Le 3 avril 2026 à 18h08
Laure Mandeville, grand reporter au service International du Figaro, répondait aux questions des internautes sur la stratégie de
Donald Trump face à l’
Iran et les risques d’escalade. Passer la publicité Passer la publicité Dans un discours prononcé dans la nuit de mercredi à jeudi,
Donald Trump a promis de frapper «extrêmement fort» l’
Iran pendant encore deux à trois semaines, tout en exhortant les pays dépendant du détroit d’Ormuz pour leur acheminement de pétrole à «s’en occuper».
Laure Mandeville, grand reporter au service International du Figaro, revenait sur ces déclarations et leurs enjeux lors d’un direct vidéo au cours duquel elle répondait aux questions des internautes.
Donald Trump a-t-il accompli ses objectifs en
Iran ? «Le changement de régime que souhaiterait Trump, simplement avec un engagement aérien, une puissance aérienne, ne peut pas entraîner un changement politique majeur, tous les militaires vous le diront», explique
Laure Mandeville. Aujourd’hui, «il n’a pas accompli ses objectifs» : il y a toujours le spectre de la capacité d’enrichissement de l’
Iran, puisque Trump n’a pas réussi à récupérer l’uranium enrichi, explique-t-elle, bien que des bombardements aient été menés «pendant la guerre des Douze Jours». Les proxys de
Téhéran, «comme le
Hezbollah, les
Houthis, sont toujours bien vivants». Ils participent à cette guerre et contribuent à multiplier les fronts souligne-t-elle. Passer la publicité «Le régime n’est pas tombé et la capacité de missiles a été en grande partie anéantie, mais il reste encore une capacité de drones qui paraît importante», poursuit le grand reporter. On s’aperçoit surtout que l’
Iran «n’a pas besoin d’une très grande capacité militaire pour rester un acteur politique central» : le pays a «saisi la balle au bond» et se retrouve presque en position de force, ayant pris le contrôle du détroit d’Ormuz, «nœud névralgique du commerce mondial, en particulier des hydrocarbures», aujourd’hui quasiment paralysé. «Cela suscite une onde de choc absolument puissante à travers le monde entier, qui fait que Trump se retrouve sous une immense pression pour faire ce qu’il faut pour débloquer ce détroit», résume-t-elle, une opération «extrêmement périlleuse». Pourquoi les Européens ne veulent-ils pas intervenir ? «Les Européens ne veulent absolument pas entrer dans cette guerre, ils ont déclaré depuis le début que ce n’était pas leur guerre», rappelle
Laure Mandeville. «Il y a aussi un phénomène d’orgueil» : ils n’ont pas été tenus au courant des plans de Trump, qui «ne les a pas mis dans la confidence», et estiment donc qu’ils n’ont pas à s’enliser dans cet engrenage. Mais «c’est une position qui n’est pas du tout satisfaisante», ajoute-t-elle, car cette guerre les concerne de fait : ils n’ont pas participé à son déclenchement, mais «nous sommes aujourd’hui touchés par l’impact économique majeur de ce qui se passe». Pour l’Europe, il existe «un intérêt objectif à ce que ce régime tombe», insiste la journaliste. «Le régime iranien, il faut le rappeler, est un régime terroriste, un État terroriste qui a déstabilisé depuis des années le Moyen-Orient et qui n’est pas l’ami de l’Occident et de l’Europe.» Elle évoque les attentats fomentés par l’
Iran et, côté français, le souvenir encore vif de l’attentat contre le contingent à Beyrouth lors de l’opération Drakkar. «L’
Iran, c’est une puissance révisionniste, terroriste et déstabilisatrice, nous aurions intérêt à ce que ce problème soit réglé, et nous n’avons pas intérêt à ce que cette puissance devienne nucléaire», résume-t-elle. «Mais de là à s’engager la fleur au fusil pour mener une opération que même Trump hésite à lancer, il y a un pas qui, pour l’instant, n’a pas été franchi.» Guerre en
Iran : nos réponses à vos questions sur
Donald Trump, l’
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