Au quarantième jour du conflit au Moyen-Orient, et ce, malgré le cessez-le-feu, les conséquences économiques de cette guerre se font lourdement sentir sur les économies de la planète. Publié le : 08/04/2026 - 10:55 4 min Temps de lecture Une colonne de fumée noire s'élève d'un entrepôt dans la zone industrielle de
Sharjah City après des informations faisant état de frappes iraniennes à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 1er mars 2026. AP - Altaf Qadri -Un ultimatum repoussé de deux semaines: le pétrole et le gaz plongent, entraînant le dollar à la baisse Les prix du pétrole ont plongé après que
Donald Trump a repoussé son ultimatum contre l'
Iran et que
Téhéran s'est dit prêt à négocier, acceptant de rouvrir, si les attaques israélo-américaines cessent, le détroit d'Ormuz, par où environ un cinquième du brut mondial transite habituellement. Le recul a, un temps, dépassé les 15% mais vers 5h TU, le prix du West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai 2026, référence américaine du pétrole brut, dévissait de 14,53% à 96,54 dollars. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, référence du marché mondial, s'effondrait lui de 13,13% à 94,92 dollars. Le gaz européen a lui décroché de 20% à l'ouverture du marché. Dans le sillage de ce recul, le dollar s'enfonce face aux principales devises, et perd même plus de 1% face à la livre. -Très forte hausse des Bourses asiatiques, « décollage » attendu en Europe Vers 5h TU, ce 8 avril, à la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei gagnait 5,33% à 55 277 points, tandis qu'à Séoul, l'indice phare Kospi flambait de près de 7% à 5.873 points. La Bourse de Taipei engrangeait, elle, 4,47%, Sydney 2,66% et l'indice hongkongais Hang Seng - reprenant les échanges après un week-end prolongé de deux jours fériés - bondissait de plus de 3%. -Transport aérien : l'approvisionnement en kérosène mettra « des mois » avant de revenir à la normale Le retour à la normale de l'approvisionnement en kérosène du secteur aérien et une décrue des prix des hydrocarbures prendront « plusieurs mois », même en cas de réouverture durable du détroit d'Ormuz, a averti mercredi le directeur général de l'
IATA, la principale association mondiale de compagnies aériennes. -En
France les carburants pourraient baisser de « 5 à 10 centimes très rapidement » Les prix des carburants pourraient baisser de « 5 à 10 centimes » le litre « très rapidement », estime ce mercredi 8 avril auprès de l'AFP le président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip) Olivier Gantois, après que les États-Unis et l'
Iran se sont accordés pour un cessez-le-feu de deux semaines. Les prix à la pompe « doivent baisser, le gouvernement y veillera », affirme Sébastien Lecornu, sur le réseau X. Le Premier ministre indique que les ministres concernés et les services de l'État réuniront à cet effet « toute la filière, des raffineurs aux distributeurs, à Bercy » sans préciser la date, et qu'un « plan de contrôle sera déclenché ». « Personne en
France ne doit profiter de cette crise, ni hier, ni demain », ajoute-t-il. -Trump dit que les États-Unis vont aider à mettre fin à la congestion dans le détroit d'Ormuz Le président américain
Donald Trump a indiqué, mercredi 8 avril, que les États-Unis allaient aider à mettre fin à la congestion du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, quelques heures après avoir annoncé un accord de cessez-le-feu avec l'
Iran. « Les États-Unis d'Amérique vont aider à désengorger le trafic dans le détroit d'Ormuz », voie cruciale par laquelle transite en temps normal environ 20% du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux, a écrit
Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. De son côté, l'agence maritime de l'ONU (OMI) veut un mécanisme pour « assurer la sécurité du transit » dans le détroit. -
France: déjà des impacts sur la construction de logements La Fédération française du bâtiment (FFB) constate jusqu'à 35% de hausse de prix des membranes bitumineuses (utilisées pour étanchéifier), et +20% sur les produits plastiques comme le PVC et certains isolants (polystyrène), selon des chiffres transmis à l'AFP. -La dépendance aux énergies fossiles menace la stabilité des prix, indique la BCE Au vu de ce conflit, dit la BCE, l'Europe doit réduire sa dépendance à l'importation d'énergies fossiles, l'une de « ses principales vulnérabilités », estime un haut responsable de l'institution monétaire qui appelle à investir dans une énergie propre et produite localement. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: Washington et
Téhéran conviennent d'une trêve et vont négocier au Pakistan Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail