Publié le 08/04/2026 20:16 Mis à jour le 08/04/2026 20:16 L'ex-président de la République
Nicolas Sarkozy, le 8 avril 2026, lors de son deuxième jour d'interrogatoire devant la cour d'appel de
Paris. (ELISABETH DE POURQUERY / FRANCEINFO) Lors de cette deuxième journée d'interrogatoire, l'ancien président de la République a nié avoir bénéficié d'argent de la part du régime de
Mouammar Kadhafi. Et il a lâché son ancien collaborateur
Claude Guéant, absent pour raisons de santé.
Nicolas Sarkozy reprend du poil de la bête. Après une première journée d'interrogatoire de huit heures sur les circonstances du "pacte de corruption" qu'il est soupçonné d'avoir noué avec la Libye de
Mouammar Kadhafi, l'ancien président de la République a répondu avec davantage de verve, mercredi 8 avril, devant la cour d'appel de
Paris. L'interrogatoire a porté sur les millions d'euros versés par la Libye qui auraient pu servir à financer sa campagne présidentielle de 2007.Aux yeux de
Nicolas Sarkozy, si des protagonistes de cette affaire ont affirmé que de l'argent libyen a transité pour alimenter sa campagne, c'est par désir de vengeance. "C'est la haine qui s'immisce", déclare-t-il, en référence aux déclarations de
Saïf al-Islam Kadhafi, fils du dictateur mort le 3 février en Libye, qui avait révélé en 2011 que
Nicolas Sarkozy avait bénéficié d'un financement libyen."La haine" :
Nicolas Sarkozy répète encore ce mot, avec morgue, au sujet de l'homme d'affaires
Ziad Takieddine. Considéré comme un intermédiaire, le Franco-Libanais, jugé par défaut l'année dernière, est mort à la veille du jugement. A l'instar de son premier procès,
Nicolas Sarkozy l'a chargé à nouveau mercredi. Selon lui,
Ziad Takieddine a livré "16 ou 17 versions" différentes des faits."On est dans un asile d'aliénés, mobilisés par la haine !"
Nicolas Sarkozy, ancien président de la Républiquedevant la cour d'appel de
Paris"Aujourd'hui, je sais que l'argent libyen a servi à financer le train de vie de
Ziad Takieddine", assure l'ex-chef de l'Etat à la barre, vêtu à nouveau d'un costume cravate sombre sur une chemise blanche, un stylo toujours entre les mains.Une partie de ces versements a-t-elle pu circuler pendant sa campagne présidentielle ? En première instance, le tribunal n'a pas été en mesure de le démontrer. Il n'a pas non plus été prouvé qu'un volume d'espèce supérieur à 35 000 euros a été versé. Ce qui a conduit à la relaxe de
Nicolas Sarkozy pour financement illégal de campagne électorale. Mais devant la cour d'appel de
Paris, il est à nouveau jugé pour ce délit.
Nicolas Sarkozy commence par expliquer pourquoi Eric Woerth, trésorier de l'UMP à l'époque des faits, "connu pour une certaine rigueur", devient aussi trésorier de sa campagne. Et comment, dès son accession à la présidence de l'UMP, en novembre 2004, les deux hommes mettent en place "un système de cercles de donateurs, avec des dîners de levée de fonds". Résultat : "Les cotisations ont été multipliées par quatre" et les dons "sont montés à 4 millions en 2005".Les dons ont continué d'affluer, de façon anonyme, pendant la campagne de 2007, selon les explications d'Eric Woerth. Interrogé par la cour d'appel de
Paris mi-mars, l'ancien trésorier a parlé d'enveloppes avec des espèces, envoyées ou déposées au siège de l'UMP et au QG de campagne. D'après lui, de mystérieux donateurs ont effectué "une dizaine d'envois" pour un total de "30 000 ou 35 000 euros".
Nicolas Sarkozy reste sur la même ligne : "Il n'y a pas eu de circulation d'espèces dans ma campagne, au-delà de quelques remboursements de frais dont a parlé Eric Woerth. C'est que je sais et c'est ce que je crois.""Il n'y a pas eu de circulation de liquide dans ma campagne en 2007."
Nicolas Sarkozy, ancien président de la Républiquedevant la cour d'appel de ParisLe président de la cour, Olivier Géron, insiste. Le prévenu, lui, trépigne. "Cette campagne a été vérifiée par des juges d'instruction à deux reprises. Il n'y a pas eu une enquête, une instruction, il y en a eu deux ! martèle
Nicolas Sarkozy. Et on n'est pas fichu de trouver un seul fournisseur payé en cash, y compris les plus petits, y compris le resto du Fouquet's, le fameux."Le magistrat s'intéresse aussi au rôle crucial de
Claude Guéant, directeur de la campagne de
Nicolas Sarkozy. Pourquoi choisir un profil qui n'a "pas d'expérience électorale" ? "J'avais besoin d'une équipe de techniciens, une team de grosses têtes avec une expérience technocratique, alors que j'étais plutôt vu comme un produit politique pur", justifie l'intéressé. Savait-il qu'à partir du printemps 2007,
Claude Guéant avait loué un vaste coffre-fort dans une banque au cœur de
Paris, pour y entreposer des espèces ? Non, répète l'ancien chef d'Etat.Alors le président de la cour s'y prend autrement : Olivier Géron revient sur les dépôts et paiements en espèces effectués par
Claude Guéant, en plus des dons à ses enfants, lorsqu'il était secrétaire général à l'Elysée. "Au total, 324 657 euros", expose Olivier Géron. "Qu'est-ce que vous avez à dire par rapport à cela ?", demande le magistrat à
Nicolas Sarkozy, qui fronce les sourcils. "Je ne connais pas la vie personnelle et la façon dont
Claude Guéant règle ses dépenses. Il ne m'en a, pour le coup, jamais parlé. C'est à Monsieur Guéant d'expliquer ce qu'il a fait et pourquoi il l'a fait." Or, l'ancien collaborateur est absent de ce procès en appel pour raisons de santé."Moi, je ne peux pas dire comment
Claude Guéant gère ses courses ou alimente les comptes de ses enfants, franchement !"
Nicolas Sarkozy, ancien président de la Républiquedevant la cour d'appel de ParisLe président de la cour rebondit et sous-entend que
Claude Guéant, accusé d'enrichissement personnel, a pu profiter de la situation : "Est-ce que vous pensez qu'à ce moment-là, vos intérêts, et les intérêts de vos collaborateurs, étaient toujours identiques ?" "J'en avais la certitude. Depuis que je me plonge dans le dossier, je l'ai moins", concède
Nicolas Sarkozy, qui lâche, sans hésitation, son ancien collaborateur. L'ex-chef d'Etat enfonce le clou en fin d'après-midi :"Je n'ai jamais été invité chez Monsieur Guéant. On n'avait pas de vie mondaine ou sociale ensemble."
Nicolas Sarkozy, ancien président de la Républiquedevant la cour d'appel de ParisSûr de lui,
Nicolas Sarkozy "pense avoir été cohérent" en cette deuxième journée d'interrogatoire. "C'est déjà un grand pas vers la crédibilité", s'empresse-t-il d'ajouter. "Au plan judiciaire, c'est plus compliqué que ça, Monsieur Sarkozy", rétorque le président de la cour, avant de suspendre l'audience. Il reste à l'ancien président de la République un jour et demi d'interrogatoire pour convaincre. EDF va donner 240 millions d’euros aux Français, mais lesquels ? Le retour en
France de Cécile Kohler et Jacques
Paris, ex-otages en Iran Fermeture de classes : des parents mobilisés contre la carte scolaire Pourquoi les États-Unis et l'Iran revendiquent tous deux la victoire ? L'impressionnante ascension du running depuis dix ans Que contient le plan de paix soumis par l'Iran aux Etats-Unis ? Prix des carburants : faut-il passer au bioéthanol ? Un voleur de carburant blesse trois gendarmes dans sa fuite en Moselle Des chaînes humaines pour "protéger" les infrastructures civiles en Iran Accident de TGV : collision mortelle à un passage à niveau Libération Kohler-
Paris : "Un de mes amis de détention a été pendu", témoigne Olivier Grondeau, ex-otage en Iran Libres, Cécile Kohler et Jacques
Paris de retour en
France Kish, Ormuz, Qeshm... Ces îles iraniennes où il faisait bon vivre En Italie, Sephora accusé d'utiliser de jeunes influenceurs "Pourquoi Emmanuel Macron n'appelle-t-il pas Bally Bagayoko comme il l'a fait pour Éric Zemmour ?" demande Mathilde Panot Il y aura encore plus de pubs pendant la Coupe du monde Une fusillade éclate devant le consulat d'Israël à Istanbul Cécile Kohler et Jacques
Paris, ex-détenus en Iran, sont en route vers la
France