Le 12 avril 2026 à 23h42
Peter Magyar, désormais vainqueur des élections législatives hongroises contre
Viktor Orbán, sort de l’isoloire le 12 avril 2026. Leonhard Foeger / REUTERS Le
Fidesz de
Viktor Orbán a été battu dans les urnes par le
Tisza dirigé par
Peter Magyar. Au pouvoir depuis 2010,
Viktor Orbán s’était imposé comme chef de file des adversaires des institutions européennes sur le continent. Passer la publicité Passer la publicité Une pluie de félicitations. Du côté des dirigeants européens, les applaudissements n’ont pas tardé à venir pour saluer la victoire de
Peter Magyar. L’opposant principal de
Viktor Orbán a remporté les législatives ce dimanche 12 avril sur une ligne libérale conservatrice classique, plutôt anti-immigration, mais pro-européenne et méfiante vis-à-vis de Moscou. Un soulagement pour les dirigeants européens proches de Bruxelles, qui voient partir
Viktor Orbán, le premier opposant aux institutions européennes du continent. «La
France salue une victoire de la participation démocratique, de l’attachement du peuple hongrois aux valeurs de l’Union européenne et pour la Hongrie en Europe», a déclaré
Emmanuel Macron sur le même réseau. «Ensemble, faisons avancer une Europe plus souveraine, pour la sécurité de notre continent, notre compétitivité et notre démocratie», a ajouté le président français. Passer la publicité «Un grand patriote» De son côté,
Jordan Bardella (RN) a rendu hommage à Orban, un «grand patriote» et dit espérer que
Peter Magyar gouvernera «dans l’intérêt exclusif de son pays». Le président du RN
Jordan Bardella a rendu hommage dimanche à Viktor Orban après sa défaite aux élections législatives en Hongrie, estimant que la victoire de
Peter Magyar démontre «que les accusations incessantes des institutions européennes ces dernières années contre la démocratie hongroise étaient infondées». «Viktor Orban est un grand patriote, qui aura achevé durant son mandat le rattrapage économique de la Hongrie, promu des politiques familiales qui ont permis de protéger la natalité, et défendu les frontières de son pays et de l’Europe face aux flux migratoires. Espérons de son successeur qu’il gouverne dans l’intérêt exclusif de son pays et de son peuple», a écrit sur X
Jordan Bardella.
Marine Le Pen s’était rendue à
Budapest fin mars pour apporter son soutien à son allié. «Un moment historique» «Je me réjouis de travailler avec vous», a écrit le chancelier allemand
Friedrich Merz sur la plateforme X, ajoutant: «Unissons nos forces pour une Europe forte, sûre et surtout unie». «La Hongrie a choisi l’Europe», s’est réjouie dimanche la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. «Ce soir, le cœur de l’Europe bat un peu plus vite en Hongrie», a estimé la dirigeante de l’exécutif européen après la défaite du premier ministre sortant
Viktor Orbán, estimant que par ce vote, «un pays a repris son chemin européen». «Félicitations à
Peter Magyar et au parti
Tisza pour leur victoire éclatante (...). Nous sommes prêts pour des rencontres et un travail constructif conjoint dans l’intérêt des deux nations, ainsi que pour la paix, la sécurité et la stabilité en Europe», a écrit Volodymyr Zelensky. «C’est un moment historique, non seulement pour la Hongrie, mais aussi pour la démocratie européenne. Je me réjouis à l’idée de travailler avec vous pour la sécurité et la prospérité de nos deux pays», a ajouté le premier ministre britannique Keir Starmer sur les réseaux sociaux. «Les Russes, rentrez chez vous !» «Aujourd’hui, c’est l’Europe et les valeurs européennes qui l’emportent. Félicitations à tous les citoyens hongrois pour ces élections historiques», a écrit son homologue espagnol, le premier ministre Sánchez sur son compte X, où il a exprimé son souhait de travailler avec
Peter Magyar «pour un avenir meilleur pour tous les Européens». «Je remercie mon ami
Viktor Orbán pour l’intense collaboration de ces dernières années et je sais qu’il continuera à servir sa nation, également depuis l’opposition», a déclaré la dirigeante italienne Giorgia Meloni dans un communiqué. «L’Italie et la Hongrie sont des nations unies par un profond lien d’amitié, et je suis certaine que nous continuerons à collaborer de manière constructive dans l’intérêt de nos peuples et à relever les défis communs aux niveaux européen et international», a-t-elle ajouté. Passer la publicité «Hongrie, Pologne, Europe à nouveau réunies! Victoire glorieuse, chers amis!», a écrit le premier ministre polonais Tusk sur les réseaux sociaux anglais, ajoutant en hongrois: «Ruszkik haza! (Les Russes rentrez chez vous!)». Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, s’est également exprimé sur X pour féliciter
Peter Magyar et a souligné que les Hongrois avaient «choisi le changement politique». «J’espère que le pays saura désormais, à nouveau, exploiter pleinement ses grandes opportunités en Europe et avec l’Europe», a déclaré Johann Wadephul. «Le cœur de l’Europe bat plus vite en Hongrie»: les félicitations se multiplient après la victoire de
Peter Magyar S'ABONNER Immigration, natalité : comment la Hongrie de
Viktor Orbán a servi de laboratoire aux populistes européens REPORTAGE - La politique conservatrice, profamille et anti-immigration du premier ministre hongrois est devenue une référence pour les partis populistes européens. Mais l’usure du pouvoir et les accusations de corruption le fragilisent dangereusement. Instituts pro-Orban, indépendants ou proches de l’opposition... Avant les législatives en Hongrie, que disent les sondages ? DÉCRYPTAGE - Dans un pays aux sondages souvent politisés, certains instituts donnent
Peter Magyar largement en tête, quand d’autres voient Orban vainqueur. Ces enquêtes d’opinion ne sont pas pour autant dépourvues d’enseignements. En Hongrie, Viktor Orban tente d’inverser une vague « dégagiste » DÉCRYPTAGE - Son parti national-conservateur, le
Fidesz, mise sur les ressources de l’État ainsi que sur la mobilisation d’électeurs défavorisés pour rattraper son retard face au centriste Péter Magyar. En Hongrie, l’opposant Péter Magyar est l’adversaire que le pouvoir n’avait pas vu venir DÉCRYPTAGE - Le quadragénaire, avocat et haut fonctionnaire, qui fut auparavant au service du
Fidesz, a remporté dimanche les législatives, mettant un terme au mandat de
Viktor Orbán, au pouvoir depuis seize ans. Élections en Hongrie : le sulfureux destin de
Viktor Orbán, de l’«illibéralisme» au «capitalisme des copains» PORTRAIT - Après seize années au pouvoir, le premier ministre hongrois, qui avait promis de défendre l’intérêt national mais se pose en vassal de Moscou et trempe dans de vertigineux scandales financiers, risque d’être évincé lors des législatives ce dimanche. Rod Dreher : «Le principal problème pour
Viktor Orbán, c’est que son opposant
Peter Magyar n’est pas de gauche» ENTRETIEN - L’intellectuel conservateur américain livre une analyse clairvoyante des 16 ans de pouvoir de
Viktor Orbán. Distancé dans les sondages, le premier ministre hongrois est confronté à l’usure du pouvoir, face à un opposant qui suscite de l’engouement à droite, y compris parmi ses fidèles. À Bruxelles, l’impasse face à la méthode Orban, ou l’art du blocage permanent DÉCRYPTAGE - Au bout de seize ans de veto, chantages et d’alignement sur le Kremlin, l’Union européenne en est réduite à tout miser sur une défaite du premier ministre hongrois lors des élections législatives de ce dimanche. «Nous voulons votre victoire et nous nous battons ici avec vous»: JD Vance à
Budapest pour sauver Viktor Orban RÉCIT - À la veille des élections, le vice-président américain est venu apporter son soutien au premier ministre hongrois, à la peine dans les sondages. «La Hongrie est devenue le pays le plus pauvre de l’UE» : la hausse du coût de la vie, talon d’Achille de Viktor Orban Les Hongrois ont profité d’importantes hausses de salaires sur la dernière décennie, mais une part importante a été mangée par l’inflation, point faible de Viktor Orban, qui aborde les élections législatives dimanche sur la défensive. La Hongrie assume ouvertement d’être les yeux et les oreilles de Moscou à Bruxelles Le ministre des affaires étrangères de
Viktor Orbán ne cache pas avoir régulièrement échangé avec son homologue russe sur des affaires sensibles discutées lors de réunions au plus haut niveau entre membres de l’Union européenne.