Dans les
Ardennes, plusieurs communes ont déposé plainte contre X pour mise en danger d'autrui à cause de la contamination aux
PFAS. Le ministre de la Transition écologique,
Mathieu Lefèvre, a annoncé de nouvelles mesures pour réduire cette pollution. Publié le : 10/04/2026 - 18:54 3 min Temps de lecture Le village de
Malandry, dans les
Ardennes, où les sols sont pollués aux
PFAS. © Jean-Christophe Verhaegen / AFP « Nous sommes en colère parce que ce sont les pollués qui sont les payeurs, et c'est vraiment anormal », s’agace
Annick Dufils, maire de
Malandry, dans les
Ardennes. Sa commune est l’une de celles qui ont déposé une plainte contre X le 8 avril 2025, notamment pour exposition massive et prolongée de la population à des substances dangereuses et non-respect des plans d'épandages de boues entre 2000 et 2026. Dans les
Ardennes, près de la frontière du
Luxembourg, les sols sont plus pollués aux
PFAS qu’ailleurs. Ces polluants éternels présents dans de nombreux objets du quotidien sont aussi présents dans l’eau du robinet, à tel point que les 80 habitants de
Malandry ne peuvent plus boire cette eau depuis l’été 2025. À écouter aussiLes
PFAS, ces polluants éternels qui contaminent toute l’humanité « Il y a une recrudescence des maladies dans nos communes » Augmentation du taux de cholestérol, de cancers, problèmes de fertilité… Les
PFAS ont aussi des conséquences nocives sur la santé. « On porte plainte en précisant que ces faits ont été commis avec la circonstance aggravante d'atteinte grave à la santé et à la sécurité des personnes. On s'aperçoit qu'il y a une recrudescence des maladies dans nos communes », précise
Annick Dufils. À
Malandry, une jeune fille a été opérée d’une malformation au rein au mois de décembre. « Dans des communes voisines, on sait qu’il y a des cas de cancers du pancréas », ajoute l’élue. « Quand ils sont dans notre sang, les
PFAS s'accrochent aux organes filtrants comme le foie, le pancréas, les reins, etc. » La maire a d’ailleurs fait tester son sang. Résultat : le taux de
PFAS est six fois plus élevé que la norme américaine et allemande. À lire aussiPolluants éternels: un rapport scientifique appelle à une restriction large au niveau européen Des boues d’épuration néfastes Au cœur de cette plainte, il y a aussi les boues d’épuration. Rejetées par les stations d’épuration et les industries, elles sont chères et difficiles à traiter. Elles présentent l’avantage d’être riches en azote, en potassium et en oligo-éléments, ce qui en fait un fertilisant efficace pour les agriculteurs. Ceux qui les produisent y trouvent donc un débouché auprès des paysans qui les déversent ainsi dans leurs champs. Cette logique gagnant-gagnant est encouragée par le gouvernement depuis la fin des années 1990, mais les médias Disclose et France 3 ont révélé que le taux de
PFAS présents dans ces boues était anormalement élevé, donc qu’elles étaient nocives pour les agriculteurs et pour les consommateurs. Des annonces en demi-teinte Le ministre délégué à la transition écologique
Mathieu Lefèvre a donc choisi les
Ardennes pour annoncer les nouvelles mesures contraignantes sur les boues d’épandage. Ainsi, dans les stations d'épuration les plus importantes, les préfets devront mettre en place des mesures. « On en tirera ensuite toutes les conséquences, puisqu'on va définir un seuil à titre conservatoire », précise
Mathieu Lefèvre. Dans le cas où les mesures ne respectent pas ce seuil, les boues devront être incinérées ou mises en décharge. Le gouvernement prendra un arrêté une fois que le Haut conseil de la santé publique aura fixé un seuil. À lire aussi«Polluants éternels»: l’eau du robinet interdite à la consommation dans 16 communes de l'est de la France Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail