Un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’
Iran pourrait permettre de débloquer progressivement le détroit d’Ormuz et libérer environ 800 navires parmi les milliers affectés, mais malgré un soulagement des marchés et une baisse du pétrole, de fortes incertitudes demeurent sur les conditions de passage et la reprise du trafic, tandis que la majorité des navires transportant de l’énergie restent bloqués et que des milliers de marins sont toujours en difficulté.Les armateurs du monde entier se mobilisent pour analyser les contours d’un cessez-le-feu conclu entre les États-Unis et l’
Iran, qui pourrait permettre de débloquer temporairement le stratégique détroit d’Ormuz. Cette perspective ouvre une possible issue pour plus de 800 navires actuellement immobilisés dans le golfe Persique depuis le début du conflit au Moyen-Orient.Si 3.000 navires et pétroliers sont immobilisés dans toute la région (le golfe Persique, la mer d’Oman et ceux situés à proximité), ce serait donc quelques centaines selon
Bloomberg qui pourraient franchir le fameux détroit dans les prochains jours.L'essentiel des bateaux bloqués bloqués transportent de l'énergie. Selon les données de Kpler, il y aurait 426 pétroliers, 34 transporteurs de gaz de pétrole liquéfié et 19 navires de gaz naturel liquéfié en attente.Depuis les frappes américaines et israéliennes de fin février, la situation dans cette zone clé du commerce mondial s’est fortement dégradée. L’
Iran, invoquant des raisons de sécurité, a renforcé son contrôle sur le détroit et contraint les navires à rester à distance, provoquant un ralentissement extrême du trafic. Cette paralysie a contribué à une pénurie énergétique majeure à l’échelle mondiale, principalement en Asie. Et fait exploser les prix au niveau mondial.Le tournant intervenu à la dernière minute, juste avant l’expiration de l’ultimatum fixé par le président
Donald Trump, a redonné un élan de confiance au marché. Le pétrole a chuté de 15% dans la foulée de l'annonce de l'accord.Ouverture totale ou partielle?Pour rappel, le président américain avait menacé d’"éliminer l’
Iran en une nuit" si aucun accord n’était trouvé avant mardi soir. Les deux pays ont finalement annoncé un cessez-le-feu, accompagné d’une reprise des relations diplomatiques."Nous allons acheminer des fournitures de toutes sortes et rester présents pour veiller à ce que tout se déroule sans accroc", a assuré
Donald Trump sur Truth Social ce matin.Mais les modalités précises de cet accord restent floues. L’
Iran évoque une autorisation de passage sécurisée limitée à deux semaines et encadrée par certaines contraintes techniques, tandis que
Donald Trump parle d’une ouverture totale, immédiate et sécurisée. Il subsiste aussi des incertitudes sur les conditions concrètes du transit, notamment sur d’éventuels paiements ou restrictions selon les pavillons.Le monde qui bouge - L'Interview :
Iran, un cessez-le-feu de deux semaines - 08/046:40Avant même cet accord global, plusieurs pays avaient déjà entamé des négociations directes avec Téhéran pour garantir le passage de leurs navires. Selon la BBC, des États asiatiques comme le Pakistan, l’Inde ou encore les Philippines ont conclu des arrangements spécifiques, leurs économies dépendant fortement des importations énergétiques du Golfe. La Chine a également confirmé le passage de certains de ses navires.Ces accords illustrent une recomposition diplomatique autour du détroit d’Ormuz. La BBC souligne que les Philippines, qui importent 98% de leur pétrole du Moyen-Orient, ont obtenu des garanties de passage "sûr, sans entrave et rapide". De son côté, l’
Iran semble faire une distinction entre les alliés des États-Unis et les pays directement impliqués dans le conflit, ce qui pourrait expliquer ces ouvertures sélectives.Rétablir la confianceGlobalement, les armateurs poussent un "ouf" de soulagement mais restent très prudents quant au désengorgement du trafic. En temps normal, entre 100 et 140 navires franchissent le détroit chaque jour. Depuis début mars, les passages se font au compte-goutte et selon des modalités complexes."On ne rétablit pas le trafic maritime mondial en 24 heures, déclare à
Bloomberg Jennifer Parker, professeure associée à l'Institut de défense et de sécurité de l'Université d'Australie-Occidentale. Les armateurs, les assureurs et les équipages des pétroliers doivent être convaincus que le risque a réellement diminué, et non pas seulement été suspendu."Il est donc pour le moment difficile de savoir si les garanties de passage s’appliqueront à tous les navires d’un pays ou seulement à certains d’entre eux ni si des contreparties financières sont exigées. Par ailleurs, la reprise du trafic sera progressive: la confiance des armateurs, des assureurs et des équipages doit être rétablie."Il est encourageant de constater la réaction du marché, mais ce n'est que le premier jour d'une trêve fragile, a déclaré cette nuit sur
Bloomberg Michael Pregent, ancien conseiller du renseignement américain. Il est probable que le régime contrôle les allées et venues, les charges retenues contre les personnes et les refus d'entrée."Enfin, la situation humaine à bord des navires reste critique. Près de 20.000 marins civils sont toujours bloqués, confrontés à des conditions difficiles.