Les astronautes de la mission
Artemis II sont devenus, lundi 6 avril 2026, les êtres humains s'étant aventurés le plus loin de la Terre, en allant à plus de 400 171 kilomètres dans l'espace, a annoncé la
NASA. Publié le : 06/04/2026 - 20:07Modifié le : 06/04/2026 - 20:57 4 min Temps de lecture Les quatre astronautes de la mission
Artemis II :
Reid Wiseman,
Jeremy Hansen,
Christina Koch et
Victor Glover (de gauche à droite), le 4 avril 2026. AP Les trois Américains
Christina Koch,
Victor Glover et
Reid Wiseman, et le Canadien
Jeremy Hansen, ont battu le record de la mission
Apollo 13 qui, en 1970, avait atteint ce point après avoir dû changer de trajectoire à la suite d'une explosion de réservoir d'oxygène en vol – le fameux «
Houston nous avons un problème ». L'équipage d'
Artemis II va s'éloigner encore davantage dans la journée et devrait atteindre 406 778 km de distance avec la Terre. « La salle est pleine de joie lunaire aujourd'hui, j'imagine que vous aussi », leur a lancé depuis la salle de contrôle de la
NASA à
Houston Jenni Gibsons, responsable des communications avec l'équipage.
Christina Koch, une exploratrice chevronnée qui entre dans les livres d'histoire comme la première femme à survoler la Lune, a expliqué que les astronautes étaient « collés aux hublots ». Hommage posthume du pionnier
Jim Lovell Ils ne se poseront pas, mais leur vol demeurera une première, car jamais dans toutes les missions lunaires Apollo (1968-1972), des astronautes femmes, noirs ou non-Américains n'avaient été à bord. « C'est un jour historique », leur a lancé au réveil
Jim Lovell, le pionnier des missions
Apollo 8 et 13, dans un message posthume, enregistré quelques mois avant son décès en 2025. « Bienvenue dans mes anciens quartiers », leur a-t-il lancé, confiant sa fierté « de leur passer le flambeau » et leur donnant même un conseil : « Je sais que vous allez être très occupés, mais n'oubliez pas de profiter de la vue. » Le commandant de la mission, l'Américain
Reid Wiseman, a montré lors de la retransmission l'emblème de la mission
Apollo 8, que l'équipage d'
Artemis II a emporté à bord. Dans toute l'histoire de l'exploration spatiale, aucun Russe ni Chinois ne s'est aventuré au-delà de 400 kilomètres de la Terre, la distance des stations en orbite terrestre. Seules des sondes sont revenues observer la Lune. La période d'observation lunaire durera près de sept heures et commencera à 18h45 TU. La Lune sera plein cadre dans le hublot du vaisseau Orion. Elle leur apparaîtra aussi grande qu'« un ballon de basket tenu à bout de bras », décrit à l'AFP Noah Petro, responsable du laboratoire de géologie planétaire de la
NASA. À lire aussiDe Kennedy à Artemis: la coopération spatiale et la question de ses frontières « Chair de poule » Les quatre membres de l'équipage se sont entraînés pendant plus de deux ans à reconnaître des formations géologiques et à les décrire avec précision aux scientifiques ici-bas, en particulier les teintes brunes ou beiges du sol. Leurs descriptions orales ainsi que leurs notes et photographies – trois appareils photo ont été embarqués – devraient permettre d'en apprendre plus sur la géologie et l'histoire de notre satellite naturel. Et nous passionner, espère la
NASA, qui retransmettra l'événement en direct sur plusieurs plateformes comme Netflix et YouTube, à l'exception de 40 minutes au cours desquelles les communications seront coupées, bloquées par la Lune. « Entendre cet équipage décrire la surface lunaire va vous donner la chair de poule », a promis Kelsey Young, responsable scientifique de la mission. Lever et coucher de Terre Ils voleront derrière la Lune et découvriront sa face cachée, jamais visible depuis la Terre. Ils verront probablement « des régions de cette face cachée qu'aucun des astronautes du programme Apollo n'avait pu observer », explique à l'AFP Jacob Bleacher, chef de l'exploration scientifique à la
NASA, extrêmement enthousiaste. L'équipage a déjà entrevu le bassin d'Orientale, un gigantesque cratère surnommé le « Grand Canyon de la Lune » qui n'avait jusqu'ici été vu dans son entièreté que par des sondes. « C'est exactement comme à l'entraînement, mais en trois dimensions et c'est tout simplement incroyable », s'est exclamé
Jeremy Hansen. Leur survol lunaire leur permettra aussi d'assister à une éclipse solaire – le Soleil disparaissant derrière la Lune – et à un lever et un coucher de Terre derrière la Lune. De quoi rappeler la célèbre photographie « lever de Terre » qui avait bouleversé notre vision du monde en 1968 lors de la mission
Apollo 8. « Au milieu de tout ce vide » que représente l'univers, notre planète constitue « une oasis, ce magnifique endroit où nous pouvons vivre ensemble », a rappelé ce week-end le pilote d'
Artemis II,
Victor Glover, dans un message pour Pâques. Si cette mission et la suivante, l'an prochain, se déroulent bien, la
NASA prévoit de faire alunir des astronautes en 2028. À lire aussiQui possède la Lune? Ce que changent les accords Artemis pour le droit de l’espace Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail