Le parquet a requis la réclusion criminelle à perpétuité à l'encontre de
Lucas Larivée, ce samedi 21 mars, au 6e jour du procès du Corrézien de 24 ans, se basant sur la personnalité "psychopatique" de l'accusé, ses dénégations malgré les preuves et la cruauté des actes qui lui sont reprochés. Il comparaît depuis lundi devant la cour d'assises de la
Corrèze pour le viol et le meurtre de
Justine Vayrac, en octobre 2022. De la vie quotidienne aux grands enjeux, recevez tous les jours les sujets qui font la société locale, comme la justice, l’éducation, la santé et la famille.
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France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "La Quotidienne Société". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité Au terme d'un réquisitoire de près de deux heures, l'avocate générale Émilie Abrantes a requis la réclusion criminelle à perpétuité contre
Lucas Larivée. Le jeune homme, de 24 ans aujourd'hui, comparaît depuis six jours devant la cour d'assises de la
Corrèze pour le meurtre et le viol de
Justine Vayrac dans la nuit du 22 au 23 octobre 2022."
Justine Vayrac a subi un supplice. Les mots ont un sens. Elle n'a eu aucune échappatoire. Cette sanction devra le rappeler à
Lucas Larivée et à notre société", a lancé Émilie Abrantes. "Au regard de l'exceptionnelle gravité des faits qui lui sont reprochés, au regard de l'absence d'empathie, de son extrême dangerosité", cette dernière a demandé à la cour de prononcer une peine de sûreté de 22 ans."J'ai parfaitement conscience que la peine requise est très lourde, que la responsabilité que vous porterez le sera tout autant", conclut la magistrate du parquet, face à un accusé qui est resté la tête baissée et le dos voûté pendant les 2h30 qu'ont duré les réquisitions. La peine qui vient d'être requise, l'une des plus sévères que la justice française peut prononcer, ne l'a pas fait bouger d'un iota. C'est à
Lucas Larivée que le ministère public décide de réserver ses derniers mots. Interpellé, l'accusé lève enfin ses yeux bleus vers elle. "
Victor Hugo a pu dire que la dignité de l'homme réside en sa conscience, cite Émilie Abrantes. Vous avez assisté à l'incarnation la plus aboutie de la dignité humaine, en la famille de la victime. Pour votre part, vous avez choisi de rester prisonnier de vos mensonges. Je fais le vœu pieux que vous puissiez prendre exemple sur cette dignité sur le chemin de votre amendement qui semble encore long."Dans ses réquisitions, l'avocate générale a résumé la stratégie de
Lucas Larivée par l'expression anglo-saxonne "Fake it until you make it" (« Fais semblant jusqu’à ce que ça fonctionne »). "Confronté à cette répétition, on finit par valider ce qui était objectivement incorrect. Voilà ce qu'on attend de vous, de l'autre côté de la barre, et je trouvais nécessaire de vous l'expliquer. (…) Ce n'est pas parce qu'on vous répétera 50 fois une contre-vérité qu'elle deviendra une vérité." Derrière la vitre du box, Lucas Larrivé a la tête baissée, presque au niveau de ses genoux. Pour Émilie Abrantes, rien ne colle dans le récit de l'accusé dans la nuit du 23 octobre 2022 qui est fatale à
Justine Vayrac. "Il va rentrer à son domicile, faire le lit, lui proposer un verre d'eau, fumer une cigarette, la caresser, faire des préliminaires, changer trois fois de positions sexuelles, la stranguler, lui porter un coup de poing, nettoyer sa chambre et il va jusqu'à fumer une cigarette, le tout en 27 minutes. Eh bien je l'affirme, c'est tout simplement, absolument, impossible", assène la magistrate.Émilie Abrantes énumère toutes les contradictions du récit de
Lucas Larivée avec les observations des experts : les projections de sang qui correspondent non pas à un unique coup de poing mais à plusieurs, les blessures sur le visage de la victime réalisées dans la chambre alors que
Lucas Larivée les attribue à la manipulation du corps avec le godet.Quant à la ficelle nouée autour du cou de
Justine Vayrac "de son vivant", selon les expertises, et considérée comme l'arme du crime, "la thèse soutenue [par la défense, ndlr], ce serait par un mécanisme d'enroulement, qu'elle se serait retrouvée autour du cou de
Justine Vayrac. Cette thèse, je la trouve fantaisiste et contredite par la science."Les légistes ont déclaré que la ficelle était tellement serrée qu'elle ne pouvait ni passer par le bas ni le haut du corps.Émilie AbrantesAvocate générale au procès du meurtre de
Justine Vayrac"Le fait que l'ADN de
Lucas Larivée n'ait pas été retrouvé sur la ficelle [ce qu'a fréquemment relevé la défense, ndlr], cela ne démontre en rien qu'il ne l'a pas touché. Les experts ont même eu du mal à identifier celui de Justine dessus. (…) C'est dire qu'il convient d'être méfiant quant à l'absence ou la présence d'ADN dans ce dossier", continue-t-elle. La magistrate du parquet résume, présentant chacune de ses mains à la cour : "Vous avez
Lucas Larivée, et puis quatre scientifiques."Émilie Abrantes est convaincue de la volonté de l'accusé de donner la mort. Selon elle, les expertises ont prouvé que le "sillon laissé jusque dans les chairs de la victime" démontre que "Lucas Larrivé a serré avec force ce lien pour faire suffoquer
Justine Vayrac (…) et la tuer." Le meurtre et le viol ne font aucun doute pour elle.Elle revient enfin sur l'invention de Noé, personne à qui
Lucas Larivée a initialement imputé les coups qui ont mené à la mort de Justine et qui l'aurait enjoint à la violer. Ce Noé,
Lucas Larivée l'a qualifié de "mensonge" tout au long de l'audience, mais l'avocate générale est certaine qu'il incarne réellement les actes de l'accusé ce soir-là.(Dans son récit) il va décrire ce coup de poing dans la voiture, ces quatre coups de poing dans la chambre, la pauvre Justine qui se débat et le griffe... Nous aurions pu jamais ne le savoir. Ce Noé, c'est la plus grande contribution de
Lucas Larivée aux investigations.Émilie AbrantesAvocate générale au procès du meurtre de Justine VayracLa représentante du parquet complète ses réquisitions en décrivant sa vision de la personnalité complexe de l'accusé. "
Lucas Larivée, ce n'est pas que ce garçon aimé des siens. C'est ce garçon dont la scolarité est tôt émaillée d'exclusions d'établissements scolaires, va brûler les cheveux de ses camarades, uriner sur leurs affaires, énumère-t-elle. Lucas, c'est celui qui va être exclu du lycée parce qu'il est arrivé ivre en cours, qui va se faire retirer son permis, qui va terminer dans un fossé avec Manon R., que son meilleur ami décrit comme égocentrique. (…)
Lucas Larivée, c'est aussi un garçon qui peut se révéler violent et dégradant avec ses compagnes."
Lucas Larivée, "c'est aussi ce garçon rancunier, qui ne va pas parler de ses ennuis judiciaires avec ses amis, ne leur parle pas de ses peines de cœur. C'est ce garçon qui va avoir un comportement problématique sur le lieu de son stage, qui va être condamné par deux fois pour l'incendie d'une exploitation agricole, responsabilité qu'il nie encore aujourd'hui, souligne Émilie Abrantes. Parce qu'il ne supporte pas la frustration, les remontrances qui peuvent être faites à son ego." La magistrate justifie la lourde peine par les conclusions sévères de l'expert-psychiatre Érick Tomao. Ce dernier, en plus de considérer l'accusé comme "psychopathe", d'autant plus dangereux parce que jeune, ne considère pas qu'il peut changer en vieillissant. "Le réflexe protecteur serait de se dire « Comment peut-il avoir fait ça, si jeune ? » L'audience vous a montré le contraire et que son jeune âge peut le rendre particulièrement dangereux (…) Je vous demande de considérer que
Lucas Larivée ne pourra pas changer".Retrouvez tous nos articles sur le procès du meurtre de
Justine Vayrac :JOUR 1 - "Vous encourez la réclusion criminelle à perpétuité" : procès pour meurtre et viol de
Justine Vayrac,
Lucas Larivée face à ses jugesJOUR 1 - Meurtre de
Justine Vayrac. "Sentiment de toute puissance", "capacités d'empathie limitées", relations méprisantes avec ses ex-compagnes, révélations sur le passé de Lucas LarivéeJOUR 2 - "J'ai fait un trou, je l'ai mise dedans, j'ai refermé et je suis retourné chez moi": meurtre de
Justine Vayrac, le terrible récit du drame par Lucas LarivéeJOUR 3 - "Ce qui me marque, c'est la maman en totale détresse, et son fils
Lucas Larivée dans un total détachement": meurtre de
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Justine Vayrac, la perpétuité requise contre
Lucas Larivée