Le Parlement européen a validé, jeudi 26 mars, un net durcissement de la politique migratoire du continent et approuvé le concept de « hubs de retour » : des centres pour envoyer et possiblement y détenir des personnes dont la demande d'asile a été rejetée, et ce, en dehors de l'Union européenne. Aujourd'hui, environ 20% des décisions d'expulsion prises au sein de l'Union européenne aboutissent réellement, une statistique très critiquée par les partisans d'une ligne migratoire plus ferme. Sous pression pour serrer la vis, la
Commission européenne a donc présenté il y a un an un texte visant à augmenter le nombre d'expulsions. Publié le : 26/03/2026 - 13:54Modifié le : 26/03/2026 - 13:54 3 min Temps de lecture Des policiers italiens montent la garde dans un centre de migrants construit par des Italiens au port de Shengjin, à environ 60 km au nord-ouest de Tirana, capitale de l'
Albanie, le 5 juin 2024. © ADNAN BECI / AFP Salué par un tonnerre d'applaudissements dans l'hémicycle, ce dispositif a été validé jeudi matin, en plénière à
Bruxelles, par une grande majorité d'eurodéputés, de la droite, de l'extrême droite et du centre. Ce texte permettra de « garantir simplement ce principe : si vous venez illégalement en Europe, soyez sûr que vous n'y resterez pas », a applaudi l'eurodéputé
François-Xavier Bellamy. Il autoriserait les États membres à ouvrir des centres pour migrants dans des pays en dehors de l'UE, pour y envoyer, et possiblement y détenir, des personnes dont la demande d'asile a été rejetée et qui font face à une obligation de quitter le territoire. Le texte adopté prévoit aussi des règles et sanctions plus strictes pour les déboutés d'asile refusant de quitter le territoire de l'UE, comme des confiscations de documents d'identité, des détentions et des interdictions d'entrée prolongées sur le territoire. Enfin, il inclut une reconnaissance mutuelle des décisions prises par tel ou tel État membre, l'objectif étant, par exemple, qu'une décision prise en puisse s'appliquer en et vice-versa. À lire aussiImmigration: un projet de règlement soumis au Parlement européen inquiète les associations Projets pilotes L'idée de créer des hubs pour détenir des migrants avant ou après l'examen de leur demande d'asile n'est pas nouvelle. Elle a été testée par l' en . Ce centre est longtemps resté largement vide, en raison d'une série de contestations judiciaires. En février, il accueillait environ 90 personnes, selon une source au sein des autorités italiennes. Un accord sur le sujet avait également été scellé entre le et le , mais Londres a rapidement abandonné le projet, là encore en raison d'obstacles judiciaires. Les deux pays s'affrontent désormais devant les tribunaux. Lors des dernières semaines, un petit groupe d'États membres de l'UE (le Danemark, l'Autriche, la Grèce, l'Allemagne et les Pays-Bas) s'est d'ailleurs formé afin d'étudier ces modèles, d'apprendre de leurs « erreurs » et d'explorer le lancement de projets pilotes, possiblement « dès la fin de l'année », selon un diplomate. D'autres pays, dont la France et l'Espagne, se montrent sceptiques quant à l'efficacité de ces centres et sont jusqu'ici restés en retrait des discussions autour de leur lancement. Un « recul historique » des droits des réfugiés Le texte adopté jeudi est « un recul historique des droits des réfugiés », a alerté Marta Welander, de l'ONG humanitaire International Rescue Committee, s'inquiétant de la multiplication des « détentions de personnes vulnérables, y compris d'enfants ». Comme d'autres mesures migratoires, ce texte a avancé au Parlement grâce à une collaboration renforcée entre élus de droite et d'extrême droite – une alliance qui a provoqué des remous en et a été vivement critiquée par le chancelier . « L'histoire se souviendra que la droite dite modérée a sonné le glas du peu qui restait du cordon sanitaire, par une collaboration active avec l'extrême droite dans l'écriture de ce texte », a lancé l'eurodéputée écologiste Mélissa Camara, très opposée au texte. À lire aussiCentres de retour, détentions plus longues : l'Union européenne veut durcir sa politique migratoire Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail