L'interdiction des importations de pétrole russe dans l'Union européenne, qui devait être présentée par la Commission le 15 avril, ne figure plus à l'agenda législatif. Un responsable du bloc européen a indiqué à Reuters que cette proposition serait bien publiée, mais pas avant la mi-avril, en raison "des développements géopolitiques actuels". La pression de la Hongrie, qui refuse une aide de 90 milliards d'euros à l'
Ukraine tant que le pétrole russe n'est pas rétabli, pourrait peser.La Commission européenne ne prévoit plus de présenter le 15 avril, comme prévu initialement, sa proposition visant à interdire définitivement les importations de pétrole russe en raison de la guerre en
Ukraine, selon un agenda législatif actualisé de l'UE publié mardi.Un responsable du bloc a toutefois déclaré à Reuters que la proposition n'avait pas été annulée et qu'elle serait bien publiée, mais pas avant la mi-avril, en raison des "développements géopolitiques actuels".Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'
Iran entraîne "la plus grave perturbation de l'approvisionnement en pétrole de l'histoire", ce qui fait bondir les cours du brut.La Commission propose d'inscrire dans la loi l'interdiction totale des importations de pétrole russe d'ici fin 2027 au plus tard. L'UE a déjà légiféré sur celle des importations de gaz en provenance de Russie d'ici fin 2027.Une interdiction qui resterait en vigueur, même en cas de levée des sanctions contre la RussieLa nouvelle mesure n'aurait que peu d'impact immédiat au sein de l'UE, puisque celle-ci n'importait plus que 1% de son pétrole de Russie au dernier trimestre 2025, après avoir déjà réduit cette source d'approvisionnement depuis l'invasion à grande échelle de l'
Ukraine déclenchée par Moscou début 2022.Mais Bruxelles souhaite inscrire dans la loi une interdiction totale du pétrole russe qui resterait en vigueur même si un accord de paix dans la guerre en
Ukraine conduisait finalement l'UE à lever ses sanctions. Ces dernières, qui portent sur le pétrole russe acheminé par voie maritime, ont déjà éliminé la plupart de ces importations du bloc depuis Moscou.La Hongrie et la Slovaquie étaient les deux seuls pays de l'UE à encore s'approvisionner en pétrole russe au 27 janvier, date à laquelle
Kyiv a déclaré qu'une frappe de drone russe avait endommagé des installations pétrolières en
Ukraine, perturbant ces livraisons. Budapest et Bratislava ont accusé l'
Ukraine de retarder délibérément la reprise des flux pétroliers, déclenchant un différend politique qui a conduit la Hongrie à bloquer un prêt de 90 milliards d'euros de l'UE à
Kyiv.Pression hongroiseMalgré l'aide concédée par l'Europe la semaine dernière pour rouvrir l'oléoduc de Droujba, qui alimente la Hongrie et la Slovaquie en pétrole russe en passant par l'
Ukraine, Viktor Orban n'a pas relâché la pression. Il a encore indiqué, le 19 mars, que "la Hongrie aidera l'
Ukraine quand nous aurons notre pétrole". En attendant, "pas de pétrole, pas d'argent", a soutenu le responsable en ce moment en campagne.La date initiale du 15 avril aurait vu la proposition de l'UE aboutir trois jours après les élections législatives hongroises. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui a maintenu des relations cordiales avec Moscou malgré la guerre en
Ukraine, s'oppose fermement à toute interdiction.La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré ce mois-ci que recourir à nouveau à de l'énergie fournie par la Russie serait pour l'UE "une erreur stratégique" et rendrait l'Europe plus vulnérable.