Lors de son bilan annuel 2025, la fédération
France Assureurs a plaidé - une nouvelle fois - pour une refonte du contrat responsable des complémentaires santé, jugé rigide et trop dense en termes de garanties. Elle suggère des mesures incitatives à destination des assurés, pour qu'ils prennent mieux en main leur santé.Mieux vaut prévenir que guérir. Cette locution a beau être populaire, elle mériterait, selon
France Assureurs, un certain coup de pouce pour être concrétisée dans le système de santé.Lors de son bilan annuel 2025, ce mercredi 25 mars, la présidente de cette fédération,
Florence Lustman, a proposé que les complémentaires santé remboursent mieux les patients qui prêtent plus attention à leur état de santé avant de tomber vraiment malade."Si l'assuré s'engage dans un parcours de prévention qu'une assurance propose dans le contrat, alors on peut imaginer, en guise de récompense, un meilleur niveau de remboursement des autres garanties qu'il a souscrites", a détaillé
Florence Lustman.Il s'agirait, selon elle, d'inciter les
Français à changer de paradigme, en privilégiant la prévention des risques pour leur santé. Dit autrement, là où les complémentaires santé ne remboursent qu'à 30% du tarif de base de la Sécu les consultations des spécialistes, on peut imaginer qu'une femme qui répond à l'appel du dépistage du cancer du sein profite en contrepartie d'un taux de prise en charge plus élevé de ses consultations gynécologiques. Ce qui pourrait attirer du monde, les dépassements d'honoraires étant fréquents et relativement élevés chez les médecins spécialistes.Les Experts : À peine voté, le budget de la Sécu dérape déjà - 29/0126:58Florence Lustman appuie son argumentaire sur le "succès" du programme MT'dents, dédié à la santé bucco-dentaire des jeunes de 3 à 24 ans. Grâce à un financement conjoint avec l'
Assurance maladie - 60% par la Sécu et 40 % par les complémentaires santé - ces personnes ont accès chaque année à un examen de prévention et soins nécessaires définis à cette occasion, sans aucune avance de frais. L'objectif est clair: tendre vers une génération sans carie et réduire, sur le long terme, les dépenses relatives aux soins conservateurs, tels que des prothèses dentaires.Refonte du contrat responsableConsidérant la prévention comme étant un des principaux leviers pour maîtriser les dépenses de santé,
Florence Lustman invite ainsi d'une certaine manière les pouvoirs publics à placer la prévention au coeur du contrat responsable, qui représente 98% des offres souscrites. Un dispositif particulièrement décrié par l'ensemble des fédérations d'organismes complémentaires d'
Assurance maladie, qui lui reprochent un panel de garanties trop large et rigide."Le contrat responsable ne répond plus aux besoins de la population. Il met en difficultés des retraités qui sont obligés de souscrire toute une série de garanties qui ne leur sont pas utiles", a soulevé la présidente de
France Assureurs.Le contrat responsable est même régulièrement qualifié par la Mutualité française "d'outil de défausse de l'
Assurance maladie". Et pour cause, ces dernières années, plusieurs transferts de charges sont survenus de façon à circonscrire le déficit de la Sécu qui s'est établi fin 2025 à 21,6 milliards d'euros, dont 15,9 milliards pour la branche maladie.Il y a notamment eu l'abaissement du remboursement de l'
Assurance maladie des soins dentaires en 2023, passant de 70 à 60%, et relevant mécaniquement de 30 à 40% la part assumée par les complémentaires dans le cadre du contrat responsable. Surtout, les organismes pointent du doigt le dispositif 100% santé, au coeur du contrat responsable, qui, grâce à une prise en charge majoritaire par les assurances ou mutuelles et minime de la Sécu, donne accès aux patients à des lunettes, prothèses auditives et dentaires sans reste à charge (ou peu). Cette offre a créé des effets d'aubaine selon les complémentaires, les patients étant tentés de renouveler par exemple leurs équipements plus fréquemment que nécessaire.Ainsi, pour faire face à l'augmentation des prestations versées - +28% depuis 2022 selon
France Assureurs pour les complémentaires santé - les organismes ont augmenté à plusieurs reprises ces dernières années les tarifs de leurs contrats. Les cotisations payées par les patients ont ainsi monté de 30% entre 2022 et 2025.Si le gouvernement Lecornu a promis, dans le cadre du dernier budget de la Sécu pour 2026, une révision des contours du contrat responsable après de multiples alertes lancées par les fédérations l'année dernière, les propositions de
France Assureurs s'inscrivent dans un temps plus long, avec en ligne de mire l'élection présidentielle de 2027.