Le 9 avril 2026 à 17h13 Inflation, prix des carburants, détroit d’Ormuz... Le rédacteur en chef au service Économie répondait ce jeudi aux questions des internautes sur les conséquences économiques depuis le cessez-le-feu en
Iran. Passer la publicité Passer la publicité L’annonce in extremis d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’
Iran a d’abord fait retomber la pression sur les marchés de l’énergie, avec un baril repassé sous la barre symbolique des 100 dollars et la promesse de premiers reflux à la pompe pour les automobilistes français. Mais cette trêve de deux semaines ne dissipe ni les incertitudes géopolitiques au Moyen-Orient ni les fragilités de la conjoncture française, déjà ralentie par un mois de flambée des cours. Entre soulagement immédiat sur les prix des carburants et menace d’un nouveau choc,
Fabrice Nodé-Langlois, rédacteur en chef au service Économie répondait aux questions des internautes sur les conséquences économiques de la fin du blocage du détroit d’Ormuz. Où en est la situation depuis le déblocage du détroit d’Ormuz ? Passer la publicité «On estime qu’il y a quelque 800 cargos et pétroliers qui sont bloqués depuis plus d’un mois dans le
Golfe Persique», explique Fabrice Nodé‑Langlois, rédacteur en chef au service Économie du Figaro. «Environ 600 sont coincés dans le détroit d’Ormuz et ses abords, et d’autres sont encore plus loin, au fond du golfe. Il y en aurait quelque 200 qui attendent de pouvoir entrer pour soit charger du pétrole, du gaz et toutes les matières premières que l’on a évoquées, soit livrer des marchandises, le plus souvent fabriquées en
Asie, à destination des monarchies du Golfe», détaille‑t‑il. Les prix du carburant vont-ils baisser prochainement ? «C’est évidemment la préoccupation première de beaucoup de Français qui utilisent leur voiture pour aller au travail, pour travailler. Donc c’est tout à fait légitime», commence Fabrice Nodé‑Langlois. «On sait qu’on a, depuis des semaines, des prix à la pompe qui battent des records : le gazole est à plus de 2,20 €, on voit sur certaines autoroutes qu’il a pu atteindre 2,50 €, le sans plomb 95 largement au‑delà de 2 € également. Alors, en général, les mouvements à la hausse sont toujours plus rapides et toujours plus rapidement répercutés qu’à la baisse», prévient‑il. «
Sébastien Lecornu, le premier ministre, a demandé hier aux distributeurs de répercuter le plus vite possible les prix à la baisse. Maintenant, il y a des choses qui ne sont juste pas possibles. Les distributeurs n’ont pas le droit de vendre à perte : si je suis gérant d’une station‑service et que mon dernier camion m’a livré du sans plomb 95 à 2 €, il faut que j’écoule tous ces milliers de litres reçus à 2 €, plus une petite marge, parce qu’il faut quand même que je vive. Et vous savez que les marges à la distribution, que ce soit les supermarchés qui utilisent les carburants comme produit d’appel ou même Total, qui fait souvent figure d’ennemi préféré des Français, sont très faibles : c’est vraiment une poignée de centimes. Donc il faut écouler le pétrole acheté au plus haut. Le problème, c’est que les Français, dans l’ensemble, s’ils ont fait le plein, ils vont attendre : ils vont se dire “je sais que le pétrole devrait baisser, donc je ne vais pas me ruer à la pompe, je vais attendre que ça baisse”. Si on attend que ça baisse, les stations vont mettre plus de temps à écouler leurs carburants achetés au prix fort, et donc il va falloir un peu de temps pour que les baisses soient visibles.», conclut-il. Le plein d’essence sera-t-il moins cher après le cessez-le-feu en
Iran ? Les réponses de
Fabrice Nodé-Langlois à vos questions S'ABONNER Avec la flambée des prix du carburant, les voleurs lancent la ruée vers l’or noir RÉCIT - Les «siphonnages» sauvages de réservoirs se multiplient au préjudice des particuliers, des chauffeurs routiers et des agriculteurs. Les gendarmes ont renforcé les patrouilles. Bertille Bayart : « TotalEnergies est toujours le “salaud utile” » CHRONIQUE - Les plafonds de prix de la compagnie lui valent plus de succès auprès des clients que des politiques. «Nous sommes à l’agonie» : en colère contre le gazole trop cher, les pêcheurs corses bloquent les ports Les marins de l’île protestent contre le prix du litre de carburant pour leurs bateaux, habituellement plus chers de 40 centimes que sur le continent. Les passagers des ferries ne pouvaient embarquer mardi. Carburants : la contre-attaque du gouvernement pour prouver que l’État ne s’enrichit pas sur le dos des automobilistes DÉCRYPTAGE - Afin d’éteindre la polémique entretenue par une partie de l’opposition, le ministre des Comptes publics a donné une première estimation des recettes fiscales générées par la hausse des prix des carburants, mais aussi de ce que la crise coûte à l’État. Agriculture, transports, industrie… En pleine flambée des prix, les niches fiscales « carburants » dans le viseur DÉCRYPTAGE - Dans le cadre de la préparation du prochain budget, l’un des objectifs fixés est de réduire le coût des dépenses. «L’envie est présente mais la réalisation périlleuse» : face à la hausse du prix du carburant, le télétravail pourrait-il être la solution ? L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que passer de zéro à trois jours de télétravail par semaine permettrait de réduire la consommation de carburant d’un salarié de 20%. Mais cela ne correspond pas toujours aux attentes des actifs comme des dirigeants. Transporteurs routiers : les premières aides seront versées «dès la fin de la semaine prochaine», annonce Tabarot Une enveloppe de 50 millions d’euros est prévue en avril pour les entreprises du secteur en difficulté, équivalant à une remise de 20 centimes d’euros par litre de carburant. Guerre au Moyen-Orient : l’envolée des prix des carburants plus forte aux États-Unis que n’importe où ailleurs Selon une note de la banque UniCredit, les prix à la pompe ont augmenté de 25% aux États-Unis par rapport à fin février, contre 20% par exemple en Chine. En
France, la flambée est contenue à 15% pour le moment. L’éditorial d’Yves Thréard : «Carburant, le syndrome de la cagnotte» Dès qu’une crise se profile dans notre pays, comme d’habitude, c’est vers l’État que se tournent les regards. Gouvernement, distributeurs, pétroliers... À qui profite l’envolée des prix des carburants ? Les gains attendus par certains maillons de la chaîne relancent le débat sur la taxation des «surprofits», tandis que les consommateurs payent l’essentiel de la facture.