C'est le « scandale sanitaire du XXIe siècle » : la pollution aux
PFAS, aussi appelés « polluants éternels ». Jeudi 26 mars, un rapport scientifique de l'Agence européenne des produits chimiques, très attendu sur le sujet, préconise une « restriction large » de ces derniers par l'Union européenne, sauf « exceptions ciblées » quand il n'y a pas d'alternative. Publié le : 26/03/2026 - 22:05 3 min Temps de lecture Des militants écologistes lors d’une manifestation contre les
PFAS près du siège de la Commission européenne à Bruxelles, le 5 mars 2026. AFP - NICOLAS TUCAT Dans les cosmétiques, les ustensiles de cuisine, les textiles, les emballages alimentaires… La liste des objets de notre quotidien qui contiennent des
PFAS est très longue. Dans le rapport de l'Agence européenne des produits chimiques, les experts concluent que les
PFAS sont « nocifs » et présentent des « risques croissants » pour la population et l'environnement. Ces substances chimiques mettent en effet énormément de temps à se décomposer, d'où leur surnom de « polluants éternels » et comportent des dangers pour la santé. Elles s'accumulent ainsi dans l'organisme via l'air, l'alimentation, l'eau de consommation ou l'usage de produits du quotidien. Des travaux scientifiques sur certains
PFAS ont déjà montré leurs effets délétères comme l'augmentation du taux de cholestérol, le développement de certains cancers, des problèmes de fertilité, de foie et de reins. À lire aussiLes
PFAS, ces polluants éternels qui contaminent toute l'humanité « Jusqu'où aller dans l'interdiction des
PFAS ? », la question qui divise Jusqu'ici, l'Union européenne a agi contre certains
PFAS de façon sectorielle. Les eurodéputés ont par exemple légiféré sur les emballages alimentaires en instaurant des concentrations maximales de
PFAS à partir du mois d'août. La
France a, de son côté, pris les devants pour des produits du quotidien : depuis janvier, une loi interdit l'usage de certains
PFAS dans les vêtements, chaussures, cosmétiques et farts pour les skis, mais avec des « dérogations ». Pour « maîtriser les risques », de nouvelles mesures réglementaires à l'échelle de l'Union européenne sont donc nécessaires, insiste l'Agence européenne des produits chimiques. Pour les scientifiques du rapport, une interdiction totale des
PFAS serait ainsi plus efficace pour minimiser leur impact, puisque des dérogations aboutiront à des « émissions supplémentaires » et des « risques non contrôlés ». Un point de vue partagé par
Jérémie Suissa, délégué général de l'association française Notre Affaire à Tous, et qui s'inquiète des pressions : « La seule direction valable, c'est l'interdiction pure et simple. Les industriels vont tout faire pour que ce soit plus compliqué que ça. Et dans les années voire les mois qui vont suivre l'interdiction, ils vont se plaindre de cette complexité pour demander la suppression de la loi. » Mais sans alternative, une interdiction générale ne serait « probablement pas proportionnée », nuancent d'autres experts européens en charge d'analyser l'impact socio-économique des mesures anti-polluants éternels. Leur étude est attendue dans quelques mois, avant que Bruxelles n'avance sur son projet de loi interdisant les
PFAS. Pour l'instant, la Commission européenne voudrait interdire les
PFAS dans les produits de consommation courante, comme les vêtements ou les boîtes à pizza, avec des exceptions pour des secteurs stratégiques, dans le domaine médical par exemple. La commissaire européenne à l'environnement, Jessika Roswall, a quant à elle salué ce premier avis d'experts européens, et reconnu aussi des « discussions difficiles » pour les produits qui ne sont pas destinés directement aux consommateurs, tels que les mousses anti-incendies utilisées par les pompiers. À lire aussiL'UE bannit les polluants éternels
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