C'est pour l'Égypte un moyen de sécuriser ses approvisionnements en énergie... Le Caire vient de conclure un accord pour acheter tout le gaz qui sera produit dans l'immense gisement Aphrodite au large de Chypre. Ce n'est pour le moment qu'une déclaration d'intention, mais elle illustre la volonté de l'Égypte de répondre à des besoins de plus en plus importants. Publié le : 09/04/2026 - 20:37 3 min Temps de lecture Cette photo, diffusée par le Bureau de presse et d'information (PIO) du gouvernement chypriote, montre le président chypriote
Nikos Christodoulides et le président égyptien
Abdel Fattah al-Sissi assistant à la signature d'un accord-cadre pour le développement et l'exportation de gaz naturel provenant des gisements offshore chypriotes via l'infrastructure égyptienne de gaz naturel liquéfié (GNL), lors du salon de l'énergie EGYPES 2026 au Centre international des expositions du Caire, le 30 mars 2026. AFP - STAVROS IOANNIDES Découvert en 2011, le gisement Aphrodite n'est pour le moment qu'au stade de l'exploration, mais l'Égypte se positionne déjà. L'accord signé avec les entreprises qui exploitent le champ gazier doit permettre au Caire d'acheter toute la production future. Objectif : sécuriser de nouvelles sources de gaz.L'accord sur le gisement Aphrodite doit donc permettre au Caire de sécuriser son approvisionnement en gaz sur le long terme, tout en diversifiant ses sources. Le projet prévoit aussi la création d'une société dédiée au transport d'hydrocarbures jusqu'aux côtes égyptiennes.L'Égypte devra cependant attendre : la production sur le gisement ne devrait pas commencer avant 6 ans, en 2031.Les approvisionnements en gaz naturel de l'Égypte en provenance du
Qatar et d'Israël ont été fortement perturbés par la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l'
Iran, contraignant le gouvernement à imposer des mesures d'économie d'énergie, dont un couvre-feu à tous les commerces et une augmentation des prix des carburants.Le Premier ministre,
Moustafa Madbouly, avait annoncé fin mars que la facture énergétique mensuelle avait triplé, passant de 560 millions (environ 466 millions d'euros) à 1 650 millions de dollars (environ 1 483 millions d'euros).Le mois dernier, l'Égypte avait annoncé, avec la société
Apache Corporation, la découverte dans le désert d'un autre gisement de gaz, d'une capacité de production d'environ 735 000 mètres cubes par jour.Ces dernières années, l'Égypte a rencontré des difficultés d'approvisionnement énergétique, cherchant à la fois à satisfaire ses besoins nationaux et à se positionner comme un hub énergétique régional.En 2015, la découverte du gisement de Zohr au large des côtes, le plus grand gisement de gaz de Méditerranée contenant environ 850 milliards de mètres cubes, avait fait naître l'espoir d'assurer une autonomie énergétique et d'acquérir un rôle majeur d'exportateur de gaz.C'est dans ce contexte que l'Égypte et le géant italien de l'énergie Eni ont annoncé mardi 7 avril dernier la découverte d'un important gisement de gaz naturel au large des côtes égyptiennes en Méditerranée, alors que le pays peine à assurer son approvisionnement énergétique en raison de la guerre au Moyen-Orient. « Les premières estimations font état d'environ deux billions de pieds cubes de gaz », soit environ 57 milliards de mètres cubes, dans le champ pétrolier et gazier de Temsah, en Méditerranée orientale, a indiqué le groupe dans un communiqué. Le ministère égyptien du Pétrole a précisé que le gisement découvert comprenait également « 130 millions de barils de condensats de pétrole », un pétrole très léger.Cette découverte s'inscrit dans un ensemble de politiques menées pour « soutenir l'augmentation de la production et réduire la facture des importations », a affirmé le ministère. Il a précisé qu'un puits était en cours de préparation pour des essais, après lesquels d'autres puits seraient forés et une plateforme de production offshore construite.