Le 2 avril 2026 à 11h44 Le premier vol habité autour de la
Lune en plus de 50 ans a décollé dans la nuit de
Floride, avec quatre astronautes à bord de la mission
Artemis 2.
Tristan Vey, grand reporter au service Sciences du Figaro, répondait aux questions des internautes. Passer la publicité Passer la publicité Ils sont partis. Dans la nuit de mercredi à jeudi, les Américains
Reid Wiseman,
Victor Glover et
Christina Koch, ainsi que le Canadien
Jeremy Hansen, se sont élancés vers la
Lune dans le cadre de la mission
Artemis 2, premier vol habité au-delà de l’orbite basse depuis la fin du programme
Apollo. À l’occasion de ce décollage historique,
Tristan Vey, notre spécialiste de l’exploration spatiale, a répondu en direct aux questions des lecteurs lors d’un live vidéo diffusé sur lefigaro.fr. Pourquoi est-ce si compliqué de renvoyer des hommes sur la
Lune puisque la
Nasa l’a déjà fait ? «C’est assez simple, en fait : pour aller sur la
Lune, il faut emporter une capsule vers la
Lune, donc une charge assez importante», explique
Tristan Vey. Il y a le poids des astronautes, celui de la capsule avec son bouclier thermique, «qui est aussi important», et celui du module de service. «Il faut les consommables, l’eau, l’air, les panneaux solaires, etc. Donc c’est un vaisseau assez lourd, qui demande une grosse fusée.» Or, poursuit le grand reporter, «il n’y avait pas vraiment de fusée, depuis Saturn V, qui était capable d’envoyer des hommes sur la
Lune». Il a donc fallu reconstruire ce type de lanceur. Passer la publicité «Et là, il y a peut‑être un problème d’envie du côté de la direction de la
Nasa», poursuit-il. Au moment où l’agence lance le programme SLS, dans les années 2010, «il y a cet horizon de retourner sur la
Lune, mais on n’est pas pressés : on l’a déjà fait et on ne sait pas exactement ce qu’on va y faire». L’idée est aussi de «faire un lanceur lourd pour occuper l’industrie», une partie de celle qui fabriquait les navettes, abandonnées en 2011. «Depuis, ça a changé», ajoute
Tristan Vey, avec la progression rapide du programme lunaire chinois, ses alunissages réussis, ses retours d’échantillons, y compris de la face cachée. La
Chine avance en parallèle sur le vol habité, avec l’objectif de retourner sur la
Lune avant 2030. «Du coup, en 2017, Trump se dit : il faut y aller, il faut accélérer, il faut qu’avant 2024 on y soit.» On fixe enfin un cap. Le programme, qui avançait à son rythme, doit soudain s’accélérer. «Et là, on découvre que ce n’est pas si facile de faire une énorme fusée. On a perdu du savoir‑faire, les fusées actuelles ne sont plus les mêmes, il y a beaucoup plus d’électronique.» Comme les Russes avant eux, «quand vous perdez les êtres humains qui ont fabriqué les choses, vous perdez aussi une partie du savoir, et il faut le reconstruire», conclut-il. La
Chine va-t-elle retourner sur la
Lune en premier ? «Pour l’instant, les Chinois ont l’air plutôt dans leur planning», estime
Tristan Vey. Ils ont testé leur alunisseur sur Terre, «ils devraient le tester en orbite terrestre cette année, l’année prochaine au plus tard». Ils ont déjà réalisé plusieurs essais de leur système d’éjection de capsule de sauvetage, qui devrait aussi être testé d’ici la fin de l’année. «Tout ça semble en bonne voie», résume-t-il. Leur lanceur, lui, «n’est pas complètement fini». La
Chine a testé le premier étage, qui sera partiellement réutilisable, «le premier étage sera récupéré, et ça s’est bien passé, il y a eu un test concluant en février». Tout semble donc conforme à leur rétroplanning pour un alunissage «prévu, espéré avant octobre 2029». L’objectif officiel reste «avant 2030». «Pour l’instant, ils ont l’air de tenir leur calendrier, mais il ne faut pas insulter l’avenir, on ne sait pas si ça pourra nécessairement se maintenir», tempère-t-il. «Parallèlement, les Américains sont très en retard», souligne
Tristan Vey. Leur objectif officiel est 2028, «mais personne ne voit, à ce jour, sérieusement, comment ils y arriveraient». Et ce n’est pas la faute d’Orion en tant que telle, insiste-t-il, «mais vraiment un problème d’aval politique et de calendrier, pour l’instant». Qu’est-ce qui attend les astronautes après ce décollage ? Passer la publicité «D’ici là, on va voir un peu ce qu’on peut sortir comme images, comme éléments», explique
Tristan Vey. Il y aura «un peu de communication» avec l’intérieur de la capsule, les images prises par les hublots, etc. «On va essayer de vous faire un peu vivre leur vie à l’intérieur.» Mais cette vie sera «un peu monotone» : quatre jours de transit vers la
Lune. Les astronautes vont tester leurs scaphandres, réaliser quelques expériences. «C’est très long en avion, et là, psychologiquement, c’est un peu pareil», compare-t-il. La différence, c’est qu’en avion, «les gens ont leurs tablettes, des films, des livres». Les astronautes, eux, «ont pas mal de choses techniques à surveiller», des check-up réguliers de la capsule. «Ils dorment huit heures par jour, avec deux heures de préparation au coucher et deux heures au réveil», détaille le journaliste. Cela fait déjà douze à treize heures de la journée. «Ensuite, ils s’occupent comme ils peuvent», avec un emploi du temps très détaillé rempli de tâches parfois peu spectaculaires. «Si vous regardez le programme des astronautes, il est très détaillé, mais si vous le résumez un peu, il ne se passe pas grand-chose pendant ces quatre jours de transit», conclut
Tristan Vey.
Artemis 2 : rivalité avec la
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