Le 20 mars 2026 à 17h09
Jacques Vaysse, pompiste et président de la branche carburant de la FNA, a fait «le choix de la non-spéculation». Il vend l’essence et le gazole à bas prix, jusqu’à ce que son stock soit écoulé. Passer la publicité Passer la publicité Jusqu’à la fin de son stock, ce pompiste a décidé de bloquer ses prix. Cette semaine, pendant que la moyenne nationale du gazole s’établissait à 2,07 € le litre,
Jacques Vaysse, président de la branche carburant de la Fédération nationale de l’automobile (FNA), l’affichait lui, à 1,78 €. Pendant que le SP98 flirtait avec les 1,99 € dans le reste du pays, il le proposait encore à 1,86 €. Dans sa petite station de Pareloup automobile, à
Salles-Curan, au cœur de l’
Aveyron, les prix sont encore suspendus dans le temps, comme si le blocage du détroit d’Ormuz n’avait pas eu lieu. Fin février, quelques jours seulement avant que la guerre en
Iran ne fasse flamber les cours du pétrole,
Jacques Vaysse avait fait le plein de ses cuves. « Le 27 février on avait beaucoup de stock, quasiment plein. Aujourd’hui on est quasiment à vide, explique-t-il au Figaro. Entre-temps, on a fait le choix de la non-spéculation». Passer la publicité Pour éviter que des «opportunistes» ne viennent vider les cuves, l’intéressé a décidé de fermer la station la nuit, alors en libre-service. «On a privilégié nos clients, ceux qui nous font vivre. On joue la carte du territoire». Une communication contre les taxes Mais le stock fond. Le SP98 est épuisé, le SP95 et le gazole presque. Et quand il faudra commander, les prix affichés à
Salles-Curan rejoindront ceux du reste du pays. « Dès qu’on va racheter, on passera à 2,15 €». Un sacré gap, que le représentant d’intérêt à la FNA souhaite politiser. Il vient de lancer «l’opération transparence», ce jeudi 19 mars, en partenariat avec l’association «
40 millions d’automobilistes ». Pour mettre la pression sur l’État, 2500 stations-service partenaires afficheront en caisse le détail de la composition du prix du carburant. Selon leurs calculs, pour un litre vendu 2 euros, les taxes atteignent 1,17 € sur l’essence et 1,09 € sur le diesel, près de 60 % du prix à la pompe. Le litre de gazole à 1,78 euro : cette station-service a bloqué les prix comme si le détroit d’Ormuz n’avait jamais été fermé S'ABONNER Carburants : les certificats d’économies d’énergie accentuent-ils la flambée des prix à la pompe ? Alors que la guerre au Moyen-Orient fait flamber les prix à la pompe, cette «quasi-taxe» est accusée de gonfler discrètement la facture des consommateurs. Prix de l’essence : ces heureux propriétaires de voitures électriques qui regardent la crise de loin Pendant que la flambée des prix du carburant replonge les automobilistes dans les angoisses de 2022, une catégorie d’automobilistes regarde la crise de loin : les propriétaires de voitures électriques. «Gazole : on est bon, SP98 : on est bon» : à Choisy-le-Roi, dans les coulisses d’une opération de contrôle du prix des carburants REPORTAGE - Alors que la guerre au Moyen-Orient fait flamber les cours du pétrole, le gouvernement a demandé à la Répression des fraudes de contrôler 500 stations-service. Dans les faits, les agents vérifient seulement que le prix payé correspond à celui affiché. «Je vais me remettre au vélo» : avec la guerre en
Iran, pourquoi les prix du gazole augmentent plus vite que ceux de l’essence ? DÉCRYPTAGE - Devenus plus onéreux que l’essence, les carburants diesel consommés massivement par les automobilistes et les transporteurs révèlent la vulnérabilité créée par la fin des importations russe et le blocage du détroit d’Ormuz. «Tout le monde remplit son réservoir à ras bord» : face à la guerre en
Iran, les automobilistes affluent dans les stations-service Des stations-service sont prises d’assaut, face à la crainte de pénuries de carburants causées par la fermeture du détroit d’Ormuz, dans le Golfe Persique. Les autorités appellent à la responsabilité, assurant qu’il n’y a «aucun risque d’approvisionnement à court terme». «Les principaux déterminants n’ont pas changé» : derrière la hausse des prix à la pompe, l’ombre des certificats d’économie d’énergie Les prix des carburants ont augmenté de 4,1% en moyenne depuis le début du mois, avec une augmentation de 10 centimes sur le Gazole. Une augmentation due, notamment aux vagues de froid qui ont frappé l’Hexagone en janvier. En Russie, les drones ukrainiens font craindre des pénuries de carburant : le récit de l’envoyé spécial du Figaro REPORTAGE - La multiplication des frappes contre les raffineries russes provoque une hausse des prix de l’essence et l’inquiétude dans certaines régions éloignées de Moscou. Faire son plein d’essence un jour de canicule ferait perdre de l’argent : vrai ou faux ? À chaque vague de chaleur, on entend dire que remplir son réservoir d’essence le soir ou la nuit serait financièrement plus avantageux qu’en plein jour. Mais que dit vraiment la physique ? «Personne ne souhaite un blocage» : pourquoi les prix du pétrole se stabilisent malgré l’escalade au Moyen-Orient DÉCRYPTAGE – L’envolée des cours constatée il y a dix jours au moment des premières frappes d’Israël sur l’
Iran s’est apaisée ces derniers jours. Malgré l’intervention américaine, le marché pétrolier reste attentiste. Détroit d’Ormuz : est-il urgent de stocker de l’essence en prévision d’une flambée des prix ? La hausse des prix du pétrole, provoquée par l’attaque d’Israël en
Iran se répercute à la pompe en France, mais reste pour l’instant très limitée. Toutefois, est-il possible (et utile) de faire des réserves si la situation se dégradait ?