Le Belge, toujours bien classé mais jamais victorieux sur l'Enfer du Nord, a enfin pu lever les bras, dimanche, sur le vélodrome de
Roubaix, après des années de malchance.
Wout van Aert soulève le pavé de vainqueur de
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Roubaix, le 12 avril 2026. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP) Ses larmes de joie dans les bras de ses proches disent tout de son soulagement.
Wout van Aert, le coureur qui compte tant de succès mais aussi tant de places d'honneur à son palmarès, a enfin décroché la victoire sur
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Roubaix, qui se refusait à lui depuis des années. Touché par deux crevaisons, le Belge a encore joué de malchance, mais moins que ses concurrents directs,
Tadej Pogacar et
Mathieu van der Poel, qui ont perdu beaucoup de temps sur des problèmes similaires. Deuxième en 2022, troisième en 2023, et quatrième en 2025,
Wout van Aert en avait assez des places d'honneur sur l'Enfer du Nord. "J'ai arrêté d'y croire tellement de fois mais seulement pour me réveiller le lendemain avec l'envie de continuer à me battre. Et aujourd'hui, je suis enfin récompensé", a-t-il savouré à l'arrivée au vélodrome de
Roubaix. L'histoire avec la "Reine des Classiques" avait mal débuté pour le Belge, en 2018, sous les couleurs de l'équipe
Véranda Willems-Crelan, puisque son coéquipier
Michael Goolaerts avait succombé à la suite d'une chute sur un secteur pavé. "Perdre un coéquipier est cruel. Et à chaque fois que j'ai pris part à cette course, c'était mon but de gagner et de pointer mon doigt vers le ciel, pour Michael. Il est souvent dans mon esprit, mais particulièrement ici, et encore plus cette année, parce qu'on est de nouveau passé dans le secteur pavé où il a trouvé la mort. J'ai eu des frissons toute la semaine en y passant. J'aime penser qu'il m'a donné de l'énergie aujourd'hui" a-t-il confié, la gorge nouée par l'émotion, en conférence de presse à l'arrivée. Malgré ce supplément d'âme,
Wout van Aert n'était pas parvenu à s'imposer jusqu'alors sur les pavés du Nord. Malgré son gabarit taillé pour cette course, il avait joué de malchance en 2023 avec une crevaison dans le carrefour de l'Arbre, alors qu'il semblait parti pour disputer la victoire à
Mathieu van der Poel. En 2024, il n'avait même pas pu prendre le départ en raison d'une violente chute quelques jours plutôt sur A Travers la Flandre, qui l'avait laissé avec une épaule cassée, plusieurs côtes brisées et le sternum en morceaux. Et avant sa victoire dimanche à
Roubaix, il avait terminé dans le top 5 de chacun des neuf derniers Monuments qu'il avait disputés. Alors cette saison, avec une forme qui lui a permis de terminer 3e de Milan-San Remo, 2e d'A Travers la Flandre et 4e du Tour des Flandres, celui que L'Equipe qualifie de "maudit chéri des Flandres", avait des raisons d'y croire. Ses nombreux fans y croyaient aussi à Compiègne dimanche matin, en espérant le voir briser cette spirale sans victoire qui le rend attachant comme Raymond Poulidor. "Il nous a dit samedi qu'au sprint, avec les jambes qu'il avait, il pouvait gagner", a confié son patron chez Visma-Lease a bike, Richard Plugge, à l'arrivée, où le public était aussi acquis à sa cause. Tout ne s'est néanmoins pas passé idéalement pour le Belge, qui a perdu l'un de ses coéquipiers de luxe, Per Strand Hagenes, assez tôt, sur une crevaison. Lui aussi a crevé, mais à des endroits moins délicats que
Mathieu van der Poel ou
Tadej Pogacar, et a eu à dépenser un peu moins d'énergie pour revenir. "Tout ne s'est pas si bien aligné pour lui, il a aussi eu des efforts à faire. Mais il a su se servir de la rage qu'il avait en lui pour ensuite faire un sprint de folie. La victoire est méritée. Il a connu un long chemin de croix pour y arriver et ça rajoute un côté épique. C'était une anomalie qu'il n'ait qu'un Monument à son palmarès (Milan-San Remo 2020) tellement il a une belle régularité au très haut niveau depuis des années", juge Lilian Calmejane, consultant pour France Télévisions.
Wout van Aert courait après un deuxième Monument depuis six ans. "Il y a des années où je me sentais très bien aussi, mais les circonstances n'allaient pas dans mon sens. Cette fois-ci, c'est un grand soulagement. Gagner cette course était un grand rêve de Richard, notre patron, et j'ai bien compris que j'étais celui qui devait le réaliser, donc je me sens fier de concrétiser tout le travail de l'équipe. J'ai fait tellement de sacrifices pour gagner, ça signifie tout pour moi", peinait à réaliser le Belge devant les médias. À l'arrivée, même ses rivaux ne pouvaient que souligner la résilience du coureur de la Visma-Lease a bike. "Il a tellement travaillé pour obtenir cette victoire. Je voulais que Tadej gagne mais je suis content pour lui, il le mérite, c'est un gars bien et un grand coureur avec beaucoup de panache", s'inclinait Mauro Gianetti, manager général d'UAE Team Emirates XRG. "Il n'abandonne jamais et il peut être un héros pour beaucoup d'enfants avec la façon dont il court", a ajouté
Tadej Pogacar. Finalement, le Belge est celui qui a privé le champion du monde de grandes victoires prestigieuses, avec ce
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