Le 10 avril 2026 à 23h19 L’agence de notation maintient son Aa3, entretenant ainsi sa différence avec Standard & Poor’s et
Fitch qui ont déjà fait basculer le pays dans la catégorie inférieure. Passer la publicité Passer la publicité Moody’s continue de cultiver sa différence. L’agence américaine a décidé ce vendredi soir de maintenir la note de la dette souveraine française, qui a atteint 115,6 % du PIB en 2025, soit 3460 milliards d’euros. Celle-ci reste ainsi en Aa3 (« qualité haute »), perspective négative, s’évitant la rétrogradation en A1 (« qualité moyenne supérieure »). Moody’s souligne dans son communiqué notamment que «l’accord budgétaire trouvé entre la gauche modérée et le centre droit, au sein d’un Parlement français politiquement divisé, conforte notre évaluation de la solidité des institutions et de la gouvernance françaises», et elle observe que «le déficit budgétaire prévu pour 2026», à 5%, «est légèrement inférieur à (sa) précédente prévision de 5,2% du PIB cette année», «deux éléments positifs pour la solvabilité» de la
France, selon elle. Passer la publicité Les deux autres grandes agences américaines, Standard & Poor’s et
Fitch, ont pour leur part déjà dégradé la dette tricolore à l’automne dernier, en catégorie A+, l’équivalent du A1 de Moody’s. Réduction du déficit Ce faisant, Moody’s reste plus indulgente que S&P et
Fitch. Même si, sur le papier, l’agence ne manquait pas de raisons de sanctionner la
France, son choix de ne pas bouger ne surprend guère. En effet, l’
Insee a annoncé fin mars une amélioration sur le front du déficit. Alors que celui-ci était censé baisser à 5,4 % du PIB en 2025, il est finalement revenu à 5,1 %. Par conséquent, le gouvernement n’est plus qu’à 0,1 point de PIB de son objectif officiel de 5 % pour 2026. Une amélioration que l’agence prend ainsi le parti de saluer. L’incertitude géopolitique liée à la crise iranienne, qui a des répercussions directes sur les taux auxquels la
France emprunte sur les marchés, incite Moody’s à attendre pour y voir plus clair. Pour l’heure, la
France emprunte au taux de 3,6 % à dix ans, contre 3,2 % juste avant le déclenchement de la guerre. L’agence aura aussi à l’œil le résultat du comité d’alerte des finances publiques, le 21 avril, au cours duquel
Bercy dévoilera une éventuelle adaptation de ses prévisions macroéconomiques. Sans compter que ces acteurs économiques se sont fait une spécialité de ne pas se précipiter, laissant les marchés apprécier par eux-mêmes le niveau de risque associé aux obligations souveraines. Les agences arrivent après, entérinant un état de fait largement reconnu. Cancre de la zone euro Pour autant, la tendance de fond reste préoccupante. Malgré l’amélioration de son solde budgétaire, la
France est toujours le cancre de la zone euro, et il reste encore du chemin à parcourir avant de revenir sous les 3 % de déficit public prévus par les traités européens. La stabilisation de sa dette colossale dépend de cette bonne tenue des comptes publics. Or pour le moment, celle-ci continue d’augmenter. À court terme, elle devrait augmenter jusqu’à près de 118,3 % du PIB en 2026 et 119,8 % en 2027, selon les estimations de l’OFCE. Sans inflexion budgétaire nette, elle atteindrait même 125 % en 2029 et 130 % en 2030, estime la Cour des comptes. Quant à la charge de la dette, c’est-à-dire les intérêts payés, celle-ci devrait exploser en raison de la hausse des taux, pour atteindre 120 milliards d’euros en 2030, selon Rexecode. En maintenant la note de la
France, Moody’s entretient toutefois une incongruité. Tous les pays de la zone euro moins bien notés que la
France par l’agence ont eu, en 2024 et 2025, un moindre déficit public en pourcentage de PIB. Et, à part l’Italie et la Grèce, tous ont une dette inférieure. En outre, les taux d’intérêt à dix ans exigés par les investisseurs sur la dette du Portugal et de l’Espagne sont inférieurs à ceux demandés à la
France, alors que ces pays sont notés A3 par Moody’s, deux crans en dessous. Ce qui signifie qu’en l’absence de signaux rassurants, la note de la
France pourrait finalement être dégradée à l’automne prochain. Pétrole, gaz, or, taux d’intérêt... Les marchés s’emballent après l’annonce d’un cessez-le-feu en
Iran Les prix du pétrole et du gaz se détendent, après que les États-Unis et l’
Iran ont acté un cessez-le-feu de deux semaines en échange d’une réouverture du détroit d’Ormuz. Premières traversées du détroit d’Ormuz depuis l'accord de cessez-le-feu en
Iran Deux navires, l’un appartenant à un armateur grec, l’autre battant pavillon du Liberia, ont pu traverser le passage sans encombres ce mercredi matin, selon le site de suivi maritime MarineTraffic. Orly : des tirs de mortier perturbent l’atterrissage d’un avion d’EasyJet L’appareil, qui était sur le point d’atterrir, a dû remettre les gaz et faire un tour dans les airs avant de pouvoir se poser sans danger. Les mortiers ont été tirés pour célébrer un mariage. Dette : Moody’s va-t-elle finalement dégrader la note de la
France, sur fond de choc pétrolier et de taux élevés ? ANALYSE - Jusqu’à présent, l’agence de notation s’est démarquée de S&P et
Fitch en maintenant l’Hexagone un cran au-dessus. En cas de nouvelle dégradation de la note de la
France, quelles conséquences directes pour les Français ? DÉCRYPTAGE – Moody’s pourrait devenir vendredi la quatrième agence de notation à sanctionner l’instabilité politique française en un peu plus d’un mois. S&P,
Fitch, Moody’s... Comment les agences de notation évaluent la solidité des États ? DÉCRYPTAGE - Critiquées lors de crises successives pour leur aveuglement ou leur sévérité excessive, ces entreprises privées évaluent la capacité des États à faire face à leurs dettes selon un processus précis. Après S&P, la note de Moody’s : à Bruxelles, la réputation de la
France durablement ternie DÉCRYPTAGE - Alors que l’agence de notation américaine doit se prononcer vendredi soir sur le risque que présente la dette publique française, à la Commission et au Parlement européen, la confusion politique et le recul sur les retraites inquiètent. Dette : Moody’s va-t-elle à son tour dégrader la note de la
France ? ANALYSE - L’agence de notation doit communiquer ce vendredi son appréciation du risque souverain français. Avant elle,
Fitch et S&P ont déjà sanctionné le pays en pleine incertitude budgétaire. Pourquoi les agences de notation ne font plus trembler ni l’opinion ni les politiques DÉCRYPTAGE - Le 13 janvier 2012, Standard & Poor’s retirait à la
France son « triple A ». Un véritable coup de tonnerre à l’époque, qui tranche avec le peu d’inquiétude suscité aujourd’hui par la possibilité d’une dégradation en simple « A ». « Les taux des prêts aux ménages et aux entreprises risquent d’être supérieurs » : les banques françaises face à leur dégradation par Moody’s Sept établissements détenant beaucoup de dette française, dont BNP Paribas, Crédit mutuel et le Crédit agricole, font les frais de l’abaissement de la note de la
France. Après la dégradation de la
France par Moody’s, les marchés gardent leur sang-froid L’agence de notation a rejoint ses concurrentes en attribuant la note Aa3 avec un perspective stable sans grandes conséquences sur les marchés. Anne de Guigné : « Le cadeau de Moody’s à François Bayrou » CHRONIQUE - Il est urgent de réformer la sphère publique pour redresser les finances du pays. Moody’s devrait aider le premier ministre à convaincre les parlementaires de cette nécessité. S&P, Moody’s,
Fitch... Où la note de la
France se situe-t-elle par rapport aux autres pays ? INFOGRAPHIES - Après avoir abaissé par surprise la note française le mois dernier, S&P doit à nouveau donner son appréciation de la qualité de la dette tricolore ce vendredi soir. Paris glisse déjà dans la hiérarchie mondiale depuis plusieurs années.