Le 10 avril 2026 à 19h41 Alors qu’un fragile cessez-le-feu est entré dans son troisième jour, des pourparlers s’ouvrent ce vendredi à Islamabad pour trouver un accord de paix après la guerre entre la coalition israélo-américaine et l’
Iran. Passer la publicité Passer la publicité La paix se joue à Islamabad. Jeudi soir, la délégation iranienne - composée du ministre des Affaires étrangères,
Abbas Araghchi, et du président du Parlement,
Mohammad Bagher Ghalibaf - est arrivée dans la capitale pakistanaise. Les négociations, qui doivent pérenniser la fragile trêve de deux semaines décrétée mercredi, débuteront ce vendredi. «La tenue de pourparlers visant à mettre fin à la guerre dépend du respect par les États-Unis de leurs engagements en matière de cessez-le-feu sur tous les fronts, en particulier au Liban», a indiqué Ismaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne, auprès de l’agence Isna. Peu avant le cessez-le-feu, la presse américaine avait révélé les détails des plans américains et iraniens. Dans ses dix points, Téhéran demande la fin des frappes de la coalition israélo-américaines en
Iran, les bombardements de Tsahal contre son allié libanais du
Hezbollah, et la fin des sanctions - imposées par l’ONU, les États-Unis et l’Union européenne qui interdisent notamment le commerce avec Téhéran -, précise le New York Times . En échange, le blocus de facto du détroit d’Ormuz serait levé. Mais chaque navire y transitant se verrait imposer une taxe. Selon l’agence Bloomberg, les navires se verraient réclamer jusqu’à 2 millions de dollars par passage. Le Financial Times évoque, lui, une somme d’un dollar par baril de pétrole, payé en cryptomonnaies ou en yuan, la devise chinoise. Les Mollahs s’engageant à utiliser ces recettes pour reconstruire les infrastructures détruites par la coalition et ne demanderaient aucune indemnité de guerre. Passer la publicité «Ce n’est pas suffisant. Mais c’est un pas très important» , a commenté
Donald Trump lundi. Le 24 mars, les États-Unis avaient transmis une proposition de quinze points à l’
Iran. Son contenu, lui aussi, demeure largement inconnu mais plusieurs éléments ont filtré. L’
Iran devait s’engager à démanteler ses capacités nucléaires, ainsi qu’à renoncer à obtenir l’arme nucléaire. Son stock d’uranium - estimée à 400kg - devrait être détruit. Téhéran devrait également renoncer à soutenir ses alliés - souvent qualifiés de proxys - le
Hezbollah au Liban et le
Hamas à Gaza. Le détroit d’Ormuz serait déclaré «zone maritime libre» et serait rouvert. En échange, Trump proposerait la levée totale des sanctions et - fait notable - la suppression du mécanisme de rétablissement automatique des sanctions du Conseil de Sécurité de l’ONU. L’
Iran, s’il acceptait ces conditions, pourrait obtenir un soutien à son programme nucléaire civil. Autant de points qui seront négociés par les deux délégations sous la médiation du
Pakistan. La délégation iranienne Selon le Wall Street Journal, l’
Iran sera représenté par
Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères, et
Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement. Le premier est un diplomate de carrière, ancien ambassadeur en Estonie, en Finlande, et au Japon. Il a été nommé ministre fin août 2024. Il avait participé à l’élaboration, puis à la mise en place, de l’accord de Vienne sur le nucléaire signé en 2015 et dénoncé par
Donald Trump.
Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères iranien. Ramil Sitdikov / REUTERS «Cette guerre prendra fin lorsque nous serons certains qu’elle ne se reproduira pas et que des réparations seront également payées. Nous avons connu cela l’année dernière: Israël a attaqué, puis les États-Unis (...) ils sont revenus, se sont réorganisés et nous ont attaqués de nouveau», avait-il déclaré mi-mars, se référant à la Guerre des Douze jours, conduite par Israël en juin 2025. «J’ai passé des heures avec lui, je n’ai jamais eu l’impression d’un fanatique. C’est un nationaliste iranien, mais pas un idéologue. Il n’a jamais infligé le moindre argument idéologique mais plutôt un mantra nationaliste iranien plutôt laïc. Nous n’avons jamais parlé de religion ensemble», confie au Figaro, Gérard Araud, qui a échangé avec lui entre 2006 et 2009. Passer la publicité Il sera accompagné de
Mohammad Bagher Ghalibaf, actuel président du Parlement iranien, et présenté comme le «nouvel homme fort» du régime des Mollahs. La plupart des hauts dirigeants ont été éliminés par des frappes de la coalition israélo-américaine, depuis le début de leurs opérations le 28 février. Ce général des Gardiens de la Révolution a été maire de Téhéran pendant onze ans, et s’était présenté aux élections présidentielles de 2005 et 2024, sans succès. Depuis 2020, il devient président de l’Assemblée consultative islamique.
Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien. - / AFP Auprès de l’agence Reuters, le 26 mars, un responsable pakistanais rapportait qu’Israël souhaitait l’éliminer, tout comme
Abbas Araghchi. «Les Israéliens avaient leurs coordonnées et voulaient les éliminer. Nous avons dit aux États-Unis que s’ils étaient tués eux aussi, il n’y aurait plus personne avec qui négocier». La délégation américaine Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche, a dévoilé une partie de la délégation américaine au cours d’un point presse mercredi soir. Elle sera composée du vice-président, J.D. Vance, du gendre de
Donald Trump, Jared Kushner, et de Steve Witkoff, envoyé spécial pour le Moyen-Orient. Le vice-président américain, J.D. Vance. Jonathan Ernst / REUTERS Le vice-président, comme l’a révélé le New York Times, était fermement opposé aux opérations militaires en
Iran. Dans l’ombre, encore cette semaine au cours d’un voyage en Hongrie, il échangeait avec différents responsables pour trouver une issue au conflit. Une source diplomatique affirmait même au Guardian que les Mollahs, méfiants envers l’administration Trump, privilégiaient Vance pour négocier. Il lui revient de trouver une solution diplomatique à un conflit qu’il n’avait pas choisi. Pour ce faire, il sera assisté de Steve Witkoff, ancien partenaire de golf de
Donald Trump. Celui-ci est devenu le missi dominici du président américain, participant même aux négociations pour libérer les otages israéliens à Gaza. Avant les opérations militaires, il négociait un accord autour du nucléaire avec les Iraniens, sans succès. Ce proche de
Donald Trump épouserait sa ligne dure à l’encontre du régime. L’envoyé spécial américain Steve Witkoff prend la parole lors d’une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 26 mars 2026. Evelyn Hockstein / REUTERS Passer la publicité Enfin, les deux hommes seront accompagnés de Jared Kushner, gendre du président américain. Lui aussi avait participé aux négociations avant la guerre avec l’
Iran. Au cours du premier mandat de
Donald Trump, il avait activé ses réseaux et réussi à faire aboutir les accords d’Abraham, qui ont permis à Israël d’établir des relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis et Bahreïn, rejoints depuis par le Soudan, le Maroc et le Kazakhstan. Jared Kushner. CHIP SOMODEVILLA / Getty Images via AFP «Victoire totale», «négocier une fin durable à la guerre», «encore beaucoup à faire» : les réactions dans le monde au cessez-le-feu en
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Iran souhaite imposer des droits de transit de plusieurs millions de dollars pour le passage du détroit d’Ormuz. Une telle mesure serait contraire au droit international, mais certains analystes y voient néanmoins des avantages.