Le 31 mars 2026 à 13h06 Le ministre d’extrême droite en charge de la Sécurité nationale
Itamar Ben Gvir à Meitar, en
Israël, le 28 janvier. Amir COHEN / REUTERS Le Parlement a adopté lundi une loi controversée et introduite par l’extrême droite instaurant la «peine de mort pour les terroristes». Passer la publicité Passer la publicité Sur son compte X,
Itamar Ben Gvir jubile. Dans une vidéo d’à peine trente secondes publiée lundi 30 mars sur le réseau social, le ministre israélien d’extrême droite en charge de la Sécurité nationale se félicite que la
Knesset a adopté une loi controversée et introduite par son propre camp instaurant la «peine de mort pour les terroristes». «Nous avons marqué l’histoire ; désormais, chaque mère de
Judée-Samarie saura que si son fils commet un meurtre, il sera pendu. Et je dis aux citoyens de l’Union européenne qui ont exercé des pressions et menacé l’État d’
Israël : nous n’avons pas peur, nous ne céderons pas ; nous sommes chez nous, souverains, et nous protégerons nos citoyens. Et qu’un terroriste qui s’apprête à tuer le sache : il finira pendu», déclare-t-il devant des drapeaux israéliens. À lire aussi «Une atmosphère de terreur» : comment
Itamar Ben Gvir met la police israélienne au service de son idéologie Passer la publicité Un texte adopté par 62 voix contre 48 Sur sa veste de costume, un pin’s brille sur le revers gauche. Il représente un nœud coulant. Depuis plusieurs mois, le ministre du gouvernement de
Benyamin Netanyahou et les députés de son parti,
Otzma Yehudit, l’arborent régulièrement, lors de déplacements ou de prises de parole sur des plateaux de télévision. Jusqu’alors, l’objectif était de soutenir ledit projet de loi, qui autorise à condamner les personnes reconnues coupables d’attentats terroristes meurtriers à la peine de mort. Hier, le texte a été adopté définitivement en troisième lecture par 62 voix contre 48. En décembre dernier, le port de ce pin’s par
Itamar Ben Gvir et quatre de ses députés au Parlement avait suscité l’indignation de l’opposition. Ces nœuds, avait fait savoir le bureau du ministre dans un communiqué, symbolisent «l’engagement des députés en faveur de la peine de mort pour les terroristes» et envoient «un message clair, selon lequel les terroristes méritent la mort». Deux peines de mort appliquées en
Israël depuis 1948 Une ONG israélienne a annoncé avoir déposé un recours demandant l’annulation de cette nouvelle législation devant la
Cour suprême. Le projet de loi avait également été dénoncé dimanche par le Conseil de l’Europe ainsi que Berlin, Londres, Paris, et Rome, qui avaient appelé la
Knesset à renoncer à un projet susceptible de «remettre en cause les engagements d’
Israël en matière de principes démocratiques». Le cadre général de la loi prévoit que toute personne «qui cause intentionnellement la mort d’une (autre) dans le but de porter atteinte à un citoyen ou résident israélien, avec l’intention de mettre fin à l’existence de l’État d’
Israël, sera condamnée à mort ou à la prison à perpétuité». Mais, pour les Palestiniens de Cisjordanie occupée, le texte prévoit que la peine capitale soit la sanction par défaut si l’homicide est qualifié d’acte de terrorisme par la justice militaire israélienne. La peine de mort existe en
Israël, mais n’a été appliquée qu’à deux reprises : en 1948, peu après la création de l’État, contre un capitaine de l’armée accusé de haute trahison et en 1962, lorsque le criminel de guerre nazi Adolf Eichmann a été pendu.
Israël : pourquoi un ministre et des députés ont-ils arboré un pin’s en forme de nœud coulant ? S'ABONNER Plus de cent trente ans avant Robert Badinter, Victor Hugo le premier abolitionniste Bouleversé enfant par la conduite d’un homme à l’échafaud, l’écrivain s’insurgea toute sa vie contre la peine de mort et milita pour son abolition. Plus de 900 exécutions entre 1948 et 1997, puis plus rien... Comment la Corée du Sud fait-elle usage de la peine de mort ? DÉCRYPTAGE - Le parquet sud-coréen a requis la peine capitale mardi 13 janvier contre l’ancien président Yoon Suk-yeol, accusé d’avoir tenté d’instaurer la loi martiale en décembre 2024. Mais le pays est abolitionniste de facto, puisque aucune exécution n’a eu lieu depuis 1998. Russie : huit personnes condamnées à la perpétuité pour l’explosion du pont de Kertch en Crimée en 2022 Le FSB avait annoncé leur arrestation quelques jours après l’explosion du 8 octobre 2022. Les huit accusés avaient plaidé non coupable. Pour Robert Badinter au Panthéon, Julien Clerc chante L’Assassin assassiné, plaidoyer contre la peine de mort qui a failli ne jamais voir le jour Composé par le musicien, sur des paroles de Jean-Loup Dabadie, le titre avait été proposé à Serge Reggiani qui ne se sentait pas à la hauteur. Julien Clerc finira par surmonter ses propres réticences. De dernier condamné à mort de France à historien reconnu : la rédemption de Philippe Maurice, sauvé par Robert Badinter RÉCIT - Condamné à la peine capitale pour avoir abattu un policier, le criminel a reçu les visites régulières de Robert Badinter en prison, avant d’être gracié par François Mitterrand. Il est aujourd’hui un médiéviste réputé. Peine de mort : 44 ans après son abolition, l’opinion française reste partagée Avant la panthéonisation de Robert Badinter ce jeudi, près de la moitié des Français continuent de se dire favorables à son rétablissement. Retour sur quatre décennies de débat et de fractures dans l’opinion publique. «Rendre hommage à Robert Badinter, c’est prolonger la vision d’une République forte parce qu’humaine» FIGAROVOX/TRIBUNE - Alors que le cercueil de l’ancien garde des Sceaux va entrer au Panthéon aujourd’hui, l’avocat Alexandre Duval-Stalla explique à quel point la volonté de l’homme politique de concilier justice et conviction a fait de lui un réformateur dans le sens le plus noble du terme. États-Unis : flambée des exécutions dans l’Amérique de Trump Washington, qui a mis fin au moratoire sur la peine capitale au niveau fédéral instauré par Joe Biden, accélère le rythme des mises à mort et renouvelle son arsenal létal, sous le regard d’une Amérique divisée. Qui est Serge Atlaoui, ex-condamné à mort en Indonésie et libéré de prison en France ce vendredi ? Le sexagénaire originaire de Metz avait été emprisonné en 2005 pour trafic de drogue. Une accusation qu’il a toujours contestée. Il y a dix ans, il a échappé in extremis à la mort. De retour en France depuis février dernier, il est finalement sorti de prison ce 18 juillet. Taïwan, pionnier asiatique des droits humains, maintient la peine de mort RÉCIT - La Cour constitutionnelle avait été saisie par un groupe de condamnés à mort ainsi que des ONG, qui soulignent que l’abolition de cette peine aurait été une occasion de se démarquer de la Chine.