Le 12 avril 2026 à 07h59 Les 7,5 millions d’électeurs dans le pays, ainsi que les plus de 500.000 autres enregistrés à l’étranger, ont le choix entre cinq partis, dans un système électoral majoritaire mixte très favorable au
Fidesz. Passer la publicité Passer la publicité Les Hongrois ont commencé à voter dimanche lors d'élections législatives qui pourraient mettre fin au règne de
Viktor Orban, au pouvoir depuis 16 ans, et dont le résultat est scruté par de nombreuses capitales à travers le monde, en particulier en Europe et aux États-Unis. Les bureaux de vote ont ouvert à 06H00, et ferment à 19H00. Les 7,5 millions d'électeurs dans le pays, et les plus de 500.000 autres enregistrés à l'étranger, ont le choix entre cinq partis, dans un système électoral majoritaire mixte très favorable au
Fidesz. Les sondages des instituts indépendants prédisent une très large victoire du parti
Tisza du conservateur pro-européen
Peter Magyar, qui a réussi en deux ans à construire un mouvement d'opposition capable de faire de l'ombre au Premier ministre nationaliste hongrois, dont la popularité a décliné au même rythme que la croissance du pays. Les institutions proches du pouvoir prévoient eux une victoire de la coalition
Fidesz-KDNP de
Viktor Orban, qui brigue un cinquième mandat consécutif. Passer la publicité Les signes de nervosité sont cependant palpables dans les rangs du
Fidesz, qui a reçu le soutien très appuyé du président américain
Donald Trump. Son vice-président
JD Vance est venu à Budapest cette semaine vanter les mérites de
Viktor Orban et critiquer l'ingérence des «bureaucrates de Bruxelles».
Donald Trump lui-même a multiplié les messages vendredi, promettant de mettre la «puissance économique» des États-Unis au service de
Viktor Orban, qui a le mérite à ses yeux d'incarner la lutte contre l'immigration et la défense de la «civilisation occidentale». «Campagne négative» Le dirigeant hongrois, qui a érigé son pays de 9,5 millions d'habitants en modèle de démocratie illibérale, est considéré comme un exemple par de nombreux mouvements d'extrême droite à travers le monde. Il est aussi proche du président russe Vladimir Poutine, et a régulièrement critiqué les sanctions de l'Union européenne contre la Russie depuis qu'il a envahi l'
Ukraine en 2022. Si Bruxelles a évité de s'exprimer ouvertement sur le scrutin, «la plupart des Etats membres seront plutôt heureux de se débarrasser d'Orban», affirme un diplomate européen, selon qui «la patience a atteint ses limites».
Viktor Orban, 62 ans, s'est très souvent opposé aux 26 autres Etats membres, et Bruxelles, qui l'accuse de saper l'Etat de droit, a gelé des milliards d'euros de financements. Durant sa campagne, il a promis de poursuivre sa répression contre les «fausses organisations de la société civile, les journalistes vendus, les juges (et) les politiciens». S'il l'emporte, «cela signifiera clairement (...) un basculement vers l'autoritarisme», estime Andrea Szabo, du Centre des sciences sociales de l'université ELTE. Orban s'est aussi présenté comme un rempart contre l'
Ukraine, qu'il accuse de vouloir entraîner les Hongrois dans la guerre. Mais face à la stagnation de l'économie et une corruption devenue trop flagrante, l'argument n'a pas pris, constatent les analystes. Passer la publicité «Le
Fidesz a décidé de mener une campagne purement négative», souligne Andrea Szabo. «Il n'y a pas un seul message dont on puisse dire qu'il servirait véritablement à unifier la nation. A l'inverse, ils n'ont parlé que de la guerre, la guerre et encore la guerre (...)».
Peter Magyar, 45 ans, qui parcourt la Hongrie sans relâche depuis mi-février, s'est engagé lui à améliorer les services publics, en particulier dans la santé et l'éducation. «Donnez sa chance au changement!», a appelé cet ancien membre du
Fidesz lors d'un meeting jeudi, promettant en particulier de s'attaquer à la corruption, de remettre sur pied les institutions démocratiques et de faire de la Hongrie un membre loyal de l'UE, dont elle fait partie depuis 2004. Fin de règne ou cinquième mandat pour
Viktor Orban ? Les bureaux de vote ont ouvert en Hongrie S'ABONNER Immigration, natalité : comment la Hongrie de Viktor Orbán a servi de laboratoire aux populistes européens REPORTAGE - La politique conservatrice, profamille et anti-immigration du premier ministre hongrois est devenue une référence pour les partis populistes européens. Mais l’usure du pouvoir et les accusations de corruption le fragilisent dangereusement. Instituts pro-Orban, indépendants ou proches de l’opposition... Avant les législatives en Hongrie, que disent les sondages ? DÉCRYPTAGE - Dans un pays aux sondages souvent politisés, certains instituts donnent
Peter Magyar largement en tête, quand d’autres voient Orban vainqueur. Ces enquêtes d’opinion ne sont pas pour autant dépourvues d’enseignements. En Hongrie,
Viktor Orban tente d’inverser une vague « dégagiste » DÉCRYPTAGE - Son parti national-conservateur, le
Fidesz, mise sur les ressources de l’État ainsi que sur la mobilisation d’électeurs défavorisés pour rattraper son retard face au centriste Péter Magyar. En Hongrie, l’opposant Péter Magyar est l’adversaire que le pouvoir n’avait pas vu venir DÉCRYPTAGE - Le quadragénaire, avocat et haut fonctionnaire, qui fut auparavant au service du
Fidesz, s’est imposé en deux ans comme le grand rival du premier ministre. Élections en Hongrie : le sulfureux destin de Viktor Orbán, de l’«illibéralisme» au «capitalisme des copains» PORTRAIT - Après seize années au pouvoir, le premier ministre hongrois, qui avait promis de défendre l’intérêt national mais se pose en vassal de Moscou et trempe dans de vertigineux scandales financiers, risque d’être évincé lors des législatives ce dimanche. Rod Dreher : «Le principal problème pour Viktor Orbán, c’est que son opposant
Peter Magyar n’est pas de gauche» ENTRETIEN - L’intellectuel conservateur américain livre une analyse clairvoyante des 16 ans de pouvoir de Viktor Orbán. Distancé dans les sondages, le premier ministre hongrois est confronté à l’usure du pouvoir, face à un opposant qui suscite de l’engouement à droite, y compris parmi ses fidèles. À Bruxelles, l’impasse face à la méthode Orban, ou l’art du blocage permanent DÉCRYPTAGE - Au bout de seize ans de veto, chantages et d’alignement sur le Kremlin, l’Union européenne en est réduite à tout miser sur une défaite du premier ministre hongrois lors des élections législatives de ce dimanche. «Nous voulons votre victoire et nous nous battons ici avec vous»:
JD Vance à Budapest pour sauver
Viktor Orban RÉCIT - À la veille des élections, le vice-président américain est venu apporter son soutien au premier ministre hongrois, à la peine dans les sondages. «La Hongrie est devenue le pays le plus pauvre de l’UE» : la hausse du coût de la vie, talon d’Achille de
Viktor Orban Les Hongrois ont profité d’importantes hausses de salaires sur la dernière décennie, mais une part importante a été mangée par l’inflation, point faible de
Viktor Orban, qui aborde les élections législatives dimanche sur la défensive. La Hongrie assume ouvertement d’être les yeux et les oreilles de Moscou à Bruxelles Le ministre des affaires étrangères de Viktor Orbán ne cache pas avoir régulièrement échangé avec son homologue russe sur des affaires sensibles discutées lors de réunions au plus haut niveau entre membres de l’Union européenne.