d'Israël, le gouvernement a annoncé soutenir la décision de
Donald Trump de suspendre ses attaques contre l'
Iran, tout en précisant que la trêve n'incluait pas le Liban. Cette affirmation contredit cependant l'annonce faite plus tôt par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans le conflit, assurant que le cessez-le-feu s'appliquait "partout, y compris au Liban et ailleurs". L'armée israélienne n'est pas de cet avis, et entend continuer "la bataille" contre le mouvement islamiste
Hezbollah, allié de Téhéran, a-t-elle déclaré.
Tsahal a continué de frapper dans le sud du Liban, mercredi matin, et a renouvelé ses ordres d'évacuation pour la population de cette vaste région. Le colonel Avichay Adraee a notamment lancé sur X un "avertissement urgent et répété aux habitants de la ville de Tyr, en particulier à Shabriha", les appelant à évacuer "immédiatement". Plus tard mercredi, Israël a mené une série de frappes sur
Beyrouth et annoncé sa "plus grande frappe coordonnée" contre le
Hezbollah depuis le 28 février.Ces frappes simultanées d'Israël, menées sans avertissement et qui ont visé le cœur de
Beyrouth et plusieurs autres régions du Liban, ont fait 182 morts et 890 blessés, selon un bilan officiel non définitif. En réponse, le
Hezbollah a annoncé avoir bombardé le nord d'Israël dans la nuit, en réaction à sa "violation du cessez-le-feu".Contacté par franceinfo, le géopolitologue Jean-Antoine Duprat émet plusieurs hypothèses pour expliquer les décisions israéliennes. A ses yeux,
Benyamin Nétanyahou considère les combats contre l'
Iran et le
Hezbollah comme "deux opérations distinctes". "Au départ, les frappes étaient destinées à l'
Iran. Les proxys, notamment le
Hezbollah, sont entrés dans le conflit après la mort d'Ali Khamenei et ont tout fait basculer pour le Liban". Il observe aussi que la coordination entre Israël et les Etats-Unis s'affaiblit. "[Benyamin] Nétanyahou ne respecte pas les volontés de [Donald] Trump. Dès le départ, ils n'avaient pas les mêmes objectifs de guerre. Si cela continue, les Etats-Unis pourraient faire pression sur Israël", avance ce spécialiste. Le président libanais Joseph Aoun a, lui, affirmé que son pays œuvrait à être inclus dans la "paix régionale, de façon stable et durable". L'armée libanaise et le
Hezbollah ont appelé les déplacés à ne pas revenir dans le sud du pays où les frappes se poursuivent.La communauté internationale a largement condamné l'attitude d'Israël vis-à-vis du Liban. Emmanuel Macron a déjà demandé que la trêve puisse inclure "pleinement" le Liban. "Nous attendons, pour les jours et les semaines qui viennent, que [le cessez-le-feu] puisse être pleinement respecté dans toute la région", a-t-il affirmé lors d'un conseil de défense. Il souhaite des négociations pour permettre "de régler de manière durable les questions nucléaires, balistiques, régionales qui ont trait à l'
Iran"."Nous condamnons fermement ces frappes massives qui, en dix minutes, ont fait plus de 250 morts, a réagi Jean-Noël Barrot jeudi sur France Inter. Pour toutes celles et ceux qui ont un lien particulier, un lien d'affection et d'amitié avec le Liban, c'est évidemment un choc très profond. C'est aujourd'hui une journée de deuil national au Liban et nous nous y associons pleinement."De son côté, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a jugé mercredi "inacceptable" qu'Israël poursuive les combats au Liban après la trêve conclue entre les Etats-Unis et l'
Iran. Le ministre allemand des Affaires étrangères a également appelé "lors d'un entretien [téléphonique] avec son homologue israélien qu'Israël se limite à la légitime défense nécessaire contre le
Hezbollah et n'aille pas au-delà", a précisé son porte-parole lors d'un point presse. Détroit d'Ormuz : une réouverture au compte-gouttes Cécile Kohler et Jacques Paris : les premiers mots des ex-otages 100 frappes en 10 minutes : journée meurtrière au Liban La pétition contre la loi Yadan réunit 500 000 signatures EDF va donner 240 millions d’euros aux Français, mais lesquels ? Le retour en France de Cécile Kohler et Jacques Paris, ex-otages en
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