Le 30 mars 2026 à 22h21 Un policier haïtien à bord d’un véhicule blindé lors d’une patrouille dans le centre-ville de
Port-au-Prince, le 16 janvier 2026 CLARENS SIFFROY / AFP Le bilan de cette attaque, menée sur la localité de
Petite-Rivière-de-l’Artibonite, pourrait s’élever jusqu’à 80 morts, selon l’
ONU. Passer la publicité Passer la publicité Une attaque menée par les membres d’un gang dans la nuit de samedi à dimanche sur la localité de
Petite-Rivière-de-l’Artibonite à
Haïti a tué 70 personnes et fait 30 blessés, a indiqué lundi le directeur d’une organisation de défense des droits de l’homme. Un bilan nettement plus élevé que les chiffres initiaux avancés par le gouvernement, et qui pourrait grimper jusqu’à 80 morts, selon l’
ONU. «Cette attaque souligne la gravité de la situation sécuritaire à laquelle est confrontée la population haïtienne. Le secrétaire général de l’
ONU appelle le peuple haïtien et les autorités haïtiennes à mener une enquête approfondie», a déclaré son porte-parole,
Stéphane Dujarric. Passer la publicité La police avait initialement fait état de 16 morts et 10 blessés, tandis qu’un rapport préliminaire des autorités de protection civile indiquait que 17 personnes avaient trouvé la mort et 19 avaient été blessées. Le
Collectif de défense des droits de l’homme a déclaré que ce «massacre» avait contraint près de 6 000 personnes à fuir leurs foyers. «L’absence de réponse sécuritaire et l’abandon de l’
Artibonite aux mains des groupes armés démontrent un désengagement total des autorités», a déclaré le groupe dans un communiqué. Selon
Bertide Horace, porte-parole de la Commission de dialogue, de réconciliation et de conscientisation pour sauver l’
Artibonite (un département d’
Haïti), organisation de la société civile, l’attaque dans cette localité située au nord-ouest de
Port-au-Prince a été menée par le gang «
Gran Grif». D’autres exactions ont eu lieu lundi matin, a-t-elle ajouté. 5500 morts entre mars 2025 et mi-janvier Selon elle, le bilan est d’une trentaine de morts, une dizaine de disparus et plusieurs blessés. Dans son point de presse quotidien,
Stéphane Dujarric a pour sa part évoqué un bilan «allant de 10 jusqu’à 80 personnes tuées». Cette attaque fait suite à des rapports des Nations Unies selon lesquels plus de 2000 personnes ont récemment été déplacées à la suite de raids armés dans la localité voisine de
Verrettes, ce qui a poussé les habitants de Petite-Rivière à fuir leurs maisons.Le département de l’
Artibonite, une région agricole clé, a connu certaines des pires violences en
Haïti alors que les conflits entre gangs s’étendent au-delà de la capitale,
Port-au-Prince. En mars, les États-Unis ont offert une récompense pouvant atteindre 3 millions de dollars pour toute information sur les activités financières des groupes
Gran Grif et Viv Ansanm. Washington a désigné ces deux groupes, qui représentent des coalitions de centaines de gangs, comme des organisations terroristes.Les forces de sécurité haïtiennes, soutenues par une mission internationale appuyée par l’
ONU et une société militaire privée américaine, ont intensifié leurs opérations contre les gangs qui contrôlent la majeure partie de la capitale. Cependant, les autorités n’ont toujours pas arrêté de chef de gang important. Selon un rapport du Haut-Commissariat de l’
ONU aux droits de l’homme publié la semaine dernière, les violences perpétrées par les gangs et les attaques visant ces derniers en
Haïti ont fait plus de 5500 morts entre mars 2025 et mi-janvier.
Haïti, pays le plus pauvre d’Amérique, est rongé depuis des années par la violence des bandes criminelles, qui commettent meurtres, viols, pillages et enlèvements. Plus d’un million de personnes ont été déplacées par le conflit avec les gangs, ce qui a exacerbé l’insécurité alimentaire, et près de 20.000 personnes auraient été tuées en
Haïti depuis 2021. Le nombre de morts a augmenté chaque année. L’Ordre immuable des choses, de Néhémy Dahomey : souvenirs facétieux d’un enfant de
Port-au-Prince CRITIQUE - A la lecture du roman L’Étranger d’Albert Camus, le jeune haïtien, jusque-là focalisé sur sa vie érotique, voit sa vie changer. Bréviaire des anonymes ou les vies minuscules de Lyonel Trouillot CRITIQUE - L’écrivain haïtien donne la parole à trois personnages modestes et cabossés qui revendiquent le droit de ne pas mourir sans laisser de traces sur terre. «Mon centenaire est une aventure humaine» : René Depestre, père des lettres haïtiennes, fête ses 100 ans EXCLUSIF - Entretien avec le poète et romancier, né en 1926. Retour sur une longue vie aventureuse marquée par l’engagement politique, l’exil, Cuba, et sa patrie d’adoption, « la France bien-aimée ». Guyane : avec l’afflux massif de réfugiés haïtiens, la demande d’asile explose DÉCRYPTAGE - Les Haïtiens obtiennent massivement un statut de protection internationale dans cette région française. Environ 30 000 pourraient à terme être régularisés sur place pour motif humanitaire. «Les Haïtiens sont des prédateurs, ils viennent comme des langoustes et mangent tout» : en République dominicaine, le mur de la haine REPORTAGE - Depuis son indépendance au XIXème siècle, la République dominicaine revendique une démarcation culturelle et raciale avec son voisin, à laquelle s’ajoute une politique d’expulsion massive, brutale et discriminatoire. 12 janvier 2010, 17 heures : la terre tremble en
Haïti, provoquant 280.000 morts RÉCIT - Il y a 15 ans, un séisme frappait
Port-au-Prince, détruisant des dizaines de milliers de maisons. Aujourd’hui pourtant, aucune commémoration d’importance ne viendra rappeler la catastrophe. Le chaos qui règne dans le pays a relégué ce tremblement de terre au rang de simple mauvais souvenir. Alors que la crise politique s’aggrave et que
Port-au-Prince est plus que jamais la proie des gangs, l’ambassadeur haïtien à l’
ONU a demandé un appui plus conséquent que la Mission Kényane « d’appui à la sécurité » présente depuis plusieurs mois. «À la maison, il n'y avait rien à manger» : à
Haïti, la pauvreté pousse les enfants vers les gangs 30% des membres de groupes criminels sont des enfants, alertent les organisations humanitaires ainsi que les représentants du gouvernement. Trafic de drogue, corruption, liens avec les gangs... En
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