Hier, samedi, a débuté une trêve dans les combats entre la Russie et l'
Ukraine. Un bref répit qui devait profiter aussi bien aux soldats retranchés dans leurs positions qu’aux civils, et durer jusqu’à ce dimanche soir. Mais dans la nuit et ce dimanche matin, les autorités ukrainiennes et russes dénoncent chacune des centaines de violations du cessez-le-feu notamment sur le front. Publié le : 12/04/2026 - 08:22Modifié le : 12/04/2026 - 09:58 4 min Temps de lecture
Ukraine: célébration de la Pâques orthodoxe à
Donetsk, territoire sous contrôle russe, le 12 avril 2026. REUTERS -
Alexander Ermochenko Dans un communiqué, l'état-major ukrainien affirme ce dimanche matin que les forces du
Kremlin ont violé à 2.299 reprises la trêve sur un front s'étendant sur plus de 1.200 km, rapporte l'Agence France presse. « À 7H00 le 12 avril (04H00 GMT, ndlr), 2.299 violations du cessez-le-feu ont été enregistrées, à savoir: 28 assauts ennemis, 479 bombardements d'artillerie, 747 frappes de drones d'attaque ("Lancet", "Molniya") et 1.045 frappes de drones FPV », a indiqué l'état-major ukrainien, dans un rapport publié sur Facebook. Néanmoins, il a affirmé qu'aucune « attaque de missile, de bombes aériennes guidées ou de drones de type Shahed » des forces russes n'avait eu lieu. Quelques minutes plus tard, dans un communiqué sur l'application MAX, le ministère russe de la Défense accuse à son tour les forces ukrainiennes d'avoir violé à 1.971 reprises le cessez-le-feu. Le ministère russe a affirmé que
Kiev avait fait feu à 258 reprises avec de l'artillerie ou des chars, a mené 1.329 frappes de drones FPV et largué à 375 reprises « divers types de munitions », notamment à l'aide de drones. Il accuse par ailleurs l'armée ukrainienne d'avoir lancé « trois attaques nocturnes » contre des positions russes et « quatre tentatives d'avancée » sur le front, assurant les avoir toutes fait échouer. Hier soir déjà, l'
Ukraine avait relevé plus de 460 violations du cessez-le-feu imputées aux troupes russes. Une trêve mirage pascal ? Comme les années précédentes, cette trêve n’aura été qu’un mirage. C’est ce que redoutaient déjà, samedi soir, les habitants de
Lviv, rencontrés aux abords des églises de la ville, par notre correspondant
Lucas Lazo. La toiture de l’église Saint André de
Lviv offre au regard un trou béant et noirci, c’est là qu’un drone russe a fini sa funeste course le 24 mars dernier. « Je ne croirais à aucune de leurs promesses, ni à aucune de leurs paroles, nous dit Oressa. La jeune femme, âgée d'une trentaine d'années, ne croit à aucune promesse de la Russie. Nous devons être encore plus prudents lorsqu’ils promettent quelque chose, parce que c’est justement à ce moment-là que nous risquons d’être les plus vulnérables. Il faut garder l’espoir que nous réglerons la situation nous-mêmes, avec nos forces armées. Je pense que c’est la seule manière possible de nous protéger. » Leurs paniers d’osiers sous le coude, remplis d’œufs délicatement décorés, la jeune femme et sa nièce sont venues recevoir les bénédictions du père Ostape. Lui pense surtout aux civils pris aux pièges des combats à l’Est du pays. « La guerre continue, et à cause de cette guerre, de nombreuses familles sont séparées. Mais j’ai surtout une profonde compassion pour les gens qui sont vraiment à l’Est, qui vivent en permanence dans cette angoisse. Nous prions pour eux… » Au respect de la trêve, il n’y croit pas. Pas plus qu’Irina qui évoque les années précédentes : « Tout le monde s’en souvient, tout le monde sait très bien ce qu’il en est, et cela ressemble surtout à un geste de plus — je ne sais pas — une simple mise en scène pour le monde entier… » 01:20 A
Lviv, les fidèles de croient pas à la réalité de la trêve décrétée pour la Pâques orthodoxe: un reportage de notre correspondant aussi à écouterLucas Lazo L’an dernier déjà, l’
Ukraine avait recensé plus de 3 000 violations du cessez-le-feu pascal. Le
Kremlin avait annoncé jeudi que cette trêve commencerait samedi à 16H00 (13H00 TU) et durerait jusqu'à la fin de la journée de dimanche, soit une période de 32 heures. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a ensuite accepté ce cessez-le-feu proposé par son homologue, Vladimir Poutine, tout en déclarant que
Kiev riposterait en cas de violation de la trêve. À lire aussiUkraine: une trêve précaire pour la Pâque orthodoxe, des centaines de violations rapportées par l'armée Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail