Donald Trump a annoncé dans la nuit un cessez-le-feu de deux semaines. De son côté l'
Iran accepte de rouvrir le détroit d'Ormuz, sous réserve d'un arrêt des frappes sur son sol. Malgré tout, "il va falloir réfléchir aux moyens de sortir de notre dépendance au pétrole", analyse
Thierry Bros, spécialiste en énergie, consultant et enseignant à
Sciences Po Paris. Publié le 08/04/2026 11:55 Mis à jour le 08/04/2026 12:24 Des pétroliers au port de Shahid Rajai, en provenance du quai de l'île de Qeshm, golfe Persique,
Iran. (Germán Vogel / Moment RF/ GETTY IMAGES) Quelques heures avant l’expiration du énième ultimatum lancé par
Donald Trump, les États-Unis et l'
Iran se sont mis d'accord pour ouvrir des négociations, dans la nuit de mardi 7 à mercredi 8 avril. Elles devraient débuter dans deux jours au
Pakistan. Les marchés financiers ont immédiatement réagi. Le baril de pétrole est repassé sous la barre des 100 dollars et le prix du gaz européen a reculé d’environ 20%. Mais selon
Thierry Bros, expert en énergie, consultant international et enseignant à
Sciences Po Paris, "une baisse du prix du pétrole ne résoudra rien" et la
France doit "réfléchir à sa pauvreté énergétique".Franceinfo : peut-on dire mercredi que le détroit d’Ormuz est en voie de réouverture ?
Thierry Bros : C'est ce que les Iraniens ont écrit, avec des limitations qu’on ne connaît pas encore. En plus, un péage pourrait être mis en place, ce qui est illégal. Pour ce qui est du prix du pétrole, avant la fermeture du détroit, l’OPEP contrôlait 20 millions de barils par jour. Or le détroit d'Ormuz, c'est aussi 20 millions de barils par jour. Ça veut dire qu’en contrôlant ce détroit, le régime iranien contrôle aujourd’hui le prix du pétrole et par extension l'économie mondiale. Il va falloir faire avec. Est-ce qu’on peut dire que, quoi qu'il arrive, la situation ne reviendra pas à ce qu’elle était avant le début de la guerre ? Oui, malheureusement. Les Iraniens seront aux commandes et pourront réduire le trafic des navires dans le détroit s’ils veulent faire monter le prix du pétrole. Et puis il y a aussi la grande question du gaz naturel liquéfié. Le
Qatar partage un gisement avec l’
Iran [le gisement de Pars]. Est-ce que l’
Iran laissera passer ce gaz ? On n’en sait rien, et ce sera très compliqué de trouver d’autres voies pour l’acheminer vers l’
Europe. Pour le pétrole, il y a d’autres solutions que le passage par le détroit d’Ormuz, comme le pipeline saoudien. Mais au-delà de ça, comme nous sommes accros au pétrole, il va falloir réfléchir aux moyens de sortir de cette dépendance et essayer de trouver des politiques énergétiques qui sont cohérentes avec le climat mais aussi avec notre porte-monnaie. "Nous sommes accros au pétrole."
Thierry Bros, expert en énergie, consultant international et enseignant à Sciences Po Parisfranceinfo Le patron d’EDF dit qu’il faut accélérer l’électrification. Est-ce une des leçons que la
France doit retenir de ces 40 jours de guerre ? Absolument. Une baisse du prix du pétrole ne résoudra rien. Il faut aller plus vite dans l’électrification, comme on l’a fait après le choc pétrolier de 1973. Il faut trouver des solutions de long terme et pragmatiques, réfléchir à notre pauvreté énergétique. Il y a deux façons de solutionner ce problème. La première, qu’on a malheureusement choisie pendant la crise de 2022, c'est de rajouter des milliards, ce qu'on ne peut pas faire aujourd’hui. La deuxième, c'est se donner les moyens de produire de l'énergie bon marché sur notre sol. Donc il va falloir électrifier, comme EDF l'a évoqué. Identifier les usages pour lesquels on ne peut pas se passer de pétrole - essentiellement le kérosène pour les avions - et essayer de limiter notre consommation partout ailleurs. Que contient le plan de paix soumis par l'
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Iran, sont en route vers la
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