Le 30 mars 2026 à 21h49 Plus connu sous le nom d’Awacs, cet appareil est indispensable à la maîtrise tactique des États-Unis dans le ciel du Moyen-Orient. Avant la frappe iranienne, l’
US Air Force n’en possédait plus que 16 exemplaires. Passer la publicité Passer la publicité La frappe iranienne qui a touché la base aérienne de Prince Sultan vendredi en Arabie saoudite a porté un sérieux coup aux États-Unis, au 28e jour de la guerre au Moyen-Orient. En plus d’avoir blessé douze soldats américains, dont deux grièvement, elle a détruit un précieux avion de détection et de commandement de l’
US Air Force : l’E-3 Sentry, couramment appelé Awacs. L’information a d’abord été révélée sur Facebook par un compte consacré à l’actualité militaire américaine, qui a publié des photos de l’avion coupé en deux, la partie arrière complètement calcinée. Elle a été confirmée par le
Wall Street Journal, qui cite des «responsables américains et arabes». Au moins un missile a touché la base aérienne, ainsi que plusieurs véhicules volants non identifiés - peut-être des drones. Dimanche, l’agence de presse iranienne Fars indiquait que c’est un drone Shahed qui a touché l’E-3 Sentry. Plusieurs avions ravitailleurs ont également été endommagés par l’attaque, mais c’est surtout la perte de cet E-3 que l’
US Air Force pleurera. Et pour cause : elle n’en possède que 16 exemplaires, dont 6 stationnaient vendredi à Prince Sultan juste avant l’attaque de vendredi, selon Air & Space Forces Magazine. Passer la publicité Dérivés du Boeing 707, les Airborne Warning and Control System (Awacs), ou Système de détection et de commandement aéroporté (SDCA) en français, sont des pièces maîtresses de l’armée américaine en matière de dissuasion et protection de l’espace aérien. Ce sont, en quelque sorte, ses yeux dans le ciel. L’E-3 Sentry est facilement reconnaissable avec son rotodôme posé sur le fuselage et équipé de radars capables de détecter des missiles, des avions et des drones à des centaines de kilomètres à la ronde. Une alternative à 700 millions de dollars «Doté d’un large spectre de moyens de communication et de transmission des données récoltées», l’Awacs permet «d’élaborer la situation tactique au-dessus d’un théâtre d’opérations» puis de «diffuser cette situation vers les centres de commandement», explique une plaquette de l’Armée de l’air française, qui en possède 4. L’OTAN exploite également une flotte d’Awacs pour son propre compte. La destruction de l’un des 16 Awacs américains est «très grave. Cela nuit à la capacité des États-Unis à observer ce qui se passe dans le Golfe et à maintenir une bonne connaissance de la situation», explique au
Wall Street Journal le colonel de l’armée de l’air John «JV» Venable, aujourd’hui retraité. D’autant que les modèles ne sont pas facilement remplaçables. «Ce sont des appareils vieillissants dont le remplacement tarde. Chaque perte est donc importante et aura un impact non négligeable non seulement pour le conflit en cours, mais également en cas de tensions dans l’Indo-Pacifique», analyse dans un post sur X Étienne Marcuz, chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS) et spécialiste des armements stratégiques. Étienne Marcuz, qui voit dans l’attaque «un sacré coup de l’
Iran», précise que le programme de remplacement de l’E-3 a connu des «rebondissements» : le Pentagone a tenté de l’abandonner au profit d’une solution spatiale, avant que le Congrès ne le sauve. Cette alternative, basée sur le E-7 Wedgetail de Boeing, devait coûter 700 millions de dollars par pièce. Du fait de ces «péripéties budgétaires», les E-3 Sentry «seront donc probablement encore présents pour au moins une dizaine d’années». L’
US Air Force a indiqué ce mois-ci que Boeing pourrait construire jusqu’à sept Wedgetails. L’armée de l’air américaine utilise des E-3 depuis la guerre froide. Un Awacs de l’OTAN dans le ciel de Bucarest, en Roumanie, en janvier 2022. DANIEL MIHAILESCU / AFP Guerre au Moyen-Orient : qu'est-ce que l'E-3 Sentry, ce précieux avion de détection et de commandement américain détruit par Téhéran ? S'ABONNER «Tsahal va s’effondrer» : l’armée israélienne n’a plus les moyens de ses guerres DÉCRYPTAGE - Engagée en
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