Durant son discours de politique générale à la Chambre des députés, la cheffe du gouvernement italien,
Giorgia Meloni, a demandé jeudi 9 avril une suspension « généralisée » des règles européennes sur le déficit public si la guerre au Moyen-Orient se prolongeait. Publié le : 09/04/2026 - 16:25 3 min Temps de lecture La présidente du Conseil italien
Giorgia Meloni s'exprime devant la Chambre basse du Parlement, le 9 avril 2026 à
Rome. © Alessandra Tarantino / AP La présidente du Conseil a évoqué les crispations avec les et et fait part de sa préoccupation face aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, rapporte notre correspondante à
Rome, Anne Le Nir. Notamment en ce qui concerne la hausse des prix de l’énergie. « Si la crise au Moyen-Orient devait perdurer, nous devrions sérieusement nous poser la question d’une réponse européenne : réfléchir à une suspension temporaire du Pacte de stabilité et de croissance ne devrait pas être un tabou. Non pas une dérogation pour chaque État membre pris individuellement, mais une mesure généralisée », a déclaré
Giorgia Meloni. Circonstance exceptionnelle L'Union européenne peut suspendre ces règles dans des circonstances exceptionnelles et en période de crise, comme elle l'a fait pendant la pandémie de coronavirus. Cependant, une telle suspension (appelée « clause dérogatoire générale ») n'est possible qu'en cas de « crise économique sévère dans l'ensemble de l'Union européenne ou de la zone euro », a rappelé le commissaire européen à l'Économie
Valdis Dombrovskis, lors d'une audition jeudi au Parlement européen. « Mais nous ne sommes pas dans un tel scénario actuellement », a ajouté ce responsable, qui continue de tabler sur un simple « ralentissement de la croissance » européenne, pour le moment chiffré autour d'un demi-point de PIB en 2026. Par ailleurs, les règles du Pacte de stabilité et de croissance, révisées en 2024, prévoient désormais « des mécanismes intégrés », qui « offrent déjà une certaine marge de manœuvre budgétaire » aux États dans de telles situations, a souligné
Valdis Dombrovskis devant les eurodéputés. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: des conséquences économiques en cascade
Giorgia Meloni prête à aller plus loin Le gouvernement Meloni a déjà temporairement réduit les taxes sur les carburants face à la hausse des prix de l'énergie consécutive à la guerre entre les États-Unis et Israël, et l'
Iran.
Giorgia Meloni s'est dite jeudi prête à aller plus loin. « Face au risque du choc énergétique le plus grave que nous ayons connu dans un passé récent, à la possibilité d'une nouvelle hausse des prix de l'énergie, des carburants et des biens de consommation, et au risque de voir des chaînes d'approvisionnement entières interrompues et notre économie paralysée, c'est le devoir précis du président du Conseil [italien, NDLR] de faire tout ce qui est possible » pour maintenir les prix à un niveau bas, a-t-elle déclaré. À lire aussiFlambée du carburant: cinq pays européens veulent taxer les superprofits des pétroliers L'opposition dénonce l'incohérence de la présidente du Conseil L’opposition a exprimé son désaccord sur pratiquement tous les propos de la présidente du Conseil. « Votre incohérence, présidente, est sous les yeux de tous les Italiens. Des millions d’Italiens qui, en ce moment, doivent choisir entre retarder le paiement de leurs factures ou celui de leur loyer », a déclaré Elly Schlein, leader du Parti démocrate. L'Italie a échoué de peu en 2025 à passer sous la barre européenne des 3 % de déficit public. Près de 15 ans après la crise de la dette italienne, le gouvernement a redressé les comptes, mais le déficit est resté à 3,1 % du produit intérieur brut (PIB). Après sa visite éclair dans des pays du golfe Persique,
Giorgia Meloni se rendra sous peu en Azerbaïdjan, là encore pour tenter de sécuriser les approvisionnements énergétiques. Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail