Le 1 avril 2026 à 22h17 Selon le
New York Times, le Pentagone serait en pourparlers avec le Danemark pour obtenir l’accès à trois sites supplémentaires sur l’île semi-autonome que
Donald Trump menace régulièrement d’annexer. Passer la publicité Passer la publicité Malgré la guerre en
Iran, l’intérêt des États-Unis pour l’Arctique ne faiblit pas. D’après les informations du
New York Times, Washington négocierait avec le Danemark l’accès à trois bases supplémentaires au Groenland — dont deux précédemment abandonnées par les Américains. «Je travaille avec notre ministère et d’autres pour essayer de développer davantage de ports et d’aérodromes, ce qui offrira plus d’options à notre secrétaire et au président, si nous en avons besoin dans l’Arctique», a ainsi annoncé le général
Gregory Guillot, haut gradé du Pentagone, cité par le quotidien américain. Si cet accès se concrétisait, il permettrait la première expansion américaine dans la région depuis des décennies. Passer la publicité Accord de 1951 Selon le général
Gregory Guillot, les échanges entre Américains et Danois seraient «extrêmement précieux», le Danemark ne semblant pas s’opposer aux desiderata des Américains, juge cette même source. Néanmoins, Copenhague n’a pas réagi à ces révélations. Les responsables du Pentagone n’ont pas non plus précisé le nombre de soldats qui seraient déployés sur l’île. Les planificateurs militaires viseraient notamment les villes de
Narsarsuaq, dans le sud du Groenland, qui dispose d’un port en eau profonde, et de
Kangerlussuaq, dans le sud-ouest du Groenland, qui possède déjà une longue piste capable d’accueillir de gros avions, a indiqué le lieutenant-commandant Teresa C. Meadows, porte-parole du commandement nord américain. Les deux villes citées avaient accueilli des bases américaines pendant la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide, avant d’être remises aux autorités danoises et groenlandaises après le départ des Américains de
Narsarsuaq dans les années 1950 et de
Kangerlussuaq dans les années 1990. Une grande partie de leur infrastructure militaire a été démantelée, même si les deux sites possèdent encore de petits aéroports fonctionnels. Lors de son audition devant le Congrès, le général Guillot a évoqué l’accord de 1951, ce pacte de défense dano-américain signé pendant la Guerre froide permettant à Washington de bénéficier d’un large accès militaire au Groenland. Cet accord permet de « construire, installer, entretenir et exploiter » des bases militaires sur l’ensemble du territoire groenlandais, d’y loger du personnel et de contrôler les atterrissages, les décollages, les mouillages, les amarrages, les mouvements et les opérations des navires, aéronefs et autres embarcations. L’accord de défense a été mis à jour en 2004 afin d’inclure le gouvernement semi-autonome du Groenland, lui donnant ainsi voix au chapitre quant à l’impact des opérations militaires américaines sur la population locale. Annexer le Groenland Ces discrètes discussions entre Danois et Américains concernant la présence de Washington sur l’île arctique interviennent alors que les intérêts étrangers de la Maison-Blanche se concentraient majoritairement sur l’
Iran ces dernières semaines. Elles s’inscrivent dans le cadre de l’ambition américaine d’annexion du Groenland, déjà exprimée par
Donald Trump à plusieurs reprises depuis 2019. Passer la publicité Après l’opération militaire menée au Venezuela le 3 janvier 2026 pour capturer Nicolas Maduro, le dirigeant avait réitéré ses menaces à l’encontre du Danemark, membre de l’Otan, pour récupérer le Groenland, ce territoire de l’Arctique colonisé par les Vikings au Moyen-Âge et officiellement rattaché à la couronne danoise depuis le XIXe siècle. «Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper», avait ainsi déclaré le président américain le 6 janvier 2026. La rédaction vous conseille Révision de l’accord de 1951, bases militaires souveraines, «Dôme d’or»... Que pourrait contenir l’accord sur le Groenland annoncé par
Donald Trump ? Groenland : comment l’accord de 1951 a permis aux États-Unis d’imposer leur présence militaire dès la fin de la Seconde Guerre mondiale Moyen-Orient, Ukraine, Taïwan... Pourquoi les entreprises peinent à se protéger des risques géopolitiques DÉCRYPTAGE - Avec la multiplication des conflits, les demandes d’assurance contre les risques de guerre et politiques augmentent. Mais tous les pays ne sont plus assurables. «Des griefs de longue date» : pourquoi trois généraux américains ont-ils été écartés en pleine guerre au Moyen-Orient ? DÉCRYPTAGE - Le chef du Pentagone s’est notamment séparé du général Randy George, chef d’état-major des Armées nommé en 2023 par Joe Biden, alors que les États-Unis sont toujours engagés au Moyen-Orient. Michel De Jaeghere : « L’Athénien Cléon, un
Donald Trump de l’Antiquité ? » L’ÉDITORIAL DU FIGARO HISTOIRE - Démagogue, grossier et vénal, Cléon a dominé l’Assemblée d’Athènes pendant cinq ans. Une période qui présente de troublantes analogies avec la manière dont s’exerce aujourd’hui la puissance américaine. Carlo Masala : « La Russie a une fenêtre d’opportunité parfaite pour attaquer l’Europe et regarder l’Otan s’effondrer » GRAND ENTRETIEN - Le professeur à l’université de la Bundeswehr, dans son ouvrage La Guerre d’après. L’Occident face à Poutine, imagine un scénario dans lequel l’Europe finit par céder sa sécurité à une Russie impériale résurgente. À Séoul, Emmanuel Macron réplique vertement à
Donald Trump REPORTAGE - Le président français a entamé jeudi sa visite en Corée du Sud, en quête de nouveaux points d’appui en Asie du Nord-Est Nucléaire, balistique, proxys, Ormuz... Contrairement à ce qu’il affirme,
Donald Trump est loin d’avoir atteint ses objectifs de guerre en
Iran DÉCRYPTAGE - Les objectifs fixés par le président américain, souvent flous, n’ont cessé de fluctuer au gré des événements. «Nous y sommes presque», a pourtant assuré
Donald Trump ce mercredi. La réalité apparaît moins reluisante pour Washington. Un an après les droits de douane, pourquoi le protectionnisme de
Donald Trump laissera des traces DÉCRYPTAGE - Réduction du déficit, relance de l’industrie, recettes miraculeuses, les objectifs du président américain n’ont globalement pas été atteints. «Âge d’or» industriel, réduction du déficit, pouvoir d’achat : un an après le «Jour de la Libération», quel bilan économique pour
Donald Trump? ENTRETIEN - La salve douanière lancée par le président américain était censée apporter la prospérité aux États-Unis. Les résultats sont pourtant loin des ambitions affichées, constate Antoine Bouët, économiste et directeur du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII). Trump promet de renvoyer l’
Iran à «l’âge de pierre» si aucun accord n’est trouvé Dans sa première adresse à la nation en direct, le président américain a vanté les succès « sans précédent » remportés par un mois de campagne aérienne américaine et israélienne, et minimisé les conséquences économiques de la guerre. Au Japon, Emmanuel Macron plaide pour une « coalition des indépendants » face à l’Amérique et la Chine DÉCRYPTAGE - Le président français cherche des points d’appui stratégiques à Tokyo et à Séoul, deux alliés des États-Unis également bousculés par Washington sous le regard de Pékin.