L'ex-PDG du géant français du ciment, Bruno Lafont, 69 ans, a dormi derrière les barreaux lundi soir. Il a été condamné à six ans de prison par le tribunal correctionnel de Paris pour financement du terrorisme en Syrie en 2013-2014, une décision dont il va faire appel. Publié le 14/04/2026 07:01 Mis à jour le 14/04/2026 08:50 L'ancien dirigeant du cimentier Lafarge, Bruno Lafont, au tribunal correctionnel de Paris, avec son avocate, Jacqueline Laffont (au premier plan), le 13 avril 2026. (BEHROUZ MEHRI / AFP) Un ex-patron du CAC qui vient de dormir en prison. Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, lundi 13 avril, à six ans de prison avec incarcération immédiate l'ex-PDG de Lafarge Bruno Lafont, reconnu coupable avec le cimentier et sept ex-responsables de financement du terrorisme en Syrie en 2013-2014. Dans un délibéré cinglant de quatre heures, le tribunal correctionnel a reproché à l'entreprise d'avoir versé plusieurs millions d'euros à des groupes jihadistes, dont l'organisation Etat islamique, afin qu'ils permettent à une usine de fonctionner en pleine guerre civile. Plusieurs responsables du groupe ont écopé de peines de prison ferme. Bruno Lafont, ancien PDG de Lafarge, a été condamné à six ans d'emprisonnement avec mandat de dépôt et à une amende de 225 000 euros. Il a annoncé qu'il ferait appel de cette décision.Sur franceinfo, mardi matin, Jacqueline Laffont, avocate de Bruno Lafont, a dénoncé une "décision ni juste ni raisonnable" et "la mise en prison d'un homme de manière brutale", alors que l'ex-PDG du groupe Lafarge a passé sa première nuit en prison. Incarcérer Bruno Lafont est une décision "brutale" et "violente", a pointé l’avocate. "Ce ne sera ni la première ni la dernière fois qu’une décision des premiers juges sera annulée par les juges de la cour d’appel", a-t-elle assuré, rappelant que son client "clame son innocence depuis le premier jour, reste présumé innocent". "C’est un jugement sans preuves, sans démonstration. Le tribunal présume de la culpabilité de Bruno Lafont, de la connaissance de Bruno Lafont des paiements litigieux qui ont eu lieu au sein de l’entreprise Lafarge, parce qu’il en était le président."Jacqueline Laffont, avocate de Bruno Lafontsur franceinfoLa société, désormais intégrée au groupe suisse Holcim, a versé près de 5,6 millions d’euros à trois organisations jihadistes, dont le groupe État islamique. Selon le jugement du tribunal correctionnel, ces paiements ont contribué à financer leurs activités et auraient permis de préparer des attentats terroristes, notamment ceux de janvier 2015 en France. "Ce jugement est une longue succession de jugements de valeurs, d’affirmations péremptoires, sans démonstration, sans preuves", a poursuivi l’avocate. Elle dit ne pas comprendre cette décision, surtout que le mandat de dépôt n'avait pas été requis. "Pour une raison simple, c'est qu'il est insensé, il n'a pas de sens, il n'a pas de justification", selon Jacqueline Laffont. Lors du procès, celui qui avait dirigé le cimentier entre 2007 et 2015 a répété avoir "dit la vérité" et être "innocent". "Si j'avais été informé plus tôt (...), j'aurais décidé de fermer l'usine plus tôt et j'aurais pu épargner toutes ces souffrances", a assuré Bruno Lafont. La justice française considère au contraire qu'il a été l'"artisan" du système de paiements aux groupes jihadistes, "étant au sommet de la chaîne hiérarchique", et qu'il avait décidé de maintenir l'activité de l'usine en Syrie, faisant un "choix purement économique". Le tribunal a fustigé la "mauvaise foi" et la "lâcheté" de l'ex-patron, le condamnant à six ans d'emprisonnement avec incarcération immédiate, et 225 000 euros d'amende. Patrick Bruel : elle l'accuse d'agression sexuelle Billets, retards : ce qui pourrait changer pour vous "Un public minable, indigne"... La colère de la présidente de Basket Landes "C'est son droit !" : le porte-parole du RN Laurent Jacobelli n'est pas inquiet de l'influence de Vincent Bolloré dans le monde culturel Hollie Davidson, première arbitre féminine à officier dans un match du Top 14 Très controversée, la loi Yadan sur l'antisémitisme va être débattue à l'Assemblée nationale Mythos, l’IA qui inquiète les géants de la finance américaine Jordan Bardella "assume" les photos de Paris Match Un maire et trois personnes en garde à vue, impliqués dans la mort d’une habitante Aux États-Unis, le proviseur d'un lycée neutralise un ex-élève Crans-Montana : les comptes des Moretti dans le viseur Le Fort Boyard retenu dans la nouvelle liste du Loto du patrimoine Cancer du pancréas : un nouvel espoir pour les malades ? Blocus d'Ormuz : des navires ont tenté de passer le détroit "Une sorte de fierté nationale", commente le PDG d'Intermarché quelques mois après le succès de la publicité du "loup" Inquiétude pour l'international français Hugo Ekitike