Le 4 avril 2026 à 07h58 À bord de la capsule
Orion, les astronautes de la mission
Artemis 2 vivent une aventure historique ponctuée de tracas étonnamment ordinaires. Entre panne de toilettes et bugs informatiques, leur quotidien dans l’espace rappelle, à bien des égards, celui resté sur Terre. Passer la publicité Passer la publicité Ils mangent de la quiche, du chou-fleur ou du couscous, prennent des photos avec leur téléphone, gèrent des galères de courriel et réparent des toilettes en panne. Les astronautes en route pour la Lune ne sont finalement pas si éloignés de nous. Les quatre membres d'équipage de la mission
Artemis 2 de la
NASA ont embarqué pour environ dix jours de voyage spatial dans la capsule
Orion, un habitacle de la taille d'une fourgonnette. Se préparer pour ce séjour, c'était comme prévoir un voyage en camping, a raconté
Christina Koch, première femme à voyager vers la Lune. Dans le coffre, l'équipage dispose d'une petite épicerie : 58 tortillas, 43 tasses de cafés, des brocolis, de la poitrine de bœuf grillée au barbecue et cinq types de sauce piquante. Il y a même du sirop d'érable. N’oublions pas que l'un des astronautes est canadien. Passer la publicité Le W.C., le seul, a eu lui un problème. À l’inverse des astronautes d'
Apollo qui n'avaient pour se soulager que des sacs, dont certains ont été laissés sur la surface lunaire, les équipages d'Artemis disposent des vraies toilettes. C'est
Christina Koch qui a réparé, dans les premières 24 heures de vol, cet appareil. «Je suis fière de me dire “plombière de l'espace”», a-t-elle déclaré jeudi soir. «J'aime à rappeler que c'est l'équipement le plus important à bord», a-t-elle dit, «donc nous avons tous poussé un soupir de soulagement quand la situation s'est réglée.» À lire aussi Mission
Artemis 2 : qui sont les quatre astronautes qui se sont envolés vers la Lune ? «Christina dort la tête en bas au milieu» Le sanitaire d'
Orion, installé dans un coin de l'habitacle, est tellement bruyant qu'il faut porter des protections aux oreilles lors de son utilisation. C'est «le seul endroit où on peut aller durant la mission où on peut en fait se sentir seul pour un petit moment», avait dit avant le décollage le Canadien,
Jeremy Hansen. Après les toilettes, petit pépin informatique : lors d'un direct de la
NASA, on a pu entendre le commandant de la mission,
Reid Wiseman se plaindre que ses logiciels de boîte mail ne marchaient pas. Le problème a été réglé depuis le centre de contrôle de
Houston, au Texas. En apesanteur se pose aussi la question du sommeil, essentiel sur une mission de dix jours. Pour les quatre à bord, une solution : des sacs de couchage attachés aux murs, afin d'éviter de flotter au milieu de la capsule. «Christina dort la tête en bas au milieu (de l'habitacle), un peu comme une chauve-souris suspendue», s'est amusé
Reid Wiseman. «C'est plus confortable que ce que vous pouvez penser.» Smartphones à bord Du fait d’un manque de gravité qui pèse sur les organismes, les astronautes se doivent aussi de faire une demi-heure d'exercice par jour.
Orion a donc embarqué à bord un appareil dédié, similaire à ce que l'on peut trouver dans une salle de musculation. Passer la publicité Face à ces contraintes, ils peuvent aussi bénéficier d'une petite révolution : la
NASA a récemment autorisé les smartphones à bord. «Nous donnons à nos équipages les moyens de saisir des moments particuliers pour leurs familles et de partager des images et des vidéos inspirantes avec le monde entier», a justifié en février le patron de l'agence spatiale américaine, Jared Isaacman. Au milieu d'une mission qui a coûté des milliards de dollars, menée à l'ombre d'une bataille géopolitique avec la Chine, il reste tout de même un peu de place pour l'émerveillement. En répondant aux questions de certains médias,
Jeremy Hansen a décrit sa joie de planer à l'horizontale : «Je me sens comme un gosse!» C'est au décollage de la fusée que Victor Glover, première personne noire à s'envoler vers la Lune, a ressenti ses émotions les plus fortes. «Vous essayez de rester professionnel», a-t-il dit jeudi, «mais l'enfant en moi veut ressurgir et pousser des cris de joie». Quiche, mails en panne et toilettes bouchées : le quotidien (très humain) des astronautes d'
Artemis 2 S'ABONNER «J’ai cru qu’il y avait un raz de marée sonore» : lancement réussi d’
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Artemis 2 autour de la Lune Le voyage vers la Lune prend plusieurs jours, mais le survol de la face cachée de notre satellite ne durera pas plus de 3h30. Nouvelle course à la Lune : la tortue chinoise bien placée pour devancer le lièvre américain RÉCIT - Alors que les États-Unis rencontrent de nombreuses difficultés dans leur programme Artemis, la Chine avance pas à pas sur son propre calendrier. L’objectif de poser un premier taïkonaute en 2029 semble à ce jour plus réaliste que celui d’un retour américain en 2028. La
NASA annonce vouloir établir une base habitée sur la Lune et non plus en orbite Le nouvel administrateur de la
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NASA avait percuté en 2022 le plus petit membre d’un duo d’astéroïdes, modifiant l’orbite de l’un autour de l’autre, mais aussi celle du couple dans le Système solaire. Une déviation de 15 centièmes de seconde sur une orbite de plus de deux ans ! Artemis : le nouveau plan de la
NASA va-t-il permettre un alunissage avant les Chinois ? DÉCRYPTAGE - Le nouveau patron de l’agence américaine, Jared Isaacman, a annoncé que l’alunissage n’aurait pas lieu lors de la mission Artemis 3, prévue en 2027, mais lors des deux suivantes, au moins un an plus tard. Un changement de calendrier qui paraît plus réaliste. « Ma conviction est que 2026 sera l’année du spatial » : Rolando Grandi, un gérant visionnaire PORTRAIT - Responsable des investissements d’Itavera AM, Rolando Grandi, d’origine bolivienne, s’est spécialisé dans l’intelligence artificielle et les industries spatiales. Des secteurs d’avenir. Le centre spatial de Kourou se prépare à l’arrivée des nouveaux petits lanceurs DÉCRYPTAGE - Plusieurs start-up européennes, PLD Space, MaïaSpace et Latitude, préparent leurs futurs pas de tir en Guyane pour de premiers vols prévus cette année et en 2027. À Cap Canaveral, la magie opère toujours : le récit de notre envoyé spécial après le départ de Sophie Adenot vers l’ISS RÉCIT - Sur la « Space Coast », où l’équipage Crew‑12 a décollé vers la Station spatiale internationale vendredi, les tirs de fusées s’enchaînent à un rythme inédit. Mais l’émotion reste intacte.