Le 26 mars 2026 à 12h31 Le règlement donne notamment la possibilité aux États d’ouvrir des «hubs» à l’étranger pour accueillir les demandeurs d’asile déboutés. Il doit encore être négocié devant le Conseil européen avant adoption définitive. Passer la publicité Passer la publicité Tour de vis dans la politique migratoire de l’Union européenne. Ce jeudi 26 mars, le Parlement européen a validé un règlement visant à faciliter les «retours» (les reconduites aux frontières). Exit la fameuse directive retour de 2008, jugée trop permissive par de plus en plus d’États membres. 20% seulement des décisions d’expulsion de migrants au sein de l’Union européenne (les OQTF en
France) aboutissent réellement aujourd’hui. Un chiffre régulièrement mis en avant par les députés du PPE (droite traditionnelle) et des partis nationalistes qui - chose rare - ont voté ce texte main dans la main avec des députés du centre. Le règlement permet aux États membres d’ouvrir des «hubs», ces fameux centres pour migrants dans des pays en dehors de l’UE. L’objectif, y envoyer des clandestins déboutés du droit d’asile à qui une obligation de quitter le territoire a été signifiée. Le texte prévoit aussi des règles et sanctions plus strictes pour les déboutés refusant de quitter le territoire de l’UE, comme des confiscations de documents d’identité, des détentions et des interdictions d’entrée prolongées sur le territoire. L’objectif annoncé par les parlementaires de droite est de renverser la logique actuelle. Depuis 2008, la directive retour accorde un délai à un clandestin débouté pour partir de son plein gré. On parle de «départ volontaire». Le retour forcé deviendrait non plus l’exception mais la règle. Passer la publicité Un délai de rétention rallongé Par ailleurs, le règlement prévoit de repousser le délai de rétention (aujourd’hui de 90 jours maximum en
France) jusqu’à 24 mois maximum. Un délai qui peut être prolongé à la discrétion des États membres pour les personnes dangereuses. Enfin, il inclut une reconnaissance mutuelle des décisions prises par tel ou tel État membre, l’objectif étant par exemple qu’une décision prise en
France puisse s’appliquer en Espagne et vice-versa. En mars 2025, la Commission européenne avait présenté un premier texte sous l’impulsion de
Giorgia Meloni. Début mars, une version durcie du règlement avait été adoptée en commission par tous les partis de droite du parlement (PPE, ECR, Patriotes pour l’Europe et l’Europe des nations souveraines). Une alliance qui a provoqué des remous en Allemagne et a été vivement critiquée par le chancelier Friedrich Merz. L’idée de créer des hubs pour détenir des migrants n’est pas nouvelle. Elle a notamment été testée par l’Italie en Albanie, mais sous un format différent. En effet, des demandeurs d’asile (90 actuellement selon les autorités italiennes) sont envoyés dans ce centre avant le traitement de leur demande d’asile. Un accord du même genre avait également été scellé entre le Royaume-Uni et le Rwanda, avant d’être retoqué par la justice britannique. Au cours des dernières semaines, un petit groupe d’États membres de l’UE (le Danemark, l’Autriche, la Grèce, l’Allemagne et les Pays-Bas) s’est d’ailleurs formé afin d’étudier ces modèles, apprendre de leurs «erreurs» et explorer le lancement de projets pilotes, possiblement «dès la fin de l’année», selon un diplomate. D’autres pays, dont la
France et l’Espagne, se montrent sceptiques quant à l’efficacité de ces centres et sont jusqu’ici restés en retrait des discussions autour de leur lancement. «Le glas du cordon sanitaire» «Il y a une majorité forte pour porter cette politique» , se réjouit l’eurodéputé PPE François-Xavier Bellamy, très investi sur le dossier. «L’Europe doit lutter contre l’immigration illégale et nos pays retrouver leurs frontières. Bientôt, nous aurons mis fin à la situation d’impuissance qui caractérise aujourd’hui nos institutions.» «L’histoire se souviendra que la droite dite modérée a sonné le glas du peu qui restait du cordon sanitaire, par une collaboration active avec l’extrême droite dans l’écriture de ce texte» , a de son côté réagi l’eurodéputée écologiste Mélissa Camara, farouche opposante du texte. Le règlement doit encore faire l’objet de négociations en trilogue avec le Conseil européen, négociations qui débutent dès aujourd’hui. Pour être adopté définitivement, le règlement devra ensuite faire l’objet d’un dernier vote au Parlement. Le texte pourrait donc entrer en vigueur avant l’été, selon un bon connaisseur du dossier. Si la procédure aboutit, le règlement entrera en vigueur immédiatement dans tous les États membres de l’Union, sans marge de manœuvre possible. La directive retour de 2008, comme toutes les directives, avait été transposée dans le droit commun par chacun des États avec certains accommodements possibles. Moins souple, le règlement présente aussi l’avantage d’unifier le droit des États membres. Porté par une alliance des droites, le Parlement européen acte le durcissement de la politique migratoire S'ABONNER Pour durcir la politique migratoire, François-Xavier Bellamy tente l’union des droites au Parlement européen Ce lundi soir, tous les partis conservateurs, nationalistes et souverainistes se sont alliés pour adopter en commission un règlement majeur visant à faciliter l’expulsion des clandestins. La défense de Marine Le Pen se bat pour arracher une relaxe COMPTE RENDU D’AUDIENCE - Les deux avocats soutiennent que la figure de proue du RN ne peut pas être poursuivie pour détournement de fonds publics et qu’elle est « de totale bonne foi ». L’arrêt sera rendu le 7 juillet. Au procès en appel du FN, l’avocate de Louis Aliot tente de repêcher son client COMPTE RENDU D’AUDIENCE - Me Aurélia Grignon a tenté lundi d’apporter des réponses rationnelles à la cour d’appel, quand son client, le 22 janvier, s’était noyé dans des approximations. Au procès en appel du FN, le marathon des plaidoiries a débuté COMPTE RENDU D’AUDIENCE - Les avocats des douze prévenus vont plaider jusqu’au 11 février pour tenter d’obtenir les peines les moins sévères possibles. Les Républicains préparent leur projet de rupture pour l’agriculture en rencontrant les syndicats Bruno Retailleau doit échanger avec les responsables de la FNSEA mercredi à Paris, avant d’autres discussions prévues avec les organisations agricoles pour nourrir le projet de la droite en partant du «réel», dans la perspective du changement politique qu’ils espèrent pour 2027. Au procès du FN, Wallerand de Saint-Just joue sur tous les tableaux COMPTE RENDU D’AUDIENCE - L’ancien trésorier du parti est mis en difficulté par des documents qui pourraient accréditer la thèse d’un système frauduleux au détriment du Parlement européen. Au procès en appel du FN, les mots savants et les preuves vagues du prévenu Gollnisch COMPTE RENDU D’AUDIENCE - L’ancien proche de Jean-Marie Le Pen, comme ses coprévenus, éprouve de grandes difficultés à démontrer que ses attachés parlementaires travaillaient pour lui et non pour le seul parti. Au procès en appel des assistants du FN, esquive, défausse et pari sur la clémence RÉCIT - Prenant acte de l’échec de leur stratégie en première instance, les prévenus admettent des erreurs mais réfutent toute culpabilité pénale. Au procès du FN, Louis Aliot admet des « dysfonctionnements » Le vice-président du Rassemblement national a cependant tenté de prouver que Laurent Salles avait bien été son assistant parlementaire. Au procès du FN, Marine Le Pen et le concept d’assistant «pluriel» COMPTE RENDU D’AUDIENCE - La figure de proue du parti éprouve de grandes difficultés à clarifier les attributions des collaborateurs des eurodéputés nationalistes.