Le 14 avril 2026 à 13h14 Le média de gauche a choisi d’illustrer son numéro par l’image d’un colon israélien photographiant une Palestinienne, visiblement mal à l’aise. Passer la publicité Passer la publicité «Un journalisme responsable doit être équilibré et juste.» Lorsqu’il est tombé sur la nouvelle Une de l’hebdomadaire de gauche L’Espresso, l’ambassadeur d’Israël en Italie a vu rouge et s’est empressé de dénoncer une manipulation sur son compte X. Cette édition, parue le 10 avril, est illustrée par une image étonnante : celle d’un soldat israélien tout sourire photographiant une Palestinienne, au regard fuyant, visiblement gênée. Ce cliché s’accompagne d’un titre sans équivoque «L’abus», ayant vocation à dénoncer les excès de la politique d’expansion israélienne au Moyen-Orient. Et l’indécence des colons vis-à-vis du peuple palestinien, dans un contexte d’expansion territoriale d’Israël en
Cisjordanie. Passer la publicité Dans un long sous titre, le magazine résume les sujets abordés dans ce numéro : «L’annexion de la
Cisjordanie avec les soldats complices des colons. Gaza anéantie. L’avancée au
Liban. La frontière violée en
Syrie. La guerre contre l’
Iran. Nettoyage ethnique et massacres. Ainsi, la droite sioniste donne forme au Grand Israël.» Le journal propose donc une charge claire contre Israël et sa politique territoriale. Selon l’ambassadeur d’Israël en Italie,
Jonathan Peled, «l’image déforme la réalité complexe avec laquelle Israël doit coexister, en promouvant des stéréotypes et la haine». «Nous condamnons fermement l’usage manipulateur de cette récente couverture», ajoute-t-il, s’exprimant au nom des autorités israéliennes. Sous cette publication, un journaliste israélien a émis un doute sur la réalité de la photo : «Cette photo n’est pas réelle ? C’est de l’IA ?». «Difficile à prouver», a répondu l’ambassadeur. Quelques personnalités juives se sont également émues du caractère, selon elles, caricatural de cette photo. Pour le rabbin Poupko, qui réside en
Amérique du Nord, l’instrumentalisation de cette image est «une déshumanisation classique à la façon nazie». Le cliché en lui-même est pourtant bien réel. Il a été pris par le photographe italien
Pietro Masturzo, connu pour documenter la vie des colonies israéliennes de
Cisjordanie. Sur son compte Instagram, il a remercié l’hebdomadaire L’Espresso d’avoir «le courage» de «publier ce devant quoi trop de médias et de politiciens gardent les yeux fermés». «Empêché les Palestiniens de récolter leurs propres olives» Face aux critiques ciblant cette couverture, la rédaction de L’Espresso et le photographe ont publié une vidéo de l’altercation entre le soldat israélien et cette femme Palestinienne. On voit cette femme faire signe à des soldats israéliens de partir. D’après
Pietro Masturzo, qui a tenu à préciser le contexte, la scène se déroulait lors du premier jour de récolte des olives. «Un groupe de colons israéliens armés, dont certains portaient l’uniforme de l’armée israélienne, accompagné de vrais militaires, est arrivé, explique-t-il. Ils ont empêché les Palestiniens de récolter leurs propres olives.» Passer la publicité Le photographe décrit ensuite l’échange tendu entre les protagonistes. Selon lui, le colon photographié aurait «imité le cri que fait le berger pour rassembler son troupeau, en s’adressant aux Palestiniens comme à ses propres bêtes». L’expression de l’homme serait donc la conséquence de ce geste. L’Espresso, journal d’investigation implanté en Italie depuis soixante-dix ans, prend à son compte cette interprétation. Le média est connu pour ses positionnements idéologiques de gauche et s’est spécialisé dans la dénonciation de scandales politiques et économiques. La rédaction vous conseille EN DIRECT - Guerre en
Iran : le président iranien dénonce auprès d’Emmanuel Macron «le manque de bonne volonté et les positions maximalistes des États-Unis» «La guerre continue» : dans le sud du
Liban, Benyamin Netanyahou affirme qu’Israël a «contrecarré la menace d’une invasion» En Italie, la Une du journal l’Espresso provoque la colère de l’ambassadeur d’Israël S'ABONNER Avant sa négociation historique avec le
Liban, Israël entend continuer la guerre DÉCRYPTAGE – Tout en acceptant d’ouvrir des pourparlers inédits avec Beyrouth - les premiers depuis 1983 - l’État hébreu maintient son objectif d’éradiquer le Hezbollah. Dans l’attente des négociations, Israël continue de bombarder le
Liban DÉCRYPTAGE - Sous pression de Washington, Netanyahou accepte de négocier avec le gouvernement libanais tout en poursuivant une guerre devenue essentielle à sa survie politique. Négociations avec Israël : l’inconfortable position du gouvernement libanais DÉCRYPTAGE - Alors que les frappes de Tsahal se poursuivent, les autorités de Beyrouth vont devoir défendre au mieux les intérêts de leur pays sans pour autant conforter l’emprise iranienne. Guerre en
Iran : grâce à sa souveraineté énergétique, Israël « absorbe le choc » DÉCRYPTAGE - Porté par une quasi-indépendance, l’État hébreu montre que la maîtrise de l’énergie permet de soutenir un conflit sans contrainte économique majeure. Près de 70 % de son électricité est produite à partir de gaz domestique. En Israël, près de la moitié de la population considère ne pas avoir gagné la guerre contre l’
Iran Selon un sondage publié jeudi, 63 % des Israéliens se disent insatisfaits des résultats de la guerre et 77 % souhaitent continuer celle contre le Hezbollah. Guerre au Moyen-Orient : le maréchal Asim Munir, coqueluche de Donald Trump et cheville ouvrière des négociations au Pakistan Le chef de l’armée pakistanaise a contribué à convaincre l’
Iran et les États-Unis de conclure un cessez-le-feu après des semaines de médiation. «L’ampleur des massacres et des destructions est effroyable» : sous le déluge des bombes israéliennes, le
Liban s’accroche à l’espoir d’une trêve RÉCIT - Après avoir infligé au pays du Cèdre les frappes les plus meurtrières depuis la reprise de sa guerre contre le Hezbollah, au risque de remettre en cause le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’
Iran, Israël a annoncé, jeudi, vouloir négocier avec Beyrouth. L’éditorial de Philippe Gélie : «Libérer le
Liban» On peut s’interroger sur l’efficacité, l’ampleur et les conséquences de la réponse menée par l’armée israélienne au
Liban. Tsahal ne peut plus s’imaginer régler le problème par la seule force des armes. « Nous ne sommes pas allés assez loin » : à Haïfa, les Israéliens veulent continuer la guerre contre le Hezbollah REPORTAGE - Dans les marchés, sur la plage ou face aux immeubles détruits, les habitants de Haïfa expriment une même inquiétude : celle d’une guerre arrêtée trop tôt. En Israël, 77% de la population souhaite que la guerre contre le Hezbollah continue. CHRONIQUE - Avec Aimer Jérusalem (Gallimard), Nathan Devers livre le texte le plus profond sur le traumatisme du 7 Octobre. Entre récit intime, réflexion philosophique et méditation biblique, il explore la difficulté de penser en temps de guerre et pose à Israël cette question décisive : comment survivre sans se perdre ?