Le navire
Kribi, sous pavillon maltais, et appartenant à CMA-CGM (propriétaire de
BFMTV et
BFM Business) a traversé le détroit d'Ormuz d'ouest en est jeudi dans l'après-midi. Le fait d'appartenir à un armateur français ne semble pas avoir posé problème.Un porte-conteneurs appartenant au groupe français de transport maritime
CMA CGM (propriétaire de
BFMTV et
BFM Business) a passé jeudi 2 avril le détroit d'Ormuz pour sortir du Golfe en affichant via son signal de navigation avoir un "propriétaire français", selon les données de suivi maritime du site MarineTraffic consultées vendredi.Le
Kribi, sous pavillon maltais, a traversé le détroit d'ouest en est jeudi dans l'après-midi et se trouvait vendredi matin au large de Mascate, diffusant toujours le message "owner
France" au lieu d'une destination. Il semble s'agir du premier passage connu d'un navire d'un grand groupe européen de transport maritime par cette voie cruciale, pratiquement paralysée par la guerre au Moyen-Orient.Selon le média
Le Marin, le
Kribi a traversé le nouveau couloir maritime imposé par l’
Iran. Le porte-conteneurs de 5 380 EVP est passé entre les îles de Qeshm et Larak, pour rejoindre la mer d’Arabie, vers 20 heures. Alors que le trafic dans le détroit d'Ormuz a chuté de 90% depuis le début de la guerre le 28 février, Téhéran semble filtrer les passages via ce corridor."Les Gardiens de la révolution iraniens ont imposé un régime de 'péage' de facto dans le détroit d’Ormuz", explique la société d’études maritimes Lloyd’s List Intelligence.Les bateaux empruntant cet itinéraire doivent verser un gros montant.Pas de changement de pavillonLe fait d'afficher un propriétaire français ne semble pas avoir poser problème, et, fait notable, le navire n'a pas eu à changer de pavillon. Pourtant, jusqu'à présent, parmi les navires ayant signalé des attaques ou des activités suspectes dans la zone, environ la moitié sont liés à l'Europe ou aux États-Unis, selon l'organisme britannique UK Maritime Trade Operations et des données publiques sur la propriété des navires.Jusqu'à présent, les navires battant pavillon indien, pakistanais ou chinois semblaient être plus avantagés, ainsi certains bateaux changeaient même de pavillon. Comme le montre l'exemple d'un navire relayé par Bloomberg, qui s’est vu offrir la possibilité de traverser en sécurité, escorté par la marine iranienne. Mais en échange, il devait modifier son enregistrement et hisser le pavillon pakistanais, selon le dirigeant d’entreprise ayant requis l’anonymat.Toujours selon
Le Marin, quatre navires de la compagnie maritime française
CMA CGM étaient coincés dans le golfe Persique, dont le
Kribi, et s’étaient regroupés lundi 1er avril au nord de Dubaï. Deux d'entre eux (le Diamond et le Manaus) battent pavillon indien, ce qui semble indiquer qu'ils envisagent une traversée.Un système de péage structuréComme nous vous le racontons dans cet article, l'
Iran semble avoir mis en place un système déjà bien structuré pour organiser les passages de bateaux, sous certaines conditions: les armateurs doivent transmettre des informations détaillées via une société intermédiaire, incluant propriété, pavillon, cargaison, équipage et données AIS (elles regroupent l’identité du navire, sa position, sa route et sa vitesse, son statut ou encore sa destination). Le CGRI (Corps des Gardiens de la révolution islamique) examine ensuite ces éléments et, en cas de validation, attribue un code secret d’autorisation accompagné d’instructions de navigation.Selon plusieurs acteurs du secteur maritime et sources gouvernementales, le CGRI impose donc des formes de péages informels et accorde des facilités aux navires issus de pays jugés "amicaux", tout en menaçant ceux associés à des États considérés hostiles. Le détroit d’Ormuz constitue un point de passage clé par lequel transite environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial.DIRECT. Guerre au Moyen-Orient: l'armée israélienne annonce qu'elle va frapper deux ponts dans l'est du LibanLe secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth évince le chef d'état-major de l'armée de terre"C'est vite non rentable de travailler à ce prix-là": avec la flambée du gasoil, les professionnels de l'habitat et du bâtiment craignent pour la reprise