Le président ukrainien a affirmé mardi que le prêt européen de 90 milliards euros destiné à l'
Ukraine était toujours bloqué par la Hongrie "pour plaire à Moscou".Le président ukrainien
Volodymyr Zelensky a accusé mardi la Hongrie de bloquer un prêt européen crucial de 90 milliards d'euros "juste pour plaire à Moscou", retardant des travaux nécessaires pour réparer les infrastructures endommagées par les frappes russes. "Parce que le paquet de soutien de 90 milliards (d'euros) est toujours bloqué, nous ne pouvons pas utiliser les 5 milliards prévus pour la protection et la reconstruction pour nous préparer", a déclaré
Volodymyr Zelensky lors d'une conférence de presse au côté de la cheffe de la diplomatie européenne
Kaja Kallas.Des travaux qui devaient débuter au mois de mars ont déjà été repoussés, "tout ça parce qu'une personne en Europe s'oppose à toute l'Europe juste pour plaire à Moscou", a ajouté
Volodymyr Zelensky.En pleine campagne électorale, le Premier ministre hongrois
Viktor Orban bloque depuis des mois un prêt de 90 milliards d'euros de l'UE à l'
Ukraine tant que Kiev n'aura pas rétabli l'approvisionnement de la Hongrie en pétrole russe via un oléoduc endommagé en
Ukraine par une frappe russe en janvier. Quant à son ministre des Affaires étrangères
Peter Szijjarto, il est au centre d'un scandale sur sa proximité présumée avec la Russie. Le Washington Post avait révélé il y a une dizaine de jours qu'il échangeait régulièrement au téléphone avec son homologue russe
Sergueï Lavrov à l'occasion des pauses pendant les réunions de l'UE."Ce sont des dirigeants intelligents"Mardi,
Peter Szijjarto a dénoncé une "ingérence" après qu'un consortium de médias est-européens, composé de The Insider, VSquare et Delfi, a publié des retranscriptions et des échanges audios, affirmant qu'ils prouvaient que le ministre hongrois fournissait en "ligne directe" à Moscou "des informations stratégiques sur des questions cruciales".Emmanuel Lechypre face à Raphaël Legendre : Faut-il sortir la Hongrie de l'UE ? - 23/026:09Kiev doit impérativement obtenir les fonds européens, dont 60 milliards doivent aller à l'armée, pour financer, en 2026 et 2027, son effort de guerre face à l'invasion russe lancée en 2022. Une partie doit aussi servir à réparer et protéger les infrastructures énergétiques visées presque quotidiennement par des frappes russes. Celles-ci ont causé des dégâts durables et de très grande ampleur cet hiver, provoquant une crise énergétique dans le pays avec de longues coupures d'électricité et de chauffage pour des centaines de milliers de foyers ukrainiens.Vendredi, l'agence de presse Bloomberg a affirmé que l'
Ukraine ne disposait de fonds suffisants que pour couvrir ses dépenses militaires jusqu'en juin. Mais
Volodymyr Zelensky a écarté lundi, pour le moment, le risque d'une suspension du paiement des soldes des soldats et des salaires des fonctionnaires. Plus tôt mardi, le président ukrainien s'était cependant voulu confiant dans la capacité de l'UE à "débloquer" des sources de financement pour l'
Ukraine."L'Europe réfléchit à une alternative et ils ont des idées. Je pense qu'ils trouveront une solution. Ce sont des dirigeants intelligents et forts, et ils débloqueront tous ces processus", a affirmé le président ukrainien à des journalistes.Selon lui, Kiev espère aussi tirer des revenus d'accords en matière de coopération sécuritaire, notamment ceux scellés avec des pays du Golfe lors de la récente tournée de
Volodymyr Zelensky dans cette région. "Nous souhaitons une filière de production bilatérale. Cela nous aidera, car des fonds supplémentaires iront à notre budget de défense", a-t-il affirmé.Exportation de drones intercepteursDans le cadre de ces documents signés pour dix ans, l'
Ukraine prévoit notamment l'exportation de ses drones intercepteurs conçus pour détruire en vol les drones de conception iranienne Shahed utilisés par la Russie. Parallèlement, sur le front, les combats se poursuivent, après l'échec ces derniers mois de rencontres trilatérales entre les États-Unis, l'
Ukraine et la Russie pour tenter de trouver une issue diplomatique au conflit.Mardi,
Volodymyr Zelensky a indiqué qu'il s'entretiendrait mercredi par visioconférence avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, le sénateur Lindsey Graham, ainsi que le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte."Nous discuterons de notre situation actuelle et de la distance qui nous sépare d'accords trilatéraux ou au moins de réunions trilatérales", a indiqué
Volodymyr Zelensky.Le dirigeant ukrainien s'exprimait en marge de commémorations à Boutcha, près de Kiev, en présence de représentants des pays membres de l'UE. En mars 2022, au début de l'invasion à grande échelle, des civils avaient été exécutés lors de la brève occupation russe de cette ville.