Le 24 mars 2026 à 20h18 L’accord, signé le 27 juillet dernier par
Donald Trump et la présidente de la Commission européenne
Ursula von der Leyen, instaure des droits de douane à 15% sur la plupart des produits européens exportés aux États-Unis. JIM WATSON / AFP À quelques jours d’un vote crucial au Parlement européen sur cet accord commercial, conclu à l’été 2025, l’ambassadeur américain auprès de l’UE,
Andrew Puzder, a mis un coup de pression énergétique au Vieux continent. Passer la publicité Passer la publicité À deux jours d’un vote décisif au Parlement européen,
Washington hausse le ton. Et appuie là où ça fait mal. Si l’Union européenne renonce à ratifier, tel quel, l’accord commercial conclu à l’été 2025 entre
Donald Trump et
Ursula von der Leyen, à
Turnberry, en Écosse, les États-Unis pourrait remettre en cause l’accès «privilégié» des Vingt-Sept au gaz naturel liquéfié (GNL) américain, dont le Vieux continent est massivement dépendant depuis qu’il s’est sevré du gaz russe. C’est le chantage à peine voilé qu’a formulé l’ambassadeur américain auprès de l’UE,
Andrew Puzder, dans un entretien publié ce lundi par le
Financial Times . «Je ne sais pas ce qu’il adviendra du secteur de l’énergie s’ils ne donnent pas suite à l’accord», a déclaré le diplomate américain au quotidien britannique. Mais si
Turnberry n’est pas mis en œuvre, nous reviendrons à la case départ. Je ne sais pas trop où cela nous mènera.» Et d’ajouter : «Je pense que les États-Unis continueront à vouloir faire des affaires avec l’Europe, mais les conditions ne seront peut-être pas aussi favorables. Et… il y a d’autres acheteurs sur le marché.» Le ton est donné. Passer la publicité Un coup de pression qui arrive au pire moment Négocié dans la douleur entre Bruxelles et
Washington en 2025, l’accord de
Turnberry, signé le 27 juillet dernier par
Donald Trump et la présidente de la Commission européenne
Ursula von der Leyen, instaure des droits de douane à 15% sur la plupart des produits européens exportés aux États-Unis, et supprime les droits de douane européens sur les importations américaines. Une asymétrie assumée qui lui avait valu d’être qualifié de «capitulation» par de nombreux responsables politiques français et européens. Or, le texte, assorti d’un certain nombre de garde-fous, clauses de sauvegarde et autres conditions suspensives, doit désormais être soumis à un vote au Parlement européen, réuni en séance plénière ce jeudi 26 mars. Le coup de pression de
Washington arrive au pire moment pour l’UE, confrontée à ce que le ministre français de l’Économie Roland Lescure a, pour la première fois ce mardi, qualifié de «choc pétrolier». Outre le pétrole, la guerre au Moyen-Orient, qui paralyse le détroit d’Ormuz depuis plus de trois semaines, a fortement perturbé les exportations de GNL du Qatar, qui représente près d’un cinquième de la production mondiale. Or, la part des États-Unis dans les approvisionnements en GNL de l’UE est passée de 5 % en 2021 à près de 60 % aujourd’hui. Une hausse spectaculaire portée par la volonté des Vingt-Sept de s’affranchir du gaz russe après le déclenchement de la guerre en Ukraine. L’accord signé à
Turnberry prévoit que l’Union européenne s’engage à importer pour 750 milliards de dollars d’énergie américaine d’ici 2028 – une enveloppe incluant le GNL, le pétrole et les technologies nucléaires civiles. Une concession pour certains observateurs européens, qu’
Andrew Puzder présente plutôt, dans le contexte actuel, comme une faveur de la part de
Washington. «S’ils (les États membres de l’UE) veulent survivre économiquement, ils ont besoin d’énergie, et nous pouvons la leur fournir. Nous aimerions avoir le genre de relation qui nous encourage à le faire», a souligné l’ambassadeur américain auprès de l’UE, cité par le
Financial Times, ajoutant qu’«il ne s’agit pas seulement d’une promesse de leur part d’acheter cette énergie, mais d’un engagement de notre part à la leur vendre». Retard dans l’approbation européenne de l’accord Côté européen, la ratification de l’accord a pris du retard. Alors que le processus d’approbation paraissait bien engagé en début d’année, deux événements l’ont fait caler coup sur coup : en janvier, les menaces de
Donald Trump d’envahir le Groenland ont entraîné une première suspension des travaux en commission au Parlement européen. Rebelote en février, cette fois en raison de l’invalidation par la Cour suprême américaine de la plupart des droits de douane imposés par
Donald Trump depuis son retour au pouvoir début 2025. Les parlementaires de la commission du commerce international du Parlement européen n’ont donné leur feu vert que le 19 mars, en demandant plusieurs «éclaircissements» sur la portée juridique de la décision de la Cour suprême américaine. Les eurodéputés souhaitent notamment conditionner la mise en œuvre de l’accord au maintien du plafond de 15 % sur les droits de douane américains, tel que convenu en 2025. L’ouverture mi-mars par la Maison Blanche d’une série d’enquêtes commerciales visant plusieurs secteurs européens, pouvant conduire à la mise en place de nouveaux droits de douane, est venue fragiliser un peu plus la confiance de l’UE dans les engagements américains. Des réticences que les États-Unis espèrent désormais dissiper en activant le levier de pression énergétique.
Washington menace l’UE de couper son accès au GNL américain si elle ne ratifie pas l’accord sur les droits de douane S'ABONNER «C’est dur, les clients viennent moins souvent» : étranglés par les charges et l’inflation, les salons de coiffure ferment un à un ENQUÊTE - Au dernier trimestre 2024, le nombre de coiffeurs à avoir mis la clé sous la porte a augmenté de 26%. En souffrance depuis la crise sanitaire, le métier peine à rebondir. Croisières au Moyen-Orient : «Tous les passagers ont désormais débarqué», selon une fédération du secteur Quelque 15.000 passagers de croisières étaient immobilisés dans le Golfe au début de la guerre, avait estimé le 5 mars l’Organisation maritime internationale (OMI). Transports gratuits, mutuelle communale, vélos offerts... À Saint-Denis, qui va payer la généreuse facture du nouveau maire LFI ? L’élection de Bally Bagayoko, premier maire LFI de France, interroge sur les promesses sociales aussi spectaculaires que coûteuses pour une commune où quatre habitants sur dix vivent sous le seuil de pauvreté. Libre-échange : les éleveurs français se méfient de l’accord en vue entre l’Europe et l’Australie RÉCIT -
Ursula von der Leyen est à Canberra pour conclure un traité de libre-échange en discussion depuis six ans. L’agressivité commerciale de Trump a rapproché les deux partenaires. «Vu d’Ailleurs» N°182 - Pourquoi la guerre en Iran est aussi la nôtre LETTRE EXCLUSIVE ABONNÉS - La revue de presse européenne, par Édouard de Mareschal. «Le Français n’a jamais compté autant de locuteurs, et pourtant son influence recule» FIGAROVOX/TRIBUNE - Le rapport 2026 de l’OIF* dresse un bilan contrasté de l’usage du français : elle est la quatrième langue mondiale et la deuxième la plus enseignée, mais elle perd de son influence dans les institutions internationales, note Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de la Francophonie. « On va passer du rêve à la réalité » : Bruxelles dégaine « EU Inc », ce passeport européen tant attendu par les start-up DÉCRYPTAGE - Ce nouveau statut permettra de lancer une activité dans n’importe quel pays européen en une poignée de jours et avec un minimum de contraintes. Il doit permettre aux start-up de gagner en agilité et donc en attractivité auprès des investisseurs. « Nous l’appelons EU Inc. » : Bruxelles lance un 28e régime pour faire émerger des champions européens DÉCRYPTAGE - Un nouveau statut authentiquement paneuropéen permettra aux sociétés, en particulier les plus jeunes, d’avoir plus facilement accès à l’ensemble du marché intérieur. Nicolas Baverez : «La France et l’Europe face au “Germany first”» CHRONIQUE - Si le réarmement de l’Allemagne est indispensable à la sécurité de l’Europe, les nouvelles orientations de Berlin soulèvent de sérieuses questions. La Pologne, ce « Phoenix européen » en plein boom qui fait revenir sa diaspora au pays RÉCIT - Ils étaient partis à l’Ouest, souvent pour effectuer des petits boulots ou poursuivre leurs études. Aujourd’hui, ils sont plus nombreux à quitter le Royaume-Uni, l’Allemagne ou les Pays-Bas pour revenir sur leur terre d’origine que leurs compatriotes effectuant le chemin inverse. «Vu d’Ailleurs» N°181 - Sur le nucléaire, von der Leyen fait son mea culpa LETTRE EXCLUSIVE ABONNÉS - La revue de presse européenne, par Édouard de Mareschal. L’éditorial du Figaro Magazine : « Quand toutes les droites s’unissent, la stratégie gagnante du Parlement européen » Même ce monstre technocratique qu’est devenue l’Union européenne est donc capable de changer de cap, quand les peuples et leurs gouvernements en décident ainsi. Catherine Vautrin et Jean-Noël Barrot : «La France sera au rendez-vous du nouveau siècle nucléaire» TRIBUNE - L’offensive menée par les États-Unis et Israël en Iran montre la nécessité, pour notre pays, de renforcer son arsenal de dissuasion nucléaire, comme l’a expliqué Emmanuel Macron ce lundi, soulignent la ministre des Armées et le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.