Ces images, à Bahreïn, incarnent la réponse iranienne immédiate aux premières frappes israélo-américaines ciblant Téhéran. Celles qui décapitent le régime iranien, le matin du 28 février. Les heures suivant la mort du guide suprême
Ali Khamenei, le corps des Gardiens de la Révolution promet une réplique sans répit. "Dans quelques instants", l'armée idéologique du régime des mollahs lancera "l'opération offensive la plus dévastatrice de l'histoire de la République islamique".La guerre est déclarée. Les 28 février et 1er mars, l'
Iran et des milices alliées lancent au moins 40 frappes sur Israël, les Emirats arabes unis ou le
Qatar, d'après les données de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW). "Pour les Iraniens, l'idée est de maintenir une pression symbolique", relate
Sylvain Gaillaud, chercheur en histoire contemporaine à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. "Ne pas laisser impunies les frappes israélo-américaines, sans s'engager dans un conflit avec les pays du Golfe."Une ligne de crête, face aux attaques des opérations "Fureur épique" et "Lion rugissant". Au Moyen-Orient, le spectre d'un embrasement régional ressurgit.Très vite, les menaces iraniennes du passé prennent forme.
Ali Khamenei l'avait assuré, un mois avant sa mort : face à une nouvelle guerre lancée par Washington, la réponse de Téhéran ne serait autre qu'"un conflit régional".En deux heures, le 28 février, une première salve de missiles est lancée en direction d'Israël. Les sirènes d'alerte résonnent à Haïfa, à Tel-Aviv, à Jérusalem. Des tirs suivent vers les pays du Golfe, à proximité plus immédiate de l'
Iran. Au moins six infrastructures militaires américaines sont ciblées en 24 heures, d'après des images satellite et vidéos vérifiées par le New York Times. Six militaires américains meurent sous le feu iranien.Des missiles endommagent des bâtiments de la base aérienne d'Ali Al Salem, au Koweït. A Erbil, en Irak, une attaque de drone vise l'aéroport et la base qu'il abrite, provoquant de nouveaux nuages de fumée. D'imposantes flammes sont également filmées vers la base américaine de Camp Buehring, touchée par un drone. L'opération iranienne "Promesse honnête 4" s'étend à la Jordanie, où des missiles balistiques atteignent une base aérienne, d'après l'ISW. Le 1er mars, une base navale de l'armée française est à son tour touchée aux Emirats arabes unis. Aux premières heures de la guerre, les Iraniens mènent "une campagne de frappes planifiée, avec de premières frappes symboliques", expose Etienne Marcuz, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). "Ils priorisent des moyens de commandement et de défense antimissiles américains. L’
Iran calibre sa gestion de l’escalade."à franceinfoLes sites militaires sont la première cible, mais des infrastructures civiles sont malgré tout visées. A Dubaï, aux Emirats arabes unis, un drone fonce vers l'île artificielle The Palm, provoquant une forte explosion en s'écrasant au sol. De la fumée noire s'élève d'un hôtel, les secours accourent. Quatre personnes sont blessées. En seulement quatre jours, l'
Iran tire près de 200 missiles et plus de 800 drones vers les Emirats arabes unis, selon le ministère de la Défense émirati. Le
Qatar affronte une centaine de missiles et près de 40 drones, tandis que le Koweït subit les tirs de 178 missiles et près de 400 drones iraniens, d'après les autorités. La plupart des armes sont interceptées, mais leur quantité est "sans précédent", constate l'ONG Acled, spécialisée dans le suivi des conflits."Pour la première fois de son histoire, l’
Iran attaque l’ensemble des Etats membres du Conseil de coopération du Golfe : Bahreïn, le Koweït, Oman, le
Qatar, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis."L'organisation de suivi des conflits Acleddans une analyseEn Israël, une poignée de missiles iraniens contournent les défenses antiaériennes. Une frappe atteint Tel-Aviv dès le 28 février, formant un vaste cratère et faisant un mort. Dès le lendemain, neuf personnes meurent d'un tir iranien à Bet Shemesh, dans le centre de l'Etat hébreu. Elles s'étaient réfugiées dans un abri anti-aérien sous une synagogue, soufflée par la frappe.D'après l'ISW, l'
Iran réplique néanmoins avec moins de force qu'en juin 2025, lors de la guerre des douze jours. D'Israël aux pays du Golfe, les premières représailles iraniennes "ne sont pas aussi denses que ce que les Iraniens auraient aimé", constate Etienne Marcuz. Les attaques de missiles et de drones reculent dès le 2 mars aux Emirats arabes unis, tout comme à Bahreïn, selon l'ISW. "En début de conflit, il y avait une forte densité de lanceurs [en
Iran]. Avec un nombre significatif de lanceurs détruits, les unités sont plus dispersées et les attaques plus sporadiques", rappelle le spécialiste en armement.Plus faibles, ces tirs atteignent néanmoins Chypre, l'Azerbaïdjan et le ciel turc. Le Liban, terrain du Hezbollah pro-iranien, est entraîné de nouveau dans la guerre. Téhéran inscrit le conflit "dans un cadre géographique plus large", souligne
Sylvain Gaillaud. "Les Iraniens veulent faire augmenter les coûts du conflit aux yeux des Américains, davantage que pour les Israéliens." Et pour cela, le régime des mollahs s'attaque à deux nerfs de la guerre : le coût économique et l'énergie.Très vite, l'
Iran cible les infrastructures énergétiques des pays du Golfe, à portée de tirs. En parallèle de la raffinerie de Ras Tanura, en Arabie saoudite, des drones visent la centrale électrique de Mesaieed et le complexe pétrolier et gazier de Ras Laffan, au
Qatar. Aux Emirats arabes unis, la centrale électrique de Jabal Ali et des dépôts pétroliers sont atteints. D'un pays du Golfe à l'autre, les images se répètent : des nuages spectaculaires de flammes et de dense fumée noire, conséquence d'impacts de drones iraniens.Ces répliques se poursuivent à mesure que le conflit avance, note l'ISW. Le 3 mars, les drones des forces iraniennes s'écrasent sur le port de Salalah, à Oman, et touchent celui de Duqm, à près de 600 km. Duqm "est un port commercial majeur, un centre logistique et maritime clé en mer d'Arabie", prévient le centre de recherche. Ce même jour, des débris de drones iraniens provoquent "un incendie massif" au terminal pétrolier de Fujairah (Emirats arabes unis), site critique de stockage de pétrole. A cela s'ajoute une autre forme de rétorsion : le blocage quasi-total du détroit d'Ormuz, par lequel près de 20% de la production mondiale d'hydrocarbures transite. Seuls trois navires civils y sont recensés mi-mars, contre 51 à la veille du conflit, d'après la revue en ligne Le Grand Continent. Une chute libre, provoquée par des attaques contre la flotte traversant les eaux régionales. En une semaine, une quinzaine de navires sont ciblés, d'après les données de l'ISW. La guerre force les pays du Golfe – des fournisseurs majeurs – à réduire leur production pétrolière. Le cours du baril de Brent s'envole, dépassant les 100 dollars après une semaine d'hostilités."Les Iraniens veulent tenir le conflit dans la durée. (...) Cette ouverture du conflit sur les voies d’approvisionnement des matières premières énergétiques renchérit le coût économique pour les Etats-Unis. Cela peut mettre Donald Trump en porte-à-faux."
Sylvain Gaillaud, spécialiste des relations entre l'
Iran et les Etats-Unisà franceinfoPour Etienne Marcuz, une "bascule" s'opère dans cette guerre énergétique la nuit du 7 au 8 mars. La veille, le Hezbollah a frappé une raffinerie d'Haïfa, dans le nord d'Israël. Autour de Téhéran, Washington et Tel-Aviv frappent plusieurs sites pétroliers. Un voile noir envahit la capitale iranienne, où une forte odeur de brûlé imprègne les rues. "La pluie ici est noire, elle est saturée de pétrole", dépeint sur X le journaliste de CNN Frederik Pleitgen. Pour la première fois, la coalition israélo-américaine vise la production pétrolière iranienne, note l'ISW.Les représailles de Téhéran reprennent les jours suivants, du gisement de pétrole de Majnoon, en Irak, à la raffinerie de Ruwais aux Emirats arabes unis. Quatre navires sont touchés en 24 heures le 11 mars, une première dans cette guerre. Puis, les frappes perdent en intensité. Le ministre de la Guerre américain, Pete Hegseth, l'affirme le 13 mars : le nombre de missiles iraniens est en recul de 90%, tout comme les drones d'attaques de Téhéran (-95%). Etienne Marcuz relève "un rythme de croisière" dans ces répliques, entre intensité moindre et reprises ponctuelles."Il y a vraiment une stratégie iranienne d’épuisement. Il s’agit de maintenir une pression constante (...) et de pousser les Américains à négocier."Etienne Marcuz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégiqueà franceinfoL'escalade revient le 18 mars, cette fois sur le site gazier offshore de South Pars. L'armée israélienne frappe la partie iranienne de la réserve de gaz, considérée comme la plus grande au monde. "Un nouveau niveau de confrontation a commencé", menace le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf. En réponse, Téhéran cible dans la nuit le complexe de Ras Laffan, au
Qatar, le plus grand site de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde. Les incendies sont "conséquents" et les dommages "considérables", décrit la compagnie énergétique publique QatarEnergy. Avant une nouvelle accalmie pour l'émirat.Le 20 mars, la réplique iranienne prend un nouveau visage. Le régime des mollahs tente d'atteindre la stratégique base américano-britannique de Diego Garcia, au cœur de l'océan Indien. L'île est à quelque 4 000 km de l'
Iran. Un missile échoue, l'autre est intercepté, mais l'attaque manquée interpelle. Et si la portée des missiles iraniens était plus importante que prévu ? "La charge [des missiles] a probablement été réduite" pour leur permettre d'aller plus loin, analyse Etienne Marcuz. "C'est une arme plus politique que militaire. [Avec ces tirs,], les Iraniens disent à l'Europe de ne pas s'impliquer, car ils ont les moyens d'atteindre le territoire européen."Téhéran poursuit en parallèle sa riposte contre l'Etat hébreu, après l'attaque du site d'enrichissement nucléaire de Natanz, en
Iran. Le soir du 21 mars, deux missiles iraniens transpercent le Dôme de fer et frappent Arad et Dimona, près d'un centre de recherche nucléaire du sud d'Israël. Une vidéo authentifiée montre une boule de feu s'écraser à terre, entraînant un nuage de flammes. Au moins 180 personnes sont blessées."L’objectif, pour les Iraniens, est de mener une riposte graduée, une surenchère que l’on entretient en montrant ce que l’on peut faire."
Sylvain Gaillaud, spécialiste des relations entre l'
Iran et les Etats-Unisà franceinfoJusqu'où ira la réplique ? La guerre se poursuit à travers le Moyen-Orient, un mois après les débuts de l'offensive de Tel-Aviv et Washington. A l'heure de possibles négociations entre Iraniens et Américains, les Gardiens de la Révolution ont continué de cibler des sites militaires et énergétiques vendredi, d'Israël aux pays du Golfe. Au Liban, ils sauvent les animaux dans les zones de conflit Céline Dion à Paris : comment accéder aux préventes ? Céline Dion : "Je vais pouvoir chanter pour vous à Paris" Une charte pour lutter contre les guets-apens homophobes 1 pays, 3 équipes : l'effectif français impressionne Tout juste élu, le maire de Moncontour démissionne Stéphane Plaza assigne l'État en justice pour "faute lourde" Pourquoi certains comparent la guerre en
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