Le 13 avril 2026 à 07h52 Le ministre de la Justice,
Gérald Darmanin. François BOUCHON / LE FIGARO Le
Conseil national des barreaux a appelé à un «grand rassemblement» lundi aux abords du
Palais du Luxembourg, critiquant une réforme qui se fera «au détriment des droits de la défense et des victimes». Passer la publicité Passer la publicité La réforme de la justice criminelle portée par
Gérald Darmanin arrive lundi soir dans l'hémicycle du
Sénat sur fond de forte mobilisation des avocats, vent debout contre l'instauration d'une nouvelle procédure de «plaider-coupable », censée raccourcir les délais de jugement. Les sénateurs devraient débuter l'examen de ce projet de loi du gouvernement en fin de soirée et le poursuivront mardi voire mercredi. Le discours du ministre de la Justice, qui lancera les débats parlementaires, sera particulièrement attendu dans un contexte de défiance, même si l'adoption du texte au
Sénat ne fait guère de doute. Passer la publicité Le
Conseil national des barreaux, qui regroupe les 164 barreaux français, a appelé à un «grand rassemblement» lundi aux abords du
Palais du Luxembourg, critiquant une réforme qui se fera «au détriment des droits de la défense et des victimes». De nombreuses manifestations et actions se sont déjà multipliées dans toute la
France ces derniers jours, comme à
Nantes,
Rennes ou
Béziers. Sous pression, le garde des Sceaux continue de défendre sa réforme, assurant «chercher le consensus le plus large possible» autour d'un dispositif susceptible selon lui de désengorger les cours criminelles. Peines encourues inférieures d’un tiers Non moins de 6000 dossiers criminels sont en attente de jugement dans les juridictions françaises, une embolie croissante qui fait planer des risques de libération de personnes avant qu'elles ne soient jugées. D'où cette proposition de «procédure de jugement des crimes reconnus», déjà existante en matière délictuelle. C'est la mesure phare du texte : en échange d'une reconnaissance intégrale des faits par l'accusé - le «plaider-coupable» -, une peine lui est proposée par le parquet lors d'un entretien préalable. S'il l'accepte, le temps entre la fin de l'instruction et le procès pourra être raccourci, tout comme l'audience, elle-même réduite à une demi-journée, sans témoins ni experts appelés à la barre. Les peines encourues seraient inférieures d'un tiers. «Célérité» ou «sévérité» ? «Il faut sans doute préférer la célérité à la sévérité», «avec des peines sûres» le plus rapidement possible, plutôt que des sanctions fortes «mais lointaines», assure
Gérald Darmanin. Selon les estimations de la Chancellerie, cette procédure de «plaider-coupable», activée uniquement avec l'accord du parquet et de la victime, pourrait concerner 10 à 15% des dossiers criminels. Si les avocats semblent massivement opposés, les magistrats sont beaucoup plus partagés. Le plus haut procureur de
France, Rémy Heitz, a exprimé son soutien au plaider-coupable criminel. Même si son combat premier consiste à demander plus de moyens, le principal syndicat, l'Union syndicale des magistrats (USM), n'y est pas opposé : «On ne peut pas, vu l'urgence qui est la nôtre, se contenter de dire qu'il faut des moyens», déclare à l'AFP son président Ludovic Friat. Le Syndicat de la magistrature, classé à gauche, est en revanche vent debout contre le dispositif, qu'il qualifie de «négociation de couloir expéditive et privée d'une réflexion collective». Passer la publicité Garanties supplémentaires Les mêmes craintes sont exprimées au
Sénat par la gauche, minoritaire dans l'hémicycle. «Cela mettra à bas tout l'édifice de la justice criminelle. Nous ne sommes pas aux États-Unis, rendre la justice dans un bureau et en secret n'est pas notre conception de la justice», s'alarme la socialiste Marie-Pierre de La Gontrie. La droite et les centristes, qui dominent majoritairement le
Sénat, s'accordent également pour dire que le dispositif ne constituera aucunement une solution miracle face au manque de moyens de la justice. Mais ils la jugent intéressante, notamment dans certains cas précis comme des viols incestueux, dossiers dans lesquels la victime peut avoir intérêt à éviter une longue procédure une fois les aveux obtenus. En commission des Lois, les sénateurs ont d'ailleurs circonscrit cette procédure, excluant certains crimes sexuels de son champ (viol sur mineur, viol aggravé...), en plus de certains crimes graves déjà écartés (terrorisme, criminalité organisée...). Ils ont aussi prévu une consultation préalable de la victime présumée par le parquet, pour l'informer des peines envisagées. «Ces garanties supplémentaires permettent une procédure négociée qui renforce très nettement les droits des victimes», appuie le rapporteur LR David Margueritte, estimant avoir abouti à une rédaction «d'équilibre» susceptible de rassurer les opposants à la réforme. La rédaction vous conseille Nouveau statut du repenti : comment
Gérald Darmanin veut frapper de l’intérieur la criminalité organisée
Gérald Darmanin plaide pour «un seul candidat de la droite et du centre, et peut-être même de la gauche républicaine» afin de «gagner la présidentielle» «Plaider-coupable» : la réforme de
Gérald Darmanin arrive au
Sénat ce lundi sur fond de contestation des avocats S'ABONNER Plaider-coupable : le bras de fer se poursuit entre les avocats et
Gérald Darmanin DÉCRYPTAGE - Malgré un courrier du garde des Sceaux ce lundi pour tenter une concertation, la profession estime que la proximité de l’examen de la loi au
Sénat, le 13 avril, la rend impossible. « C’est un bras de fer qui commence » :
Gérald Darmanin confronté à la puissance de feu des avocats, en colère et en grève DÉCRYPTAGE - La profession se mobilise contre le projet de loi porté par le garde des Sceaux, qui tente d’accélérer la justice criminelle pour réduire un stock de 6000 affaires. Impatients mais prudents, les aspirants présidents du bloc central se jaugent avant de s’élancer vers 2027 DÉCRYPTAGE - Édouard Philippe et Gabriel Attal échangent régulièrement, bien qu’il tarde aux deux anciens premiers ministres de partir en campagne pour l’Élysée. Détention provisoire, procédure de jugement... Procureurs et avocats s’affrontent autour de la loi criminelle de
Gérald Darmanin DÉCRYPTAGE - Le ministre de la Justice peut compter sur les procureurs pour soutenir aujourd’hui sa réforme de la justice criminelle, tandis que les avocats n’entendent pas céder sur leurs principes. Liaisons dangereuses avec la DZ Mafia : quand le parfum du soupçon plane sur les avocats des caïds incarcérés ENQUÊTE - Plusieurs d’entre eux sont suspectés d’avoir aidé leurs clients narcotrafiquants à poursuivre leurs activités illicites derrière les barreaux. Électrisé après le choc du lynchage de Quentin, l’exécutif obligé d’accélérer sur le front des mouvances «ultra» RÉCIT - Alors qu’une réunion s’est tenue lundi à l’Élysée, quatre structures vont faire l’objet d’une procédure de dissolution. Des émanations de la Jeune Garde, impliquée dans le meurtre du jeune nationaliste, sont dans le viseur. Il «manque manifestement de courage» : le cofondateur du logiciel VLC menace de quitter la
France à cause de
Gérald Darmanin Jean-Baptiste Kempf a pris à partie le garde des Sceaux dans un long message publié sur LinkedIn, après que son épouse s’est vue refuser son inscription au concours de la magistrature. S’en est suivie une passe d’armes entre les deux hommes dans les commentaires du post. Mort de Quentin :
Gérald Darmanin impute ce « drame ignoble » à « l’ultragauche » Invité ce dimanche du « Grand Jury RTL-Le Figaro-M6-Public
Sénat », le ministre de la Justice a dénoncé la « complaisance » de La
France insoumise pour la « violence politique ». Présidentielle 2027 : la candidature de Bruno Retailleau lance la bataille de la présidentielle à droite et au centre DÉCRYPTAGE - Alors que les candidats potentiels sont nombreux dans son camp, le patron de LR, engagé « par devoir » dans la course élyséenne, reste serein face à l’éventualité d’une primaire.
Gérald Darmanin relance son idée d’une primaire de la droite et du centre Le garde des Sceaux veut forcer les différents candidats à être départagés par une primaire ouverte. À laquelle il participerait certainement, alors qu’Édouard Philippe et Bruno Retailleau sont officiellement lancés dans la course à l’Élysée.